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Parfaite la nouvelle Renault 5 E-TECH Electric ? Presque !

Avec sa nouvelle R5, Renault semble avoir frappé fort et revient dans la course aux citadines électriques. Pour autant, avant même l’essai routier, nous avons relevé quelques manques ou défauts.
Parfaite la nouvelle Renault 5 E-TECH Electric ? Presque !
Par le 29/02/2024

Un premier prix à 25 000 € pas vraiment disponible

Commençons par le tarif. Depuis de nombreux mois, Renault insiste sur un prix, avant application du bonus écologique inférieur à 25 000 € et il semble que cette promesse sera tenue mais… pas tout de suite.

En effet, pour avoir droit à ce tarif de base, il faudra se contenter de la batterie de 40 kWh qui offre une autonomie de près de 300 km et du moteur de 70 kW (près de 95 ch.). Seulement voilà, cette version ne sera pas proposée tout de suite, lors de sa commercialisation mais quelques mois plus tard.

La volonté de Renault est bien sûr de pousser les versions les plus chères et pour cela, il préfère que les clients ayant craqué pour la nouvelle 5 se rabattent sur les versions proposées. 

Nouvelle R5 E-TECH Electric

Pour ceux qui cherchent surtout un prix, il faudra donc se montrer patient, en espérant cependant que le bonus écologique soit maintenu. Si tel est le cas,  cette R5 pourrait alors coûter entre 18 000 € et 21 000 €.

Pas d’amélioration d’autonomie face à  la Zoé

Renault change tout sur cette R5 électrique, et notamment son moteur. Plus petit, et  plus compact, ce nouveau moteur est dérivé de celui de la Mégane et du Scénic récemment élu voiture de l’année.  Avec un tel bloc, on aurait pu espérer que cette R5 dispose, à batterie équivalente, d’une autonomie supérieure, sinon pourquoi changer ?

La R5 est également plus courte que la Zoé qu’elle remplace. Et pas qu’un peu puisque la R5 affiche une taille de 3,92 mètres, alors que la Zoé est 16 cm plus longue.  On aurait donc pu espérer que sa remplaçante soit plus légère afin de réduire sa consommation. Pourtant, en passant sur la balance, les deux voitures affichent un poids assez similaire de 1 500 kg.

De sorte, malgré l’arrivée de cette nouvelle génération d’électrique, la R5 n’apporte pas de gain sur ce plan.

En revanche, le nouveau moteur se montre plus puissant puisqu’il monte jusqu’à 150 ch. contre 135 ch. pour la Zoé. Ses performances sont également en nette hausse avec moins de 8 secondes pour faire le 0 à 100 km contre 9,5 secondes pour la plus performante des Zoé.

Une recharge rapide trop lente ?

La recharge est toujours l’élément clé des voitures électriques. Si la Zoé disposait d’un chargeur de 22 kW AC en série, Renault parle pour sa R5 d’un chargeur de 11 kW seulement. C’est beaucoup moins que sa devancière.

Pour les recharges “rapides”, en DC, la Zoé se contentait de 50 kW. La R5 fait bien mieux avec un chargeur de 80 ou 100 kW et une durée de 30 minutes pour la faire passer de 15 à 80%, ce qui est plutôt pas mal dans les faits.

Les batteries de la future R5
Les batteries de la nouvelle R5

Bien sur, comparé aux grosses berlines ces chiffres peuvent paraître un peu légers. Mais la R5 est une citadine, avec prix tiré au maximum. Il est donc normal qu’elle ne puisse pas proposer une puissance de charge énorme. Pour se faire, Renault aurait dû renforcer la partie électrique et la batterie. Sachant que les charges très rapides se font essentiellement sur autoroute, et étant donné l’utilisation prévue pour cette R5, ces surcoûts auraient été bien inutiles dans 90% des cas.

Rappelons tout de même que la R5 se situe dans la moyenne des autres modèles de sa catégorie. La ëC3 par exemple monte jusqu’à 100 kW en DC, tout comme la Peugeot E-208.

Une recharge bidirectionnelle V2G encore floue

Réelle nouveauté, la recharge bidirectionnelle est une vraie révolution, qui se révèle utile pour les infrastructures électriques. Pour ceux qui ne le savent pas encore, avec une telle technologie, les voitures électriques deviennent des solutions de stockage gratuites ou presque pour le réseau électrique.

Pour les utilisateurs, la promesse est de réduire les factures puisqu'en revendant l'électricité, le fournisseur va venir "payer" l'utilisateur pour l'énergie renvoyée sur le réseau.

Sauf que comme souvent, tout n'est pas si simple. Outre le prix du chargeur, il faut également souscrire un abonnement spécifique. Impossible pour le moment d'en profiter avec un simple abonnement au tarif bleu réglementé d'EDF. Même chose avec l'offre Tempo du fournisseur d'accès historique.

Renault via Mobilize a développé une offre en partenariat avec The Mobility House. Celle-ci est composée d'un tarif d'électricité fixe, sans heures pleines ni heures creuses, tandis que la revente est calculée selon la durée de branchement, et non l'énergie consommée... Pas très transparent.

Encore peu développée, il est cependant probable que nous allons voir de nombreuses offres arriver sur le marché autour du V2G. Chacun sera libre de choisir le contrat de son choix.

Intéressante sur le papier, le V2G doit encore se démocratiser et être compris par les clients. Ceux-ci devront être vigilants. Car si la recharge se fait en journée sur une borne où le prix du kWh est très important, la revente sera à coup sur une bien mauvaise opération financière.

Big Brother is watching you…

Boite noire

Désormais obligatoire sur toutes les nouvelles voitures homologuées depuis juillet 2023, la fameuse boite noire enregistre les dernières données qui seront utilisées lors des accidents pour définir les responsabilités. Sur le principe, cela peut être vu comme un progrès.

Sauf que le diable se cache dans les détails. En ouvrant la boîte de pandore, on lève également tous les freins pour utiliser ces données. Grâce aux voitures connectées,  les radars deviendront assurément à terme de l’histoire ancienne. Même si ce ne sera pas le cas pour le moment, ces données pourront désormais être techniquement transmises aux autorités en temps réel faisant ainsi pleuvoir les contraventions. 

Mais ce n’est pas tout car les assureurs vont pouvoir en profiter à court ou moyen terme pour se dédouaner de leur responsabilité. Vitesse légèrement au-dessus de la réglementation, comportement jugé inadéquat et tout autre motif basé sur l’exploitation de ces données pourront justifier un refus de prise en charge. Pour le moment, on parle seulement d'analyser les causes des accidents et les responsabilités histoire de faire passer la pilule.

Une assurance connectée qui vous surveille

D’ailleurs, dans son communiqué, Renault vante les mérites de son assurance connectée, qui pourra proposer des tarifs adaptés par rapport au comportement du conducteur: accélérations, virages, freinage, etc.

Un premier pas... Alors bien sûr, pour le moment, on parle uniquement de remises, et c’est uniquement avec le consentement de l’utilisateur. Mais il ne faut pas se leurrer, là aussi à court ou moyen terme, les utilisateurs refusant que leurs données soient partagées se verront davantage "facturés" que ceux l’acceptant.Outre le problème de la fiabilité du traitement effectué par l'assureur, on voit là toutes les barrières qui tombent sous le prétexte des économies et de la sécurité. Et dans le monde des assurances, on sait que ce ne sont pas les assurés qui ont la main...


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