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110 km/h sur autoroute : réellement pour une question climatique ?

Évoqué ces derniers temps, le débat autour de l’abaissement de la limitation de vitesse à 110 km/h sur autoroute revient sur la table en cette rentrée 2022. Une fois de plus, le gouvernement choisit l’argument du climat pour atténuer les tensions.
110 km/h sur autoroute : réellement pour une question climatique ?
Par le 08/09/2022

Nous vous en parlions en mai dernier, la première ministre du gouvernement d’Emmanuel Macron, Elisabeth Borne, affichait clairement sa volonté de diminuer la vitesse sur autoroute à 110 km/h. En cette rentrée 2022, le sujet est toujours d’actualité et la crise énergétique pourrait bien faire basculer la décision. Si la question climatique implique évidemment tous les citoyens, cet argument ne serait-il pas plutôt une déviation afin de faire passer la pilule auprès des automobilistes plus facilement ?

Restons prudent sur ces propos, quand on sait la tournure que peut prendre une « mauvaise blague », comme cela est arrivé récemment avec l'entraîneur du Paris-Saint-Germain, Christophe Galtier, lors d’une question sur les déplacements de son équipe. 

Citoyens français, réduisez votre vitesse… Mais laissez nos hommes politiques voyager en jet !

Si l’on prend du recul sur le débat, on se rend compte qu’une nouvelle fois, c’est aux citoyens de faire des efforts. Que ce soit avec le Covid, mais aussi sur le pouvoir d’achat, les Français doivent se plier aux règles et se serrer la ceinture, pour « le bien commun » certes, mais qui ne sont même pas respectées par nos hommes politiques… 

Imaginant que des ristournes sur deux mois, presque non visible dans certaines stations en Île-de-France qui plus est, vont apaiser les tensions et redonner le sourire aux Français, le gouvernement s’attaque à nouveau à la limitation de vitesse sur les autoroutes. La proposition est la même, passer de 130 à 110 km/h pour « réduire sa consommation de carburant, faire des économies sur sa facture (le prix des carburants a été revu à la baisse), et contribuer au combat contre le réchauffement climatique ».

Sur le papier, évidemment que ces arguments sont plausibles. Mais comment ne pas se sentir bernés quand on sait que les plus riches profitent des différentes crises pour remplir encore plus leurs poches, et que ces derniers se permettent plusieurs voyages en jet parfois dans la même journée ! 

Rappelons aussi que le président Emmanuel Macron était contre cette mesure, expliquant que les citoyens les plus enclavés avaient besoin de ces réseaux à 130 km/h pour se rendre à leur travail, parfois à plus d’une heure de leur domicile. 

Toujours pas de contrepartie qui pourrait bénéficier aux citoyens ? 

Les tarifs des péages revus à chaque 1er février

Hormis une consommation de carburant réduite et une potentielle réduction de la facture au passage à la pompe (jusqu’au 1er novembre uniquement puisque la remise va bien évidemment diminuer à cette date pour retrouver des prix au litre avoisinant les 2€), que va gagner un automobiliste français à réduire sa vitesse sur autoroute ?

S’il est vrai que rouler à 110 km/h au lieu de 130 km/h ne fait perdre « que » 5 minutes sur un trajet d’une heure, au cumulé cela représente une différence de près d’une demi-heure sur un trajet Paris-Lyon. En thermique ! On vous laisse imaginer avec un véhicule électrique, que nous avons pu tester avec la Nouvelle Renault Mégane E-Tech, en proie à des problèmes de climatisation lors de la recharge. 

Quel est l’atout principal des axes autoroutiers ? Gagner du temps sur son trajet en toute sécurité. Car oui, l’autoroute est l’axe le plus sûr et contribue donc à l’abaissement de la mortalité sur les routes. Que se passera-t-il si la vitesse sur ces axes est réduite à 110 km/h ? On peut imaginer que de nombreux automobilistes vont se tourner vers les axes secondaires gratuits où certaines portions 2x2 voies sont limitées à 110 km/h elles aussi. Cela pourrait surtout amener une forte affluence sur le réseau secondaire, fortement fréquenté par les routiers, et ainsi augmenter le nombre d’accidents graves et in fine la mortalité. 

Enfin, comment accepter l’augmentation des tarifs, chaque 1er février de chaque année, aux péages, alors que ces derniers sont déjà très élevés et que plusieurs centaines de kilomètres sur ces axes sont en travaux. Cela signifierait que les automobilistes devront payer l’autoroute toujours plus chère pour réduire leur vitesse, parfois jusqu’à 70 km/h sur plusieurs kilomètres en raison de travaux interminables…

Illogique non ? Difficile de croire que les Français vont accepter cela sans rechigner. Pour preuve il y a peu, nous sommes allés à la rencontre de riverains dans la capitale nous faisant part de leur ras-le-bol sur les restrictions concernant le stationnement. À ce rythme, c’est un nouveau mouvement gilets jaunes qui pourrait bien renaître de ses cendres.


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