Le futur Scénic et le Rafale bientôt produits en France ?
Depuis quelques semaines, les relations entre les syndicats espagnols et la direction de Renault se sont tendues, alors même que le groupe avait annoncé de nouveaux projets de voitures électriques, comme le futur Scénic, ainsi que le remplaçant du Rafale tandis que l'Espace devrait être supprimé.
À tel point que Renault a agité l’ultime menace, en suspendant les investissements nécessaires pour industrialiser de nouveaux modèles électriques sur le segment C. Ainsi, alors que la France profitait du jour férié qu’est le 8 mai et fêtait la fin de la Seconde Guerre mondiale en France, Renault a indiqué à la surprise générale la suspension des investissements actuellement en cours, suite à l’échec des négociations.
Le constructeur au losange a ainsi indiqué qu’il ne pouvait plus s’engager dans le maintien des emplois sur les sites de Palencia et Valladolid, deux sites très importants pour le constructeur, qui y produit pour le moment l’Austral, l’Espace et le Rafale, c'est-à-dire, les modèles les plus rentables, à défaut d’être les plus vendus.
Une façon de brandir une menace importante et de ramener, selon lui, les syndicats à la raison. Coup de bluff ou projet réel : difficile à dire à ce stade.
La Turquie, le Maroc ou la France
En cas d’échec dans la négociation actuelle, à qui pourrait profiter ce bras de fer ? À la France bien sûr. En effet, on voit mal l’usine de Novo Mesto en Slovénie qui va produire les Twingo et ses dérivées (Nissan et Dacia notamment) être équipée pour la gamme du segment C. En revanche, l’usine turque de Bursa d’où sortent les Clio produites pour tout l'Europe, tout comme son usine au Maroc, profitent de leur situation pour être assimilées à une production européenne, ouvrant ainsi droits aux différentes aides à l’achat. En revanche, les usines Dacia présentes en Roumanie sont déjà à leur capacité maximale et semblent exclues pour produire le haut de gamme de Renault.
Si la Turquie et le Maroc étaient écartées, il resterait donc la France. Un pays où l’actuelle Scénic est d’ailleurs déjà fabriqué, et qui était jusqu’à présent le fief des véhicules électriques de Renault, avec la Zoé (Flins) et le Kangoo (Maubeuge) de façon historique, puis la R5 (Douai), la R4 et sa version Plein Sud (Maubeuge) et le Scénic actuellement (Douai).

On le sait, les sites actuels français restent sous-exploités, même si la reconversion de l’usine de Flins a permis de rapatrier la production dans le nord de la France et ainsi d’optimiser l’occupation de l’usine. Malgré tout, l’arrivée de nouveaux modèles impliquerait d’importants investissements et un bouleversement industriel pouvant provoquer un retard sur le planning prévu initialement.
Les négociations ne sont pas rompues
Tout cela n’est malgré tout que de la spéculation. Car pour le moment, on en est plutôt au stade de la menace, et pour être honnête, on imagine mal que les syndicats qui risquent gros et que Renault aillent jusqu’au clash. Car, à ce jeu-là, ni le constructeur, ni les salariés espagnols ne sortiraient gagnants. Renault a d’ailleurs indiqué que les négociations se poursuivaient, signe que rien n’est fait.