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La Celtaquatre, l'Anti Traction

En Mai 1934 est dévoilé une berline de milieu de gamme, la Celtaquatre, déclinée en plusieurs carrosseries. Classique, pour ne pas dire académique, elle était destiné à concurrencer la révolutionnaire Traction, dont la mise au point sera difficile.
La Celtaquatre, l'Anti Traction
Par le 19/08/2003

L'histoire de l'industrie française à toujours été dominé par une rivalité farouche entre Renault et Citroën. Les deux entreprises étaient l'image de leur patron et de leur forte personnalité.

Au début des années 30, en pleine crise économique, on savait que Citroën préparait une nouveauté révolutionnaire. Pour répondre à cette future " Traction avant ", Renault allait lancer une Celtaquatre beaucoup plus conventionnelle. Deux attitudes, deux stratégies diamétralement opposées. Finalement, l'histoire des chiffres donnera raison à Renault car la mise au point de la Traction Avant, trop complexe, retarda sa commercialisation, et mena Citroën à sa perte. Mais l'histoire avec un grand H donnera la victoire à la Traction.

Celtaquatre Renault

Afin de proposer d'emblée un produit fiable dans ce milieu de gamme déjà capital, Renault avait renoncé à expérimenter des solutions techniques hasardeuses. Point de traction avant, de suspensions par barres de torsion, de roues indépendantes ou de structure monocoque… La Celtaquatre, qui était programmée pour devenir le best-seller de la gamme, se cantonnait dans des schémas techniques sans (mauvaises !) surprises.

La Celtaquatre conservait une architecture classique avec les roues arrières motrices, des ressorts à lames semi elliptiques, un essieu arrière rigide, et un châssis séparé à longerons. Il est toutefois un domaine dans lequel Renault s'était montré assez innovant, comme souvent d'ailleurs (voir Nervastella, Viva GS,…) : le style.

Au Salon de 1934, Renault allait dévoiler la surprenante Viva Grand Sport, bénéficiant des liens entre l'avionneur Caudron et Renault. Certes, la Celtaquatre n'avait pas la modernité de la fulgurante Viva GS, au profil aérodynamique inspiré par les avions, mais elle s'inscrivait tout à fait dans le courant contemporain. Sa silhouette toute en rondeur, avec son gros dos, lui valut d'ailleurs le surnom moqueur et sympathique de " Celtaboule " !

La Celtaquatre est une auto très compacte, de 3.80 mètres de long. Elle repose sur une mécanique confirmée.

Elle est cependant animée par un nouveau moteur 4 cylindres de 1463cm3 (avec un alésage de 70 mm et une course de 95 mm). Ce bloc robuste reprend des solutions éprouvées ; il s'agit d'un propulseur de la famille des moteurs SA (Suspension Rigide).

Elle est vendue au prix de 16 900 Frs (contre 17 700 pour la Traction).

Malgré sa vocation utilitaire et populaire, la Celtaquatre sait parfois se montrer plus avenante.

La Celtaquatre déclinée en différentes carrosseries

A coté des berlines 4 portes Luxe et Grand Luxe, il existe un petit coupé qui ne manque pas de charme. Sous une forme plutôt féminine par sa coquetterie, le coupé Celtaquatre se risque même à des concours d'élégance. où elle côtoie ainsi les Delage, Bugatti et autre Delahaye…

La Celtaquatre sous sa forme originale ne vivra pas longtemps, seulement deux petites années. Dès le millésime 1935, des retouches sont apportées au capot, dont les parties latérales sont désormais décorées de joncs chromés horizontalement. Puis pour le millésime 1936, la Celtaquatre est bien modifiée, une toute nouvelle carrosserie lui étant " offerte ". Les rondeurs disparaissent au profit de formes plus tendues.

En effet, comme la Viva GS ou la Nervastella, ces nouvelles formes aérodynamiques choquent quelque peu le public. La formidable mais radicale Viva GS en fera les frais, et ne sera jamais commercialisée sous sa forme la plus moderne.

L'empattement a été porté à 2.71 m contre 2.45m, faisant passer la longueur hors tout de 3.80m à 4.20m. La gamme 1936 s'enrichit de deux nouveaux types de carrosserie : un cabriolet décapotable et un coach décapotable. En même temps, on voit apparaître une carrosserie plus utilitaire, et d'une berline commerciale qui fait le bonheur des commerçants et des artisans avec le panneau arrière qui s'ouvre en deux parties.

La Celtaquatre devient également très populaire sous la forme de taxis. Plus maniable et plus compacte que les grands taxis (basés sur la Vivaquatre), la Celtaquatre est très appréciée par les chauffeurs et la clientèle. On les voit souvent dans la livrée rouge et crème d'une grande compagnie.

Pour le millésime 1937, des modifications significatives sont encore apportées à la ligne de la Celtaquatre. La petite voiture populaire reçoit une calandre en V d'inspiration tèrs américaine, que l'on retrouvera sur toute la gamme.

Dernière retouche pour la saison 1938 avec l'adoption de pare-chocs à lames droites.

Mais l'heure est à l'austérité. Les carrosseries les plus pimpantes à savoir les cabriolets et les coupés ont déserté le catalogue et la Celtaquatre disparait totalement du calaogue en 1939 du fait de l'arrivée de la nouvelle Juvaquatre, plus petite et plus moderne, et de la nouvelle Novaquatre, très proche de la Primaquatre, lancée un an auparavant.

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