Renault veut augmenter sa production en France d’ici 5 ans
Le successeur de Luca de Meo avait déjà annoncé un investissement de plus de 10 milliards d’euros en France pour les cinq prochaines années. Un investissement qu’il avait toutefois conditionné à une stabilité politique, financière et sociale, compte tenu de la prochaine élection présidentielle qui se profile l’année prochaine.
Certains modèles clés comme la R5 ou la R4 resteront en France
Ces investissements sont essentiels pour assurer le renouvellement de certains modèles tels que la Renault 5 et la Renault 4, mais aussi le Kangoo dont la version électrique vient de recevoir les batteries et le moteur de la Renault 5, actuellement assemblés respectivement à Douai pour la première et à Maubeuge pour les deux autres.
Savoir qu’elles resteront françaises est déjà en soi une bonne nouvelle, d’autant plus que l’on sait aussi que le Scénic E-Tech, actuellement produit à Douai, va partir en Espagne pour être produit aux côtés du futur Rafale, qui en profitera au passage pour devenir totalement électrique.
Outre cette annonce d’ordre financier, le Directeur Général de Renault a également annoncé qu’il prévoyait, d’ici cinq ans, une hausse de la production de plus de 20 % par rapport aux cinq dernières années (2022-2026).
Un plan de départ de 800 ingénieurs en France, partiellement compensé par quelques embauches
Ces annonces prometteuses font cependant suite à un plan de départs volontaires de 800 ingénieurs en France d’ici la fin de l’année 2027, sur un total de 5 500. Ces départs concernent essentiellement la région Île-de-France, et plus précisément les Yvelines (78), où Renault a regroupé son ingénierie au sein du Technocentre.
Ces départs volontaires sont toutefois partiellement compensés par l’embauche de près de 200 nouveaux ingénieurs en CDI. Selon lui, ces plans sont devenus indispensables car l’industrie automobile vit « une transformation sans précédent ». Il est donc nécessaire de faire « des ajustements ».
L’arrivée massive des voitures électriques impose en effet aux constructeurs de transformer leur ingénierie. Les besoins se tournent désormais vers le domaine de l’électrique et des batteries, tandis que les spécialistes des moteurs thermiques deviennent de moins en moins indispensables.
Par ailleurs, pour réduire les coûts, les constructeurs font de plus en plus appel à la Chine. C’est d’ailleurs le cas de Renault pour la conception de la Twingo (et ses variantes Dacia Spring et Nissan Pixo). Même chose du côté des moteurs : le nouveau bloc électrique de la Renault 5 d’entrée de gamme est en effet produit en Chine, avant d’être assemblé ensuite en France, à Cléon.
Une telle stratégie permet de réduire les coûts et de rester compétitif face aux constructeurs chinois qui cassent les prix. Revers de la médaille, le nombre de postes d’ingénieurs se réduit d'année en année, alors que, à l’inverse, les ouvriers reviennent dans les usines. Un véritable retournement de situation que personne n’avait vraiment vu venir.
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