Renault va investir 10 milliards d’euros en France d’ici 5 ans, sauf si…
Depuis près de cinq ans, c’est-à-dire depuis que Renault a lancé le projet des Renault 5, Renault 4 et Scénic, le constructeur a investi 13 milliards d’euros en France pour modifier ses usines et les passer à la production de voitures électriques, notamment à Douai (qui a vu ses capacités augmenter dernièrement) et Maubeuge. Ces investissements devraient perdurer durant les cinq prochaines années pour certains futurs modèles.
Malgré tout, le constructeur a ajouté une petite nuance qui a son importance : François Provost précise à France Inter que ces investissements n’auront lieu qu’à la seule condition « que le contexte politique et social le permette ». À travers ces propos, il vise notamment les partis extrêmes, et plus précisément à gauche, LFI, qui en cas d’arrivée au pouvoir, promet des mesures que les industriels redoutent. Or, les industriels investissent dans l’avenir et ont besoin d’un cadre clair, chose qu’ils ont rarement eu ces dernières années, notamment avec toutes les normes européennes.
Une voiture électrique au prix d’une hybride d’ici 2030
Renault, via son directeur général François Provost, a un objectif : faire baisser le prix des voitures électriques pour le placer au niveau de celui d’une voiture hybride actuelle. François Provost ne précise cependant pas si c’est avec les aides gouvernementales déduites ou pas, ce qui change considérablement la donne.
Actuellement, la Clio 5 1.6 full hybride est affichée à 24 600 €, tandis que la Renault 5, le gros succès de Renault en électrique, est à 28 490 € (en autonomie urbaine, soit un peu plus de 300 km), sans le bonus « coup de pouce », et même à 25 000 € en version Life, même si cette finition n’est actuellement plus disponible. On peut donc affirmer que nous y sommes déjà ou presque.
Pour le Scénic par rapport à l’Austral, la différence est plus notable. Ce dernier débute à 41 900 € avec son moteur full hybrid de 200 ch (et culmine à plus de 46 000 € en finition Esprit Alpine), tandis que le Scénic avec sa batterie de 60 kWh (autonomie de 430 km) est commercialisé à près de 40 000 € hors prime. On peut donc dire là aussi que l’on y est déjà. En version autonomie confort (87 kWh, 625 km) par contre, la différence est notable puisque le prix est fixé à 47 000 €.
La volonté de réduire les coûts pour faire face aux constructeurs chinois
Tout n’est donc qu’une question d’autonomie. Peut-on vraiment comparer une Renault 5 avec une autonomie de 300 km à une Clio hybride avec laquelle on peut aller n’importe où sans se poser de questions et avec laquelle on peut récupérer 800 km en 5 minutes ?
Au-delà d’une phrase choc, il faut surtout comprendre que Renault veut faire baisser le prix de ses voitures électriques afin de ne pas se faire dépasser par les constructeurs chinois, qui savent parfaitement faire cette guerre des prix. Pour le constructeur français, c’est une question de survie. Il a déjà réussi avec la nouvelle Twingo et ses clones, la Nissan Pixo et la Dacia Spring. Preuve que le marché est en attente de voitures électriques à petit prix.