Le fabricant de batteries françaises, Verkor, sur une route semée d'embûches ?
Avec l’arrivée des voitures électriques, de nombreuses usines de production de batteries avaient ou devaient prendre vie. Que ce soit Northvolt, ACC pour Stellantis sur le site de Douvrin, AESC aux abords de l’usine Renault de Douai qui produit la R5, ou encore Verkor toujours dans le nord de la France à Dunkerque, les promesses étaient là. Mais le temps passant, les difficultés et les déceptions s’installent.
Largement financés ou aidés par les finances publiques, certains grands espoirs ont été douchés. Le cas le plus flagrant est celui de Northvolt, la société suédoise qui promettait de devenir un géant européen, mais qui a tiré le rideau en mars 2025, non sans avoir brûlé plusieurs milliards d’euros. L’entreprise était pourtant soutenue par les plus grands constructeurs, comme Volvo ou le groupe Volkswagen. Mais à être trop ambitieux, on peut parfois se bruler les ailes, tandis que face à une demande inférieure aux attentes, les soutiens de la première heure ont réduit la voilure.
En France, les projets sont plus modestes. Du côté de Stellantis, ACC lutte toujours pour réussir à sortir des batteries de ses usines, et ainsi fournir son client, qui est contraint d’aller s’approvisionner chez les concurrents.
Les premières batteries toujours attendues…
Plus modeste encore, la startup grenobloise Verkor, soutenue par l’État et Renault (ce dernier est à la fois actionnaire et son seul client), accuse déjà un retard notable de près un an et demi. Initialement, ces batteries devaient équiper les modèles les plus "haut de gamme" de Renault, plus particulièrement la marque Alpine, notamment l’A390 et la future A110 ainsi que les utilitaires de nouvelle génération produits à Sandouville.
Le projet avait de quoi plaire : une production en France avec une technologie qu’elle seule maîtrise, du lithium français extrait de la mine d’Echassières (Allier), et une énergie décarbonée grâce au nucléaire. Difficile de faire plus local et souverain.
La startup a levé près de 3 milliards d’euros tandis que l’usine de 100 000 m² de Dunkerque est bien là, avec 570 salariés, soit près de 50% du total prévu à terme alors que rien ne sort des chaînes pour le moment. Résultat : l’entreprise brûle sa trésorerie pour le moment. Et cela va encore durer un peu, car selon Marianne, les premières batteries ne seraient pas attendues avant novembre, soit un retard de deux ans sur le plan initial.
Une grosse baisse des commandes
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L'Alpine A390 devra attendre pour avoir des batteries françaises
À l’époque, le groupe Renault présidé par Luca de Meo, prévoyait de commander 12 GWh. Un chiffre difficile à quantifier pour le grand public, mais qui s’avère finalement largement surestimé. D’après Marianne, Renault pourrait réellement commander le quart pour l'A390, la future A110 ainsi que le Scénic restylé dans quelques mois notamment. De quoi rendre la viabilité du projet caduque ?
Outre le retard qui complique grandement la commercialisation des nouveaux modèles, il y a aussi le coût. La batterie de Verkor coûterait 30 à 40% de plus que ses concurrentes chinoises ou coréennes.
"Nommer Verkor sur un nouveau véhicule avec l’écart de compétitivité poserait un problème non seulement à Renault Group, mais à tous ceux qui nous ont fait confiance. La voiture deviendrait trop chère et ne se vendrait pas. Si elle ne se vend pas, ce sont tous mes autres fournisseurs qui en pâtiront. " Anthony Plouvier, directeur des achats du groupe, à Marianne.
Alors que la pleine production n’a pas débuté, l’avenir s’obscurcit pour Verkor. Une fois encore, le gouvernement devrait être appelé à l’aide.