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Renault cède ses parts dans AB Volvo (2010-2012)

Renault, actionnaire majoritaire dans le groupe Volvo AB qui produit les camions Volvo ainsi que Renault Trucks va finir de céder ses parts, 6,5% du capital (17,2% des droits de vote) dans le constructeur suédois afin de récupérer 1,48 milliards €.
Renault cède ses parts dans AB Volvo (2010-2012)
Par le 13/12/2012

En 2001, Renault était entré au capital du constructeur de poids-lourds suite à la cession à ce dernier de 100% de Renault-Trucks (ex Renault VI). Avec 20% des parts, le français était de loin l'actionnaire majoritaire.

Cependant, l'histoire était écrite d'avance. Cela fait bien longtemps que l'on connaissait l'issue d'une histoire commencée au début du siècle lorsque Louis Renault lançait ses premiers véhicules industriels. Une histoire riche pendant un siècle avec notamment le rachat de Berliet en 1978, après la création de SAVIEM en 1955, qui permettra de créer RVI (Renault Véhicules Industriels), puis le rachat total de l'américain Mack en 1990.

Novembre 2010: Renault cède les actions B de Volvo pour une valeur de 3 milliards d'euros

Fin 2010, Renault annonce avoir cédé avec succès la totalité des actions B qu'elle détenait dans Volvo AB, soit 302 915 940 actions représentant 14,9% du capital et 3,8% des droits de vote dans Volvo AB, via un placement auprès d'investisseurs institutionnels à 93 Couronnes Suédoises par action. Le montant total de la transaction s’élève à 28,2 milliards de Couronnes Suédoises soit un peu plus de 3 milliards d'euros, ce qui va permettre de réduire de moitié l'endettement de Renault et de le faire repasser sous la barre des trois milliards d’euros.

Renault conservera les actions A de Volvo AB, soit 138 604 945 actions représentant 6,8% du
capital et surtout, 17,5% des droits de vote de Volvo AB. Renault n’anticipe pas de changement dans la composition du Conseil d’Administration de Volvo consécutif à cette vente.

"Le succès du placement des actions B de Volvo confirme la confiance des investisseurs dans le développement à venir du groupe Volvo. Nous partageons cette confiance, dans la mesure où Renault, détenteur de 17,45% des droits de vote, en demeure un actionnaire de référence. Les fonds levés viendront renforcer le bilan de Renault en vue du lancement de notre nouveau plan stratégique l'année prochaine" Carlos Ghosn, Président Directeur Général de l’Alliance Renault-Nissan.

Aussitôt l'annonce, l'action Renault a bondi de plus de 8% à l'ouverture de la bourse de Paris.

Décembre 2012: Renault cède la totalité de Volvo

Renault Magnum sur la D66 aux USA en 2009
Le superbe Magnum, ici sur la D66 aux USA en 2009

 

Après la vente des actions B il y a deux ans, voici la touche finale. Grâce à la vente des dernières parts (les actions A) pour un montant estimé à près de 1,5 milliard d'euros, Renault compte réinvestir une partie de ces recettes en France, et continuer sa stratégie de désendettement qui ne s'élève plus qu'à 818 millions d'euros, contre, on le rappelle près de 8 milliards en 2008.

"Environ 45% du produit de la cession de la participation dans Volvo sera consacré au renforcement de la base industrielle de Renault en France", indiquent-on du côté des ministres Pierre Moscovici et Arnaud Montebourg dans un communiqué hier soir.

Ainsi 664 millions seront consacrés au renforcement de la base industrielle en France, notamment à Douai ou à Sandouville. Une autre partie sera dédiée aux investissements du groupe en Russie, avec la poursuite du rachat de parts dans le constructeur local Avtovaz qui produit les modèles Lada, et en Chine.

Renault se recentre sur l'automobile

Néanmoins, c'est une partie de l'histoire de France qui disparaît, après la revente de 51% de RVA (Renault Véhicules Agricoles) en 2003 à l'Allemand Class, puis la totalité en 2008. On assiste donc petit à petit à un démantèlement de la marque Renault qui se sépare de ses tracteurs au début des années 2000 et de ses camions, avec une recentrage sur le marché de l'automobile, ce qui est la mouvance actuelle, à savoir se concentrer sur son coeur de marché.

Bien sur, cette stratégie va à l'encontre de la celle du créateur, certes à une toute autre époque, qui consistait à aller sur un maximum de marchés parallèles à l'automobile ( huiles, accessoires, locomotives, moteurs d'avions et de bateaux, matières premières, pneus,...).

La France perd donc son dernier constructeur de poids-lourds, même si la marque Renault continuera de figurer sur les camions, tandis que la production reste, pour le moment, en France. Pour Renault, ce joker financier dont il disposait jusqu'alors n’existera plus à l'avenir. Pourtant, d'autres crises auront lieu...

Les deux groupes conservent malgré tout quelques liens ce qui amène quelques opérations marketings comme le camion T High Racing badgé Renault Sport en 2018.


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