Accueil >  Groupe  >  Lada  > 

Lada, groupe Avtovaz

Attiré par le marché automobile russe, Renault est entré dans le capital d’Avtovaz juste avant la crise économique, en février 2008, en prenant 25% du constructeur pour un total de 1 milliard de dollars.
Lada, groupe Avtovaz
Par Loic FERRIERE le 09/04/2008 Dernière mise à jour le 11/06/2019

Après Nissan, Samsung et bien sur Dacia, le groupe Renault, attiré par le prometteur marché russe, s’est agrandi en prenant une part importante du capital du groupe Avtovaz, propriétaire de la marque automobile LADA.

Pour Renault, l’objectif est d’accroître sa présence sur le marché en plein essor de la Russie, où tous les indicateurs économiques sont positifs : augmentation de 7,5 % du PIB, de 10 % pour l'industrie manufacturière, de 14 % de la consommation des ménages et de 22 % de leur investissement,…

De nombreux candidats dont Renault, Fiat, GM,...

Aux côtés de Renault d'autres candidats se sont montrés interessés. Parmis eux, on peut citer le groupe italien Fiat, l'américain General Motors ou encore Magna International.

Mais Rosoboronexport, l'agence publique russe des exportations d'armements  qui dispose de 75% des parts d'Avtovaz a choisi le groupe français.

"Nous avons choisi les Français en tant que partenaire stratégique et nous allons leur vendre une minorité de blocage de 25%". Valéri Kartavtsev, porte-parole de Rosoboronexport,

Le 09 Avril 2008, la Commission européenne autorise cette d'acquisition. Après avoir examiné l' opération, elle a conclu qu'elle n'entraverait pas de manière significative le jeu d'une concurrence effective dans l'espace économique européen (EEE) est a ainsi donné son feu vert.

Renault devient donc propriétaire de 25% d'Avtovaz, disposant ainsi d'une minorité de blocage.

Des objectifs –trop- ambitieux

Dès son rachat, le groupe ambitionne de produire plus que les 770 000 voitures  vendues par Avtovaz en 2007 (contre 635 000 véhicules vendus en 2006) et prévoit de porter «la capacité de production à 1 million de voitures en 2010-2011 et même à 1,5 million après 2012, ce qui ne veut pas dire que l’on exploitera à 100% les capacités de production» peut-on entendre chez Renault.

Pour remonter une société lourdement endettée et dépassée techniquement, Renault apporte 240 millions d’euros au constructeur, non pas sous la forme financière, mais par de la technologie, des équipements et des compétences.

Cet apport de technologies consiste pour Renault a amener dans sa besace la plate-forme de la Logan, ainsi que des moteurs et boites de vitesse.

L’Etat russe s’engage de son côté a apporter de l’argent frais pour que le constructeur dispose d'un

La crise mondiale de 2008 remet en question les objectifs

Pourtant, la crise qui touche le monde entier à la fin des années 2000 va considérablement mettre en péril les plans initiaux. Ainsi, en 2009, le marché automobile russe chute de 50%, et entraine dans son sillage la marque Lada, très dépendante de son marché local.

Le constructeur est ainsi contraint de diminuer sa production  à 400 000 véhicules cette année, très loin de l’objectif de 1 million de véhicules prévu pour 2010/2011 et plus de 1.5 millions après 2012.

En 2009, les dettes s’élevent à 1,4 milliard d’euros.

Le 15 juillet 2010, l'accord définitif entre les actionnaires est signé. Outre les 240 millions d'euros d'apport en technologie prévus par Renault, un prêt est signé par l'Etat russe.

Renault prend le contrôle total d'Avtovaz

Réseau commercial LADA

En mai 2012, la société publique Russian Technology et la banque Troïka Dialog transforment une partie de la dette d'Avtovaz en action qui leur reviennent de facto. Ces actions sont celles d'une co-entreprise créée pour l'occasion, et qui se nomme Rostec Auto BV. Le second actionnaire n'est autre que Renault avec 67,13% des parts de cette co-entreprise. Pour cela, Renault apporte ses 25% de parts, et un investissement de 300 millions d'euros. De son côté, Nissan, contre un investissement de 450 millions d'euros, rachète la participation de Troïlka Dialog.

Le 18 juin 2014, Renault et Nissan détiennent 50,01% des parts de l’entreprise. En réalité, le montage est un peu plus compliqué que cela puisque l’Alliance détient 67% de Rostec qui détient elle-même 74,51% d’Avtovaz.

En octobre 2016, un processus de recapitalisation d'Avtovaz est lancé pour un coût total de 1 milliard d'euros. Cette recapitalisation est réalisée en deux temps: en premier, il s'agit d'une augmentation du capital en numéraire principalement réalisée par Renault, puis une augmentation de capital réalisée par Rostec et Renault en convertissant la dette. Pour l'Alliance, qui possède alors 37% de l'entreprise, le coût estimé es de 345 millions d'euros. Mais au passage, l'Alliance prend désormais  70% de la co-entreprise.

Moins d'un an plus tard, en septembre 2017, Renault rachète les parts de Nissan dans la holding Rostec Auto BV pour un montant total de près d'un milliard d'euros. Renault devient donc le seul maitre à bord, dévenant l'actionnaire majoritaire de la holding qui possède 64,4% d'Avtovaz.

Usine Lada

Suite à la recapitalisation du constructeur russe, la holding lance entre septembre et décembre 2018 une Offre Publique d'Achat pour reprendre les parts des actionnaires minoritaires.

Fin décembre 2018, l'Alliance Rostec Auto BV augmente sa participation dans Avtovaz à hauteur de 100%, tandis que le 7 juin 2019, Rostec réduit sa participation dans co-entreprise en revendant une partie de ses parts à Renault pour un total de 136 millions d'euros, réduisant de facto sa participation à 25%. Ce montant devrait être intégralement reversé à la marque Lada pour investir dans son développement.

 

Commentaire(s)


Laissez votre commentaire

En renseignant votre email, vous recevrez une seule et unique alerte lorsque qu'une ou plusieurs réponses seront postées. Elle ne sera pas communiquée ni revendue.