Accueil >  Histoire  >  Renault VI  > 

Renault cède ses parts dans AB Volvo

Renault, actionnaire majoritaire dans le groupe Volvo AB qui produit les camions Volvo ainsi que Renault Trucks va finir de céder ses parts, 6,5% du capital (17,2% des droits de vote) dans le constructeur suédois afin de récupérer 1,48 milliards €.
Renault cède ses parts dans AB Volvo
Par le 13/12/2012

Pour rappel, Renault était entré au capital du constructeur de poids-lourds en 2001 suite à la session à ce dernier de 100% de Renault-Trucks (ex Renault VI). Avec 20% des parts, le français était de loin l'actionnaire majoritaire.

Cependant, l'histoire était écrite d'avance. Cela fait bien longtemps que l'on connaissait l'issue d'une histoire commencée au début du siècle lorsque Louis Renault lançait ses premiers véhicules industriels. Une histoire riche pendant un siècle avec notamment le rachat de Berliet en 1978, après la création de SAVIEM en 1955, qui permettra de créer RVI (Renault Véhicules Industriels), puis le rachat total de l'américain Mack en 1990. Le tout sans oublier la vente de la division à Volvo AB en échange d'une part majoritaire dans le capital du nouveau groupe, qui se plaçait en n°2 mondial derrière le groupe Allemand Daimler.

En 2008/2009, en pleine crise, Renault avait déjà décidé de céder ses parts B afin de récupérer du cash et réduire son fort endettement qui s'élevait alors à près de 8 milliards d'euros. Renault conservait cependant la quasi-totalité de ses droits de vote (17,2%), les fameuses actions A. L'histoire se répète donc sans surprise étant donné la valeur que ces parts représentent.

Renault Magnum
Le superbe Magnum, ne sera plus vraiment un Renault

Avec la vente des dernières parts pour un montant estimé à près de 1,5 milliard d'euros, Renault compte réinvestir une partie de ces recettes en France, et continuer sa stratégie de désendettement qui ne s'élève plus qu'à 818 millions d'euros, contre, on le rappelle près de 8 milliards en 2008.
"Environ 45% du produit de la cession de la participation dans Volvo sera consacré au renforcement de la base industrielle de Renault en France", indiquent-on du côté des ministres Pierre Moscovici et Arnaud Montebourg dans un communiqué hier soir.

Ainsi 664 millions seront consacrés au renforcement de la base industrielle en France, notamment à Douai ou à Sandouville. Une autre partie sera dédiée aux investissements du groupe en Russie, avec la poursuite du rachat de parts dans le constructeur local Avtovaz qui produit les modèles Lada, et en Chine.

Néanmoins, c'est une partie de l'histoire de France qui disparait, après la revente de 51% de RVA (Renault Véhicules Agricoles) en 2003 à l'Allemand Class, puis la totalité en 2008. On assiste donc petit à petit à un démantèlement de la marque Renault, avec une recentrage sur le marché de l'automobile, ce qui est la mouvance actuelle, à savoir se concentrer sur son coeur de marché.

Bien sur, cette stratégie va à l'encontre de la celle du créateur, certes à une toute autre époque, qui consistait à aller sur un maximum de marchés parallèles à l'automobile ( huiles, accessoires, locomotives, moteurs d'avions et de bateaux, matières premières, pneus,...).

La France perd donc son dernier constructeur de poids-lourds, même si la marque Renault continuera de figurer sur les camions, tandis que la production reste, pour le moment, en France. Pour Renault, ce joker financier dont il disposait jusqu'alors n'éxistera plus à l'avenir. Pourtant, d'autres crises auront lieu...


Commentaire(s)


Laissez votre commentaire

En renseignant votre email, vous recevrez une seule et unique alerte lorsque qu'une ou plusieurs réponses seront postées. Elle ne sera pas communiquée ni revendue.

Version Desktop