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La R4, une légende des années 70

Commercialisée dans plus de 100 pays entre 1961 et 1992, la R4 est un modèle emblématique de la marque au losange produit à plus de 8 millions d’exemplaires, qui aura marqué 3 générations de français.
La R4, une légende des années 70
Par le 14/09/2021

Les premiers projets commencent à la sortie de la seconde guerre mondiale, dès 1949. Il s'agit alors du projet 109, largement basé sur la 4CV qui vient tout juste de sortir, mais en plus grande, et mieux motorisée. Ce projet restera en l'état, ayant du mal à convaincre en interne mais déjà on imagine autre chose dès 1952: une berline 4 places populaire et semi-utilitaire, qui consomme peu le tout à un prix de 300 000 Francs. Seulement, pour faire cela, la base de la 4CV ne convient pas. Il faut tout repenser.

En 1954, Pierre Lefaucheux, alors PDG de Renault valide le projet de celle qui deviendra la Dauphine en 1956, libérant ainsi l'avant projet de 1952 qui passe alors au stade de l'étude, n° 112 avec comme objectif de remplacer la 4CV.

La 350, celle qui deviendra la Renault 4

Nommé à la tête de la Régie Renault en 1955 suite à la mort accidentelle de Pierre Lefaucheux au volant de sa Frégate, Pierre Dreyfus, veut que Renault propose une voiture mondiale, prévue pour tous, pratique, adaptée pour la campagne mais aussi pour la ville, car l'exode rural bat alors son plein. Et surtout, elle doit être proposée à un prix bas pour en faire un modèle accessible pour tous.

“Faites moi donc un volume” demande-t-il à Yves Georges, Directeur du bureau d’étude. C’est ainsi qu’est repris le projet 112 pour étudier celle qui deviendra la “4L”, aussi surnommée la voiture “Blue-jean” du fait qu’elle s’éloigne des conventions à l’image de ce vêtement peu cher, pratique pour travailler, très solide et qui passera de l'anticonformisme social au vêtement de tous les jours en quelques années.

Pierre Dreyfus fixe son prix: 350 000 Francs. C’est ainsi que le projet devient vite en interne “la 350”. Forcément, en fixant un bas pris, les ingénieurs devront faire des concessions, et chercher de bonnes idées, un peu comme la Logan dans les années 2000.

Ainsi, le design devra accepter de grosses concessions, l’habitacle sera très simple, et pour motoriser le tout, on décide en haut lieu de conserver le bloc d'une cylindrée de 747 cm3 issu de la 4CV qui sera refroidi, et c’est une première, à l’aide d’un circuit d’eau scellé avec vase d’expansion qui ne nécessite pas d’intervention humaine pendant toute sa durée de vie. Quant à la boite de vitesse, celle de la Dauphine fera parfaitement l'affaire. Niveau design, elle doit seulement être moins moche que la concurrence.

Pour autant, la R4 va révolutionner le monde automobile, preuve que bas-coût ne rime pas avec conservatisme. Afin qu’elle soit le plus polyvalente possible, le plancher est voulu totalement plat afin de faciliter le chargement, tandis que le seuil de chargement est réduit au maximum toujours pour atteindre le même objectif grâce à l’adoption de barres de torsions ainsi que d’amortisseurs hydrauliques à grand débattement en position horizontale. En prime, le chargement est facilité par celui qui prendra plus tard l'appellation de hayon.

Alors que jusqu’à présent Renault produit des voitures à propulsion, la R4 sera une vraie traction, une réelle nouveauté chez le constructeur, même si l’utilitaire Estafette l’a déjà inauguré chez la marque au losange. Si l’idée du monospace (monovolume) n’existe pas encore, Renault lance le deux volumes, à savoir un espace moteur à l’avant et un second compartiment pour les passagers et leurs bagages regroupés ensemble. Ceci permet notamment de pouvoir moduler l’espace selon ses besoins en rabattant la banquette arrière et en utilisant le hayon arrière.

R4, deux volumes

Marie-Chantal est bien arrivée à destination

Pour sa mise au point, la 4L est envoyée partout dans le monde pour la mettre à l’épreuve. Afin de conserver le plus grand secret, la 4L est baptisée “Marie-Chantal”. A une époque où le téléphone n’était pas présent partout dans le monde, les équipes échangeaient des télégrammes. “Marie-Chantal et leurs enfants envoient tous leurs meilleurs vœux” pouvait-on alors lire…

Mais les essais ne se passent pas toujours bien. Pour preuve, lors d’essais en Sardaigne, le PDG en personne rencontre le fond d’un ravin. Son passager se retrouve avec quelques blessures légères difficiles à cacher, et devra alors inventer un banal accident de la circulation en Italie. La 4L poursuit cependant sa mise au point un peu partout dans le monde notamment aux États-Unis, en Guinée, ou en Suède.

Les années 60, début d’une très riche carrière pour la R4, la voiture du peuple

Pourquoi la Renault 4 devient 4L ?

En juillet 1961, la dernière 4CV sort des chaînes de montage des usines de Billancourt. Tout est démonté afin de laisser la place aux nouvelles lignes dédiée à la nouvelle R4.

La Renault 4 est présentée à la presse en Camargue dans le sud de la France en août 1961 puis au public lors d’une grande opération ”Prenez le volant” à Paris et enfin lors du Salon 1961, le 4 octobre précisément. En réalité, ce n'est pas un, mais trois modèles avec une carrosserie identique ou presque, qui sont proposés: la R3, la R4 et la R4L.


La version R4 en 1961
La R4 Classique avec ses 4 vitres latérales

La R3 est plus que rudimentaire avec un moteur de seulement 603 cm3, un seul pare-soleil, aucun enjoliveur de roue, et des pare-chocs tubulaires peints. La R4 presque aussi rudimentaire dispose d’un moteur un peu plus puissant de 747 cm3. Quant à la R4L, celle qui restera finalement au catalogue, d’où son nom resté célèbre, elle est la plus “luxueuse” et facilement reconnaissable avec ses 6 glaces latérales (4 vitres au niveau des portes ainsi que 2 vitres de custode), ses enjoliveurs, et ses éléments chromés.


Renault 4 L en 1961
La version R4L

Intérieur R4

En 1962, la R4 Super (ou Super Confort) offre 6 vitres latérales comme la R4L et un moteur de 845 cm3 dès septembre, mais propose en plus un hayon qui s’ouvre vers le bas et qui dispose d’une vitre coulissante, tandis que sa présentation extérieure est plus luxueuse.

Une 4L très parisienne

Dès 1963, la R4 prend la tête des ventes en France avec 25 00 unités dès le mois de juin, dont 14 500 avec le moteur de 747 cm3. Cette même année, la R3 boudée du public est stoppée. Le moteur gagne en puissance (32 ch. contre 27 ch.) et  la boîte de vitesses est désormais totalement synchronisée. 

La fameuse version Parisienne avec sa décoration spécifique arrive en fin d’année, en décembre. Elle restera au catalogue jusqu'en 1968. C'est également en 1963 que la R4 Super disparaît à son tour laissant le champ libre à la R4L Super.

Renault 4 La Parisienne

Dès 1964, ce sont plus de 500 000 exemplaires qui sont déjà sortis des chaînes de l’île Seguin. La R4 adopte pour l'occasion une belle calandre en aluminium en septembre. Le cap du million est atteint le 1er février 1966. Cette même année, la R4 est retouchée à l’intérieur avec une nouvelle planche de bord et un nouveau volant. C’est l’année suivante que Renault retouche l’extérieur avec une calandre plus large qui englobe désormais les projecteurs et sous le capot, la R4 dispose désormais d’une transmission à 4 rapports contre 3 jusqu’à présent.

Petite évolution sur la R4 avec une nouvelle calandre
Une nouvelle planche de bord pour la R

Dès 1970, les ceintures de sécurité arrivent à l’avant grâce à l'adoption de points d'ancrage, tandis que deux ans plus tard, ce sera également le cas à l’arrière.

La 4L des années 70 se modernise à l'ère du plastique

Après 13 ans de carrière, en 1974, la R4 se modernise sur le plan du style. Si la carrosserie n'évolue que légèrement, la calandre et la face avant change avec l’arrivée d’un habillage en plastique noir au centre duquel vient se loger le nouveau logo dessiné par Vasarelly deux ans plus tôt. L’année suivante, la R4 qui est déjà passé d’une alimentation électrique 6V à 12V en 1970 adopte l’alternateur aux dépends de la dynamo. Ce changement technique se remarque au tableau de bord par l’adoption d’un... voltmètre.

Nouvelle calandre sur la R4

En 1977, un nouveau bloc compteur est proposé tandis que l’année suivante, le moteur d'une cylindrée de  1 108 cm3 est emprunté à la R8 pour la version GTL. Ce moteur à 5 paliers (contre 3 jusque là) voit sa durée de vie augmenter, et offre de meilleures performances, tout en réduisant d’un litre sa consommation d’essence. Une bonne chose à l'ère de la crise pétrolière. Le cap des 5 millions d'exemplaires est franchi et Renault devient alors le 1er constructeur européen. Deux ans plus tard, les pneumatiques passent en tubeless (sans chambre à air).

La voiture de tous dans les années 80, mais surtout des jeunes actifs

Celle qui était 20 ans avant la voiture de ceux qui voulaient se démarquer à la manière du jeans, rentre désormais dans le rang et devient la voiture "pour tous", et surtout "partout" puisqu'elle est commercialisée un peu partout dans le monde, dans 100 pays. Si elle devient presque banale dans le paysage automobile, cela n’empêche pas Renault d'en vendre à tour de bras.

En 1982, la R4 hérite du tableau de bord de la R5. Les moteurs de 782 cm3 sont tous remplacés par le 845 cm3 qui offre la même puissance que le 1 102 cm3 de la R8. Les freins à disques arrivent en 1983 (à l’avant) tandis qu’un pare-brise feuilleté remplace l’ancien en verre trempé. En 1985, Renault annonce avoir franchi les 7 millions d'unités produites.

La seconde partie des années 80 représente pour la R4 sa fin de carrière, bien que Renault la propose jusqu’en 1992. Dépassée techniquement, elle permet tout de même de pouvoir acheter une voiture neuve à moindre frais. Renault multiplie les séries comme la R4 Clan et Savane (1986) , la R4 Sixties (dès 1985, avec ses deux toits ouvrants) ou encore la "Carte Jeunes" avec toujours pour cible, les jeunes actifs peu fortunés.

En 1988, la fourgonnette F4 est stoppée laissant ainsi toute la place au Renault Express, une camionnette basée sur la Super 5.

Pour annoncer son départ en retraite bien mérité, une version numérotée “Bye-Bye” limitée à 1 000 exemplaires est commercialisée en 1992. Au total, 8 130 000 unités de R4 auront été produites pendant près de 30 ans.

De nombreuses versions

En plus de 30 ans de carrière, la R4 connaît forcément de nombreuses variantes ou versions plus ou moins officielles.

F4 et F6, une 4L utilitaire largement plébiscitée

Pour les professionnels, une version camionnette, avec deux empattements différents, la F4 pour la classique et la F6 pour la version longue est proposée dès 1961. Cette camionnette offre dès le début de sa carrière, une charge utile de 300 kg (puis 400 kg en 1971 et 440 en 1975) et un volume de 2m3. Cette version sera largement démocratisée par des organismes publics tels que les pompiers, la Poste puis France Telecom, ou encore EDF, chacun ayant sa couleur distinctive.

Renault F4 et F6

Sous le capot, la camionnette hérite du moteur 747 cm3 de la R4 pour une puissance de 27 ch. SAE. Face à sa vieillissante concurrente, la Citroën 2CV AZU, la camionnette de Renault est une révolution. Plus puissante, plus valorisante avec son tableau de bord plus moderne, elle est également fortement appréciée des professionnels grâce à son ouverture située au dessus des portes arrières. Appelé Girafon, cette astucieuse ouverture permet de charger des objets longs.

Dès 1973, le cap des 100 000 unités est passé. Les fourgonnettes F6 et F4 sont respectivement supprimées du catalogue en 1985 et 1988. A noter que cette version fourgonnette donnera également naissance à un petit pick-up.

R4 Pickup

R4 Rodeo

Une version Rodeo produite à partir de la R4 fabriquée par les Ateliers de Construction du Libradois (ACL) est proposée dès 1971. La marque au losange fournit des plates-formes et la mécanique aux ateliers qui élaborent une caisse en plastique inédite. Un modèle spécifique à ne pas confondre avec la version 4x4 équipée par Sinpar dès 1963 jusqu'en 1992.

R4 4x4
La version 4x4 de Sinpar

R4 Safari

Dévoilée en 1975, la version Safari surfe sur les succès en rallye Raid, et notamment au Paris-Radar. Son but, séduire les jeunes générations grâce à sa présentation plus fun. Elle sera disponible jusqu'en 1978.

R4 Savane

Commercialisée en mai 1986, la R4 Savane et R4 Clan sont les deux dernières réelles évolutions sur la 4L. La Renault 4 TL devient la "TL Savane" et la GTL, la "Clan". Le moteur est le 956 cm3 qui développe 34 ch. DIN. En 1989, ces deux versions sont équipées d'un rétroviseur droit, et de deux antibrouillards arrière. En 1991, sur la base de la TL Savane, la série limitée "Carte Jeune" est lancée.

R4 Plein Air et JP4

Parmi les versions spéciales de la R4, on peut également citer la R4 Plein Air, une version cabriolet sans portes, un véhicule de loisir prévu pour partir en week-end au soleil, produit par Sinpar de 1968 à 1970, dont Renault a tenu à rendre hommage en 2019 en présentant le show-car R4 e-Plein Air.

R4 Plein Air

Au printemps 1985, Renault Italia commande à Car Système Style 600 « JP4 » − une version de loisir construite sur la plate-forme raccourcie de la Renault 4. La JP4 sera commercialisée sous le nom de Frog.

Une carrière internationale

En Europe

Véritable voiture pilier dans la stratégie de Renault, la R4 sera vendue sur les 5 continents et assemblée dans 27 pays. Malgré le succès en France, le marché local ne représente pour Renault que 40% de sa production.

En Europe, la R4 a notamment été assemblée en France bien sur mais aussi en Belgique jusqu'en 1980 dont la production sera exportée en Allemagne. En Italie, suite à un accord signé en 1958 avec Alfa-Romeo qui est une entreprise nationale, la production commence dès 1962, mais une taxe sur la taille des voitures mettra à mal la 4L, trop grande par rapport aux petites italiennes. La production cesse en 1965. Renault met alors en place son propre réseau, et relance la production. En 1980, ce sont plus de 40 238 exemplaires vendus.

En Espagne, la FASA et Renault Espagne lancent la production de celle qui sera surnommée "Cuatro latas" (quatre boites) dans l'usine de Valladolid en 1963. La R4 espagnole sera exportée au Portugal (qui dispose également d'une usine locale), en Colombie, au Mexique et au Venezuela. Elle sera produite à plus de 400 000 unités entre 1963 et 1989 auxquelles s'ajoutent près de 400 000 F4/F6.

La R4 sera également produite en Yougoslavie et en Irlande. Enfin, en Grèce, la société MAVA importateur Renault montera entre 1980 et 1985 près de 3 500 unités d'une copie de la Rodéo appelée Farma. Agréée par Renault, elle sera entretenu par le réseau officiel de la marque.

Dans le reste du monde

La R4 sera largement représentée et produite en Afrique, et notamment au Maroc (via la SOMACA), en Algérie (CARAL), en Tunisie (STIA), en Côte d'Ivoire, au Ghana, au Zaïre (ex République démocratique du Congo), en Angola, à Madagascar, en Afrique du Sud, au Zimbabwe (alors appelé Rhodésie du Sud), etc.

Sur le continent américain, on peut notamment citer l'Argentine où elle sera appelée "El Correcaminos" (la coureuse de chemins), en Colombie, au Mexique, au Pérou, au Chili, au Venezuela, en Uruguay et au Costa Rica. En revanche, pas de production au Brésil.

En Asie et Océanie, la R4 sera produite au Sri Lanka (Ceylan), aux Philippines, et en Australie.

Une voiture très éloignée du sport automobile, et pourtant...

Née en 1961, cette petite voiture devenue une icône ne présente aucun gêne de sportive. Son aventure en compétition démarre dès ses débuts, lors du East African Safari, avec à la clé, une 5ème place dans sa catégorie grâce à Bernard Consten et Claude Le Guézec.

En 1965, quatre femmes se lancent dans un périple de 40 000 km entre Ushuaïa en Terre de feu et Anchorage en Alaska. En 4 mois, les deux équipes vont traverser avec succès le continent américain en passant par les Andes, la forêt amazonienne, le désert salé de l’Utah ou encore les rocheuses.

Expédition Terre de feu pour la R4

L’invitée inattendue du Paris-Dakar

C’est en 1979 que commence la célèbre course du Paris-Dakar, et avec elle, celle des frères Claude et Bernard Marreau qui participent au premier rallye raid. Surprenant tout le monde, les deux pilotes, pionniers du Paris-Dakar, ont marqué leurs noms dans l’histoire pour avoir amené sur la future plus grande course de rallye au monde… une Renault 4. Premiers inscrits au Paris-Dakar en 1979, année de la première édition, les frères Marreau décident de choisir cette Renault pas du tout conçue pour des pratiques sportives quelconques. Il leur faudra 700 heures pour modifier la 4L qu'ils ont choisie pour cette nouvelle course.

 Cette version améliorée possède un moteur de R5, une transmission Sinpar 4x4 à quatre roues motrices et des triangles inférieurs de R5 Alpine Coupe. L’avant de la voiture comporte un combiné ressorts-amortisseurs et à l'arrière, les deux pilotes rajoutent une paire d’amortisseurs supplémentaires, qui sont verticaux et non horizontaux comme sur la R4 d'origine. Le but de ces modifications est de rigidifier la structure de base de la R4.

Coloriée de jaune et de rouge principalement, la R4 des frères Marreau est bien moins puissante que ses concurrentes de chez Toyota, Range Rover ou bien Volkswagen Iltis. Mais la R4 possède d’autres atouts notamment le fait que la voiture roule bien mieux dans la brousse que sur le sable, ce qui lui donnera le surnom de “Renards du désert”. Le duo Marreau termine la première édition du Paris-Dakar à la cinquième place du scratch auto-moto et deuxième des quatre roues motrices. Cet exploit ne passe pas inaperçu chez Renault, ce qui leur permet ainsi de conclure un partenariat avec la marque. 

Un an plus tard, les frères Marreau remettent ça avec une R4 retravaillée possédant un moteur de R5 Alpine, toujours avec les quatre roues motrices. La course est plus compliquée mais le résultat est plein d’espoir. En effet, Claude et Bernard terminent à la troisième place du classement général. La R4 refait surface sur les deux éditions suivantes sans grand résultat cependant.

La coupe de France Renault Cross Elf

En 1974, Renault décide de muscler ses formules de promotion en proposant une nouvelle compétition, la coupe de France Renault Cross Elf en s’associant avec le magazine spécialisé Champion. Comme son nom l’indique, il s’agit d’un championnat de rallye qui se déroule sur terre.

Renault 4 Cross

Étudiée pour être le plus économique possible, seules des R4 pouvaient courir, le tout avec une préparation limitée au maximum. La carrosserie tout comme le moteur, devaient être identiques à la série. Seul un échappement Devil pouvait être monté et le pare-brise était remplacé par un Triplex, tandis que les vitres latérales, les feux, et les enjoliveurs étaient retirés. Comme souvent, c’est surtout le châssis qui avait droit aux plus grosses modifications.

Pendant près de 10 ans, de nombreux pilotes ont ainsi pu faire leurs armes lors des 12 manches des différentes saisons de coupe de France Renault Cross. Et pour cause, grâce à des frais d’engagement de 200 Francs, mais avec des primes de 10 000 Francs par course et une Renault 5 Coupe promise au vainqueur cette compétition était ouverte à tous.

En fin de vie, et même après, la R4 une sacrée voiture de rallye 

Une 4L Evolution de 200 ch.

Grâce aux succès acquis au Paris-Dakar et en compétition en général, la Renault 4 devient rapidement dans la tête des pilotes une voiture que l’on peut facilement transformer pour courir un rallye. C’est le cas de la 4L Evolution apparue en fin de carrière, en 1990, une voiture agile et performante avec un châssis renforcé. Elle devient rapidement une voiture de course redoutable avec ses... 200 ch. Elle possède également un réservoir de 20 L sans aucune assistance pour les freins et la direction. La 4L Évolution est certainement la 4L la plus puissante ayant évolué en rallye sur route. Elle se fait remarquer au rallye des Hauts Cantons. Pour son 5e rallye, la voiture bleue remporte, ex æquo, à l’issue de la première spéciale, son premier temps scratch. La 4L Évolution termine sa carrière à la fin de la saison 1996 plus de 4 ans après l’arrêt de la production de la R4.

Une 4L SMC

En 1998, une nouvelle version voit le jour : la 4L SMC. La voiture est construite afin de disputer le Trophée Saloon Car 1998 en catégorie rallye par l’écurie marseillaise SMC. Elle roule lors des grandes épreuves du championnat de France des rallyes comme Rouergue, Cévennes et Alsace Vosges entre autres et remporte les championnats 1998, 1999, 2000 et 2001. La voiture, très performante et fiable, verra même à mi-saison son groupe propulseur être remplacé afin d'être aussi homologuée en F2000.

En 2001, la 4L SMC dispute trois épreuves modernes et remporte trois victoires de catégorie en F2000. Rallye après rallye, la 4L SMC ne cesse d’évoluer, notamment dû aux changements de réglementation. Les épures de suspension sont modifiées et associées à de nouveaux amortisseurs. Mais c’est surtout au niveau de la boîte de vitesses et du moteur que les améliorations sont les plus grandes. De 2002 à 2011, elle dispute à 38 rallyes pour 21 victoires. 

Le 4L Trophy : les milles vies de la R4 

Alors que le modèle s'arrête en 1992 en France suite à la fermeture de l’usine emblématique de Boulogne Billancourt et que la production s'arrête quant à elle en 1994 dans le reste du monde, la Renault 4L va connaître une “nouvelle vie” a partir de 1997. Cette année-ci, un nouvel événement va faire renaître cette voiture mythique et permettre de remettre en état certains modèles oubliés au fond d’une grange.

4L Trophy

Créé en 1997, Jean Jacques Rey prend le pari de tester une 4L sur les pistes marocaines,, créant ainsi le 4L Trophy, qui est à la base un raid humanitaire plus qu’un rallye, ouvert aux jeunes de 18 à 28 ans. 

Ce raid est à ce jour, le plus grand d'Europe du point de vue du nombre de participants. Chaque année en février, près de 1 500 équipages pour 3 000 étudiants, prennent le départ de l’épreuve qui traverse la France, l’Espagne et le Maroc avec pour objectif de choisir l’itinéraire le plus court. beaucoup c’est une expérience unique en son genre. Un bon voyage pour se déconnecter du monde mais aussi pour passer un bon moment à bord d’une ancienne R4. 

Equipage 4L Trophy 2009

Une bonne côte en occasion, à quel prix en trouver une ?

Avec l'arrêt de la production en France il y a bientôt 30 ans, et depuis 25 ans dans le reste du monde, la 4L commence à voir sa côte grandement grimper.

Un prix en forte hausse sur le marché des véhicules de collection

Alors qu'il y a encore 5 ans on pouvait facilement trouver des R4 autour de 2 000 € , ce n'est désormais plus le cas. Pour un modèle bien conservé et en bon état, il faudra compter autour de 7/8 000 € pour des modèles des années 80 ou 90. Les modèles plus anciens et plus intéressants des années 70 vont se négocier quant à eux au dessus des 10 000 €.

Les pièces de Renault 4 restent peu chère

La bonne nouvelle pour les collectionneurs, c'est que les pièces pour Renault 4 restent assez peu onéreuses. Des sites sont d'ailleurs spécialisés sur ces pièces, neuves, de R4. Par exemple, comptez 50 € pour une aile avant ou 230 € pour un capot moteur. Des tarifs bien inférieurs à ceux pour une voiture moderne.

Une nouvelle 4L électrique annoncée en 2021

En Janvier dernier, des rumeurs font état de l'arrivée d'une future 4L électrique, chose confirmée début juillet 2021. Ce retour de la 4L s'inscrit dans un plan produit faisant appel aux gloires passées de Renault, dont la R5 qui a déjà été officialisée.

Voiture de plusieurs générations, mythique aux yeux de beaucoup, la Renault 4 est LA voiture légendaire de la marque au losange, mais aussi celle qui a été le plus produite par la marque avant les années 2000. Elle est même la troisième plus grosse production mondiale derrière la Ford T et la VW Coccinelle.

Carte d'identité Renault 4

Lancement du projet: 1956, sous le nom projet 112, nommé en interne 350 (relatif au prix de 350 000 Francs annoncés)
Présentation à la presse en août 1961 dans le sud de la France, en Octobre au grand public au Salon de Paris.
Commercialisée dans plus de 100 pays, produite dans 28 pays
Fin de production en 1992 en France, 1994 au Maroc et Slovénie
Production totale: 8 135 424 exemplaires, 3ème modèle le plus vendu après la VW Coccinelle et la Ford T
Principaux moteurs / cylindrées: 603 cm3 (R3 uniquement), 747 cm3, 782 cm3 (1972), 845 cm3 (1962), 956 cm3, 1 108 cm3 (1978)


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