Mise à jour: Total augmente les prix du diesel mais le plafonne encore
Mise à jour 15h: Total annonce poursuivre son offre, mais augmente le prix du diesel à 2,25 € / litre.
Depuis le début du conflit en Iran, et le blocage du détroit d’Ormuz, Total avait remis en place son opération de prix plafonné à la pompe, en limitant à 1,99 € le prix de l’essence et 2,09 € le prix du Diesel. Un prix très élevé comparé à celui avant le début du conflit, mais très inférieur à ce que l’on pouvait voir dans certaines stations où l’on pouvait voir des prix atteindre des sommets, jusqu’à 2,80 € le litre.
Cette opération a d’ailleurs provoqué des effets importants, avec des files d’attentes interminables dans ces stations, ainsi que des pénuries. Environ 20% des 3 300 stations Total manquaient ainsi de carburant pendant l’offre promotionnelle.
Comme annoncé par Total, cette offre promotionnelle prenait fin ce mardi 7 avril. Les prix revenant à la normale, le gazole aurait dû prendre au minimum 25 centimes de plus, tandis que le SP95 devait se limiter à quelques centimes de plus. Mais Total a annoncé faire encore un geste, en conservant son tarif inférieur à 2 € pour l'essence, et fixe désormais le seuil du diesel à 2,25 € / litre, soit 5 à 6 centimes de moins les stations les moins chères.
Quelles solutions pour réduire les coûts ?
Sommé de réduire les taxes par l’opposition notamment, le gouvernement affirme que, face à un déficit abyssal creusé massivement depuis cinq ans, il ne peut rien faire. Sauf que le gouvernement oublie de préciser que le prix du carburant est composé de nombreuses taxes, dont la fameuse accise, ex TICPE, qui a augmenté en janvier dernier pour financer l’achat de voitures électriques. Au total (sans mauvais jeu de mots), ce sont 5 à 6 centimes de plus, décrétés en octobre 2025 qui viennent financer l’achat de voitures électriques à travers les CEE qui sont reversés aux constructeurs via les primes CEE et “Coup de pouce”.
Dire que l’État ne peut rien faire est donc faux. Il peut très facilement, sans perdre de recettes fiscales, stopper le dispositif pour faire baisser immédiatement de quelques centimes le prix des carburants à la pompe. Cela sera-t-il suffisant ? Probablement pas, mais ce sera au moins un premier geste qui ne coutera rien aux finances publiques.
Autre solution, demander aux raffineurs de baisser leurs marges. Car actuellement, avec un pétrole au plus haut, les principaux raffineurs engrangent des bénéfices record. Bien que leur marge en valeur absolue reste identique puisque basé sur un pourcentage, un coût d’achat du pétrole important, leur permet de dégager des bénéfices bien plus hauts. Le risque malgré tout dans un marché mondialisé, est de voir les raffineurs vendre leur production sur les marchés extérieurs qui deviendraient plus rentables.
Le gouvernement annonce des mesurettes
Du côté de l’État, le gouvernement tablait initialement sur une fin de conflit rapide. Mais plus les jours passent, plus cette stratégie s’avère difficile à tenir. Et ce ne sont pas les déclarations contradictoires de Trump qui sont de nature à rassurer. Le gouvernement veut se montrer inflexible, mais une fronde populaire pourrait bien lui faire changer de cap. Rappelons que le mouvement des gilets jaunes avait eu lieu quand le carburant avait dépassé les… 1,50 €. Et ce n’est pas le prêt “flash carburant” annoncé il y a deux jours qui va calmer la grogne qui commence à monter.