Nissan de retour dans le vert lors du dernier trimestre
C’est une première depuis de nombreux mois, les chiffres de Nissan sont enfin repassés dans le vert. L’équilibre reste malgré tout très fragile avec un bénéfice net de 20,8 millions d’euros seulement (soit 3,76 milliards de yens) pour la période avril-juin 2026 qui correspond à son premier trimestre de l’exercice 2026-2027. Dans le même temps, Renault a annoncé d’excellents résultats financiers et de bons résultats du côté des ventes au premier semestre.
Ce retour aux bénéfices est d’autant plus inattendu qu’il fait suite à une perte colossale de 2,8 milliards d’euros sur le dernier exercice, poussant d’ailleurs les observateurs à tabler sur un nouveau trimestre de pertes.
Un important plan d’austérité pour Nissan
Selon le constructeur, le plan d’austérité “Re Nissan” mis en place par la nouvelle direction, aurait permis de réaliser une économie de 300 millions d’euros en trois mois seulement. Ce dernier consiste notamment à la suppression de 20 000 emplois dans le monde d’ici deux ans, une réduction des coûts de la R&D, une réduction massive de sa gamme qui devrait passer de 56 à 45 modèles, ainsi que la cession de certains actifs.
Nissan a aussi profité de la situation du marché automobile américain puisque les ventes y sont en hausse de 10%. En revanche, sur le marché chinois qui est structurellement en baisse, Nissan accuse une chute de 15%.
Une très bonne nouvelle pour Renault
Le retour aux bénéfices de Nissan est une bonne nouvelle pour Renault. Car bien que les deux constructeurs ne soient plus alliés et qu'ils aient stoppé leur filiale commune RNBV (qui fait par ailleurs l'objet une enquête vis à vis d'une rémunération de Rachida Dati), le constructeur français reste l’actionnaire majoritaire, à hauteur de 35,7%, même si une grosse partie de ces parts est placée dans une fiducie française, limitant très fortement ses droits de vote et son pouvoir de décision.
En revanche, comme tout actionnaire, Renault a tout intérêt à ce que Nissan se relève, d’une part, dans l’objectif de revendre ses parts puisqu’il est prévu qu’il se contente de 10%, mais aussi pour profiter des dividendes potentiels.
Une chose est sûre, ce n’est pas la France qui lui permet de se relever. Ses volumes de ventes y restent très limités, malgré ses deux modèles phares, le Qashqai 3 (8 297 unités) et le Juke 2 (3 758). Ces deux modèles réunis ne représentent que 1,2% du marché.
Quant aux modèles électriques comme la nouvelle Nissan Micra, qui n’est autre qu’une Renault 5 rebadgée, celle-ci brille par son absence dans le top 100. Alors que la citadine de Renault truste les premières places chaque mois, la Micra est donc plus que discrète, et il est probable qu’il en sera de même pour la petite Wave qui sera produite par Renault en Slovénie sur les chaînes de la Twingo.
Il reste à voir si ce début d’embellie est réel ou s’il s’agit plutôt d’un arbre qui cache la forêt. Les deux prochains trimestres seront révélateurs sur la situation réelle du constructeur et sur la réussite, ou non, du plan Re Nissan.