C’est la fin pour l'usine Renault F1 de Viry: le constructeur va la revendre
C’est désormais officiel, Renault va se séparer de son usine historique de Viry-Châtillon. Un site mythique car il s’agit de l’usine au sein de laquelle Amédée Gordini avait préparé ses pépites. Un site qui a vu naître de nombreuses générations de moteurs de F1 : les premiers blocs V6 turbo de l’histoire de la F1, la glorieuse lignée des moteurs V10 tous champions entre 1992 et 1997, sans oublier le moteur champion avec Fernando Alonso dans les années 2000 ou encore le V8 confié à Red Bull et Sebastian Vettel quelques années plus tard. C’est donc un vrai pan de l’histoire dont Renault va se séparer. Ironique quand on veut faire vivre de nouveau ses légendes comme la Renault 5 ou la Renault 4.
Une demi-surprise
Quand Luca de Meo, l’ancien PDG de Renault, a annoncé la fin du moteur Renault en F1 et l’achat du bloc Mercedes pour son équipe Alpine, la promesse était de poursuivre des activités sportives sur le site, notamment l’endurance, ou encore de mener des recherches dans le domaine de l’hydrogène et, bien sûr, de garder un pôle dédié à la veille technologique. Pourtant, personne n’était dupe… Ce n’était là que la première pierre qui servirait, quelques mois plus tard, de tombe.
Et ce qui devait arriver est arrivé : Alpine se retire de l’endurance dès la fin de la saison, et Dacia du rallye-raid. Clairement, l’usine allait devenir un fardeau en tournant à vide. De quoi sérieusement inquiéter les salariés de l’usine.
Un repreneur belge
C’est donc l’entreprise belge Dumarey Group, anciennement Punch International, puis Punch Group, spécialisée dans les systèmes de propulsion, qui va remporter la mise. La société va donc reprendre l’usine de Viry, ainsi que tous ses salariés, ce qui est déjà un bon point.
Dumarey souhaite diversifier ses activités dans le sport automobile et, grâce à la reprise du site, il entend étendre son expertise avec les seuls salariés français capables de développer un moteur hybride d’une complexité incroyable.
« Cette opération constitue une opportunité solide et cohérente pour la pérennisation et le développement des expertises du site de Viry-Châtillon. Elle offre de nouvelles perspectives pour les collaborateurs et l'activité d'ingénierie. Cette évolution constitue une reconnaissance de leur expertise historique en motorsport et notamment en Formule 1. » — Axel Plasse, vice-président d'Alpine Tech
Le projet d'acquisition / cession a été présenté lors d'un CSE extraordinaire d'Alpine Racing SAS le 22 octobre 2026. Il reste désormais à finaliser le projet en poursuivant la procédure légale d'information-consultation des représentants du personnel.
Cette cession signe probablement la fin, pour longtemps, de l’aventure Renault en F1, tant reconstruire une usine et retrouver du personnel en partant de zéro est compliqué. Une situation paradoxale alors que la F1 va revenir aux bons gros moteurs V8 atmosphériques qui ont permis à Renault d’avoir tant de succès.