Une A390 plus simple et moins chère en préparation ?
De l’aveu même du directeur général de Renault, l’A390 n’atteint pas les objectifs de la marque. Jugée trop chère par le nouvel homme fort de Renault et n’ayant pas atteint sa cible, Alpine compte bien rectifier le tir dans les mois qui viennent.
L’Alpine A390 a été plébiscitée pour son design moderne et son comportement sportif, mais cela ne suffit visiblement pas pour convaincre les acheteurs d’un SUV à près de 65 000 € dans sa version GT et plus de 78 000 € dans sa version GTS la plus sportive (avant les primes CEE de 400 €). Car outre ses qualités, elle accuse aussi certains défauts, et notamment un habitacle identique au Scénic ou au Rafale, une architecture en 400 V qui impose une recharge plus lente (22 kW en AC et 150 kW DC en pic pour la GT / 190 kW pour la GTS) que certaines de ses concurrentes affichées au même prix, du côté des marques allemandes comme Porsche ou BMW.
Une Alpine A390 trop élitiste
L’A390 est trop chère pour convaincre, ce qui explique que seulement 1 783 unités ont été immatriculées en Europe en neuf mois, dont près de 1 000 en France. Un bilan famélique dans son propre pays qu'est la France, mais aussi en Allemagne qui est un pays friand de modèles sportifs haut de gamme.
D'après les chiffres de ventes d'octobre, elle n'atteint même pas le top 100 en France. C’est clairement peu, trop peu même pour un modèle qui vient tout juste d’être commercialisé.
Alpine a ainsi dû adapter son outil industriel dans l’usine de Dieppe en réduisant les cadences, passant ainsi de 15 par jour à seulement 7, alors que la marque avait anticipé initialement un potentiel passage à 30 unités par jour.
Une future A390 moins puissante et plus simple en préparation
Afin de pouvoir toucher une autre clientèle moins fortunée, Alpine préparerait donc une version plus accessible, moins puissante, et plus simple techniquement. Actuellement proposée uniquement avec une transmission intégrale grâce à trois moteurs (deux sur les roues arrière et un bloc à l’avant) avec une puissance comprise entre 400 (version GT) et 470 ch (version GTS), la nouvelle version se contenterait uniquement des deux moteurs arrière, ce qui transformerait cette A390 en une « simple » propulsion.
Cela pourrait en outre profiter à l’autonomie puisqu’en réduisant le poids de la voiture qui culmine actuellement à plus de 2,1 tonnes, la batterie NMC de 89 kWh pourrait mener le SUV au-delà des 600 km contre 549 pour l’actuelle version GT. Renault pourrait aussi décider de réduire la capacité de la batterie pour poursuivre une baisse du ticket d’entrée.
La marque Alpine n'est pas en danger
Après l'A290, l'A390 devait représenter de gros volumes à l'échelle d'Alpine. Pourtant, force est de constater que l'on en est loin. Cet échec semblait faire peser une épée de Damoclès au dessus de la tête de la marque. Et ce n'est pas la future A110 électrique, très radicale, qui tarde à se montrer qui pourra faire monter les volumes de la marque.
François Provost a rassuré tout le monde en indiquant que la marque Alpine n'était pas en danger et que le succès prendrait le temps qu'il faudrait. Il avait également assuré sur le fait que l'A390 allait évoluer ce qui semble donc être le cas.
Moins chère, moins puissante certes, mais profitant probablement d’une autonomie en hausse grâce à une baisse de son poids et un appétit moindre, cette future Alpine A390 pourrait ainsi toucher un autre public à la recherche d’un SUV électrique haut de gamme, pas forcément très sportif, sans pour autant sacrifier son budget sur quatre générations. Cela sera t-il suffisant pour sauver ce modèle ?