Accueil >  Thématiques  >  Taxes, bonus-malus, normes  > 

ZFE : prêt à taux zéro, les petites lignes qui mettent à mal cette aide

À compter du 1er janvier 2023, l’État va expérimenter le prêt à taux zéro pour l’achat d’un véhicule électrifié pour les ménages vivant ou travaillant dans les ZFE. Évidemment, cela est soumis à certaines conditions, qui frôleraient presque l’ironie.
ZFE : prêt à taux zéro, les petites lignes qui mettent à mal cette aide
Par le 25/04/2022

Pour « aider » les automobilistes français à passer vers la mobilité électrique, l’État a décidé d’expérimenter un prêt à taux zéro pour l’achat d’un véhicule électrique ou hybride, pour les ménages qui vivent ou travaillent dans certaines ZFE, ces Zones à Faibles Émissions qui vont se développer encore plus dans les années à venir. 

Cette expérimentation débutera à compter du 1er janvier prochain et ce pour deux années. Mais vous vous doutez bien que tous ne pourront pas en bénéficier, et vous allez voir que cette proposition et ce « geste » du gouvernement est de l’ordre d’une plaisanterie…

Une aide pour accélérer encore un peu plus la sortie du thermique dans les villes ?

Avant toute chose, il faut savoir que ce prêt va concerner les véhicules et petites fourgonnettes de moins de 2,6 tonnes dont les émissions de CO2 sont inférieures ou égales à 50 grammes par kilomètres. En d’autres mots, seront concernés les véhicules 100% électriques et hybrides. 

Cette aide concerne également certaines ZFE, une dizaine, et non pas toutes les agglomérations de plus de 150 000 habitants qui devront créer une Zones à Faibles Émissions dans les prochaines années à venir. 

Rappelons tout de même que, si beaucoup parlent de « geste », l’État va continuer de faire diminuer le montant du bonus écologique, tout en augmentant a vitesse grand V le malus. En juillet prochain, ce bonus va passer de 6 000 à 5 000 € pour les modèles électriques, et de 2 000 à 1 000 euros pour les hybrides. Ajouter une aide pour en diminuer une autre, difficile d’y voir très clair…

En tout cas, cette annonce renforce encore un plus la volonté du gouvernement français en matière de mobilité, ce sera du véhicule électrique dans les prochaines années, quoi qu’il en coûte. Mais avec ce genre de conditions que nous allons vous détailler juste après, on peut se demander quand est ce que la plaisanterie va s’arrêter. 

Un prêt maximal de 30 000 euros… mais pour acheter quoi ?

Comptez 32 000 €, hors bonus, pour une Renault Zoé en finition d'entrée de gamme

En plus de ne concerner que les « personnes physiques ou morales domiciliées ou justifiant d’une activité professionnelle dans une intercommunalité dont une partie du territoire est située dans une zone à faibles émissions », ce prêt est soumis à d’autres conditions que voici : 

  • Les personnes éligibles sont celles avec un revenu fiscal de référence par part inférieur ou égal à 14 000 €. 
  • Le véhicule doit émettre moins de 50 g/km de CO2
  • Le prêt ne doit pas dépasser 84 mois (7 ans) et surtout, son plafond est fixé à 30 000 euros, après déduction des aides ! (Bonus écologique). 

La question se pose, à qui va bénéficier ce prêt ? Actuellement, quelles sont les personnes capables de s’acheter un véhicule électrique, en ayant un revenu fiscal inférieur ou égal à 14 000 € ?

La réponse est personne, ou une très faible minorité, et cela grâce à Dacia avec l’arrivée sur le marché du véhicule électrique le moins cher. 12 400 euros pour une citadine électrique, du jamais vu jusque là. 

Mais si on élargit les recherches, à 30 000 euros, bonus déduit, il ne reste que des petites citadines électriques disponibles sur le marché. À titre d'indication, comptez au minimum 32 000 euros, hors bonus, pour une Renault Zoé R110 en entrée de gamme...(qui a revu une nouvelle fois par ailleurs ses tarifs en forte hausse). Il devient donc impossible pour une famille de s’approprier les services d’un véhicule électrique, sachant que pour ce même budget, l’offre est large en ce qui concerne les véhicules thermiques familiaux. Alors si l’hybride peut-être une alternative, elle n’est pas pour autant une solution sur le long terme puisqu’il serait logique d’imaginer que ces derniers soient à leur tour poussés vers la sortie une fois le diesel étouffé. 

Comme le dit si bien Pierre Chasseray, délégué général de l’association 40 millions d’automobilistes, « à moins d’avoir 50 000 euros à minima, une voiture électrique n’est pas un véhicule familial (…) elle reste élitiste aujourd’hui et ne permet pas de faire de longues distances ». 

Difficile d’imaginer à qui pourrait bien servir ce crédit, dans une société française ou chaque besoin devient de plus en plus cher. 

Malheureusement il va falloir se plier aux règles car ces ZFE vont se développer de plus en plus vite et d’ici deux à trois ans, ce seront presque tous les véhicules d’occasions d’à peine dix ans qui ne seront plus acceptés dans les agglomérations. Étudiants, foyers modestes, etc, une grande partie de la population va se retrouver sans solution et des inégalités vont se creuser entre les zones urbaines et rurales. 

Pierre Chasseray l’affirme, la solution est de « supprimer ces ZFE, ou au moins d’avoir laisser du temps pour une mise en place progressive des ZFE en 2030 avec possibilités d’avoir des dérogations jusqu’en 2035. Cela aurait permis aux gens de se préparer au changement et surtout de nous assurer que l’avenir sera bel et bien en électrique ». 

Qui nous dit que dans 10 ans, l’électrique ne subira pas le même sort que le diesel aujourd’hui… 


Commentaire(s)


Laissez votre commentaire

En renseignant votre email, vous recevrez une seule et unique alerte lorsque qu'une ou plusieurs réponses seront postées. Elle ne sera pas communiquée ni revendue.