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Lada, groupe Avtovaz

Attiré par le marché automobile russe, Renault est entré dans le capital d’Avtovaz juste avant la crise économique, en février 2008, en prenant 25% du constructeur pour un total de 1 milliard de dollars.
Lada, groupe Avtovaz
Par le 09/04/2008
Dernière mise à jour le 13/01/2022

Après Nissan, Samsung et bien sur Dacia, le groupe Renault, attiré par le prometteur marché russe, s’est agrandi en prenant une part importante du capital du groupe Avtovaz, propriétaire de la marque automobile LADA qui notamment commercialisée en Europe et en France le rustique 4x4 Lada Niva et la berline Lada 110 à a fin des années 90.

Pour Renault, l’objectif est d’accroître sa présence sur le marché en plein essor de la Russie, où tous les indicateurs économiques sont positifs : augmentation de 7,5 % du PIB, de 10 % pour l'industrie manufacturière, de 14 % de la consommation des ménages et de 22 % de leur investissement,…

La Russie un marché stratégique pour Renault

Le marché russe est pour Renault très important de nos jours. Pourtant, son implantation remonte à la fin des années 90.

Avant 1998, Renault est quasiment absent de Russie. Néanmoins, la marque crée en 1907 : une société de droit russe (Roussky Renault) qui produira des camions qui tiendront une place importante lors de la révolution. Aucune implantation réelle ne peut se faire durant les années soviétiques. Aussi, pendant que FIAT donne à AvtoVAZ les plans de sa 124 pour fabriquer ses Lada, Renault motorise Moscovitch en équipant de pièces moteur de sa R16.

En 1998, c’est le point de départ de l’implantation effective de la marque et du groupe Renault en Russie. Est crée AvtoFramos, société de droit russe détenue par Renault et par la Ville de Moscou (à 50% chacune). Avtoframos commence alors à produire et commercialiser des Renault en Russie, dont la Logan fabriquée sout la marque Renault. En 2006, Renault passe à 94,1 % dans le capital social d’AvtoFramos et vend près de 72 500 véhicules en Russie, soit 3,8 % du marché.

De nombreux candidats dont Renault, Fiat, GM,...

En septembre 2007, Alexander Pronin, le PDG d'AvtoVAZ, déclare officiellement que son entreprise ouvrirait son capital à un partenaire étranger dès le mois de novembre.

Même en perte de vitesse sur son marché intérieur, AvtoVAZ est un parti de choix pour les deux constructeurs européens. Celui qui réussira à y prendre pied s'ouvrira largement le marché russe. Aujourd'hui, avec près de 900 000 véhicules produits chaque année, le constructeur automobile russe vampirise la moitié du marché. Lada réussit encore à placer huit de ses modèles dans les dix premières voitures vendues en Russie.

Le fabriquant des célèbres Lada ne serait prêt à céder cependant qu'une minorité de blocage. Plusieurs constructeurs sont intéressés comme Renault, Fiat, l'américain General Motors ou encore Magna International

Le constructeur italien propose de céder ses plates-formes A (mini voitures) et B (petites voitures) à AvtoVAZ. La firme de Turin s'engage à construire une usine de moteurs en Russie capable de produire 1,5 million de pièces par an.

Renault-Nissan aurait un objectif plus stratégique, celui de se hisser parmi les trois premiers producteurs automobiles du monde. Les deux partenaires de l'Alliance espèrent parvenir à créer une alliance Renault-Nissan-Avtovaz dont l'objectif serait de devenir le premier concepteur de véhicules économiques au monde.

En 2008, Rosoboronexport, l'agence publique russe des exportations d'armements  qui dispose de 75% des parts d'Avtovaz fait le choix du groupe français.

"Nous avons choisi les Français en tant que partenaire stratégique et nous allons leur vendre une minorité de blocage de 25%". Valéri Kartavtsev, porte-parole de Rosoboronexport,

Le 09 Avril 2008, la Commission européenne autorise cette d'acquisition. Après avoir examiné l' opération, elle a conclu qu'elle n'entraverait pas de manière significative le jeu d'une concurrence effective dans l'espace économique européen (EEE) est a ainsi donné son feu vert.

Renault devient donc propriétaire de 25% d'Avtovaz, disposant ainsi d'une minorité de blocage.

Des objectifs –trop- ambitieux

Dès son rachat, le groupe ambitionne de produire plus que les 770 000 voitures  vendues par Avtovaz en 2007 (contre 635 000 véhicules vendus en 2006) et prévoit de porter «la capacité de production à 1 million de voitures en 2010-2011 et même à 1,5 million après 2012, ce qui ne veut pas dire que l’on exploitera à 100% les capacités de production» peut-on entendre chez Renault.

Pour remonter une société lourdement endettée et dépassée techniquement, Renault apporte 240 millions d’euros au constructeur, non pas sous la forme financière, mais par de la technologie, des équipements et des compétences.

Cet apport de technologies consiste pour Renault a amener dans sa besace la plate-forme de la Logan, ainsi que des moteurs et boites de vitesse.

L’Etat russe s’engage de son côté a apporter de l’argent frais.

La crise mondiale de 2008 remet en question les objectifs

Pourtant, la crise qui touche le monde entier à la fin des années 2000 va considérablement mettre en péril les plans initiaux. Ainsi, en 2009, le marché automobile russe chute de 50%, et entraîne dans son sillage la marque Lada, très dépendante de son marché local.

Le constructeur est ainsi contraint de diminuer sa production  à 400 000 véhicules cette année, très loin de l’objectif de 1 million de véhicules prévu pour 2010/2011 et plus de 1.5 millions après 2012.

En 2009, les dettes s’élèvent à 1,4 milliard d’euros. Le 15 juillet 2010, l'accord définitif entre les actionnaires est signé. Outre les 240 millions d'euros d'apport en technologie prévus par Renault, un prêt est signé par l'Etat russe.

En 2010, commercialisation de la Lada Largus qui n'est autre qu'une Dacia Logan également connue sous l’appellation Tondar 90+ en Iran.

Les ventes toutes marques (voitures particulières et commerciales) en Russie se sont élevées à 2,65 millions de véhicules en 2011. Le volume estimé pour 2012 devrait atteindre 2,9 millions d’unités.

L’Alliance a vendu 878 990 voitures en Russie en 2011, dont 578 387 Lada. Avec une part de marché de 33%, la Russie constitue le troisième marché de l’Alliance, après la Chine et les États-Unis.

Création d'une co-entreprise Rostec Auto BV en 2012

Réseau commercial LADA

En mai 2012, la société publique Russian Technology et la banque Troïka Dialog transforment une partie de la dette d'Avtovaz en action qui leur reviennent de facto. Ces actions sont celles d'une co-entreprise créée pour l'occasion, et qui se nomme Rostec Auto BV. Le second actionnaire n'est autre que Renault avec 67,13% des parts de cette co-entreprise. Pour cela, Renault apporte ses 25% de parts, et un investissement de 300 millions d'euros. De son côté, Nissan, contre un investissement de 450 millions d'euros, rachète la participation de Troïlka Dialog.

En 2013, l'Alliance Renault-Nissan et Avtovaz annoncent la création d'une structure commune d'achat en Russie appelée Common Purchasing Organization LLC (CPO), permettant ainsi une importante réduction des coûts dans de nombreux domaines.

Cette société détenue à parité par Avtovaz et Renault Nissan Purchasing Organization (RNPO) -la structure commune gérant les achats de l'Alliance- concerne un périmètre allant des équipements industriels, de la partie mécanique (moteurs, boîtes de vitesses) ainsi que des divers véhicules basés sur des plateformes communes.

Carlos Ghosn devient président du conseil d'administration

Cette même année, Carlos Ghosn devient Président du nouveau Conseil d’Administration d’AVTOVAZ.Le Conseil est maintenant composé de 15 membres (contre 12 auparavant), dont 8 sont issus de l’Alliance. Sergey Chemezov, Président de Russian Technologies State Corporation et précédemment Président du Conseil d’Administration d’AVTOVAZ, est désormais Vice-Président du Conseil d’Administration d’AVTOVAZ.

Malgré la bonne santé de Renault en Russie, Lada souffre de la chute du marché local. Avtovaz a ainsi vu ses ventes fortement baisser en 2013. Et le début de l’année 2014 n’est guère mieux. La marque russe compte sur ses nouveaux modèles, issus pour certains de la gamme Dacia pour remonter la pente.

Renault et Nissan majoritaires chez Avtovaz

Le 18 juin 2014, Renault et Nissan détiennent 50,01% des parts de l’entreprise. En réalité, le montage est un peu plus compliqué que cela puisque l’Alliance détient 67% de Rostec qui détient elle-même 74,51% d’Avtovaz.

2016: Avtovaz doit être recapitalisé

En octobre 2016, un processus de recapitalisation d'Avtovaz est lancé pour un coût total de 1 milliard d'euros. Cette recapitalisation est réalisée en deux temps: en premier, il s'agit d'une augmentation du capital en numéraire principalement réalisée par Renault, puis une augmentation de capital réalisée par Rostec et Renault en convertissant la dette. Pour l'Alliance, qui possède alors 37% de l'entreprise, le coût estimé es de 345 millions d'euros. Mais au passage, l'Alliance prend désormais  70% de la co-entreprise.

Renault rachète les parts de Nissan fin 2017

Moins d'un an plus tard, en septembre 2017, alors qu'Avtovaz est sur le point de renouver avec les bénéfices, Renault rachète les parts de Nissan dans la holding Rostec Auto BV pour un montant total de près d'un milliard d'euros. Renault devient donc le seul maître à bord, devenant l'actionnaire majoritaire de la holding qui possède 64,4% d'Avtovaz.

Usine Lada

Suite à la recapitalisation du constructeur russe, la holding lance entre septembre et décembre 2018 une Offre Publique d'Achat pour reprendre les parts des actionnaires minoritaires conformément à la réglementation russe.

En effet, recapitalisation oblige, la co-entreprise Rostec Auto est passée de 64% des parts à plus de 83%. Or, la réglementation nécessite de lancer une telle opération lorsque qu'une entreprise dépasse les 75% du capital.

Fin décembre 2018, l'Alliance Rostec Auto BV augmente sa participation dans Avtovaz à hauteur de 100%, tandis que le 7 juin 2019, Rostec réduit sa participation dans la co-entreprise en revendant une partie de ses parts à Renault pour un total de 136 millions d'euros, réduisant de facto sa participation à 25%. Ce montant devrait être intégralement reversé à la marque Lada pour investir dans son développement.

Ce développement ambitieux passe par le lancement commercial de nouveaux modèles, comme une future Niva, le 4x4 bien connu de la marque. Pour autant, le conflit entre la Russie et l'Ukraine en février 2022 risque de mettre à mal les ambitions de Renault et Lada.


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