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Le Taxi de la Marne

Lors de son lancement en 1905, personne ne peut présager que le type AG de Renault allait connaître un tel succès, mais aussi qu'il allait infléchir quelques années plus tard, le sort de l’histoire de la France.
Le Taxi de la Marne
Par le 23/06/2003
Dernière mise à jour le 18/08/2021

Les guerres nourrissent ce paradoxe : la mise au point et la découverte de technologies, toujours les plus imposantes, les unes des autres. Ainsi, on verra naître pendant la première guerre mondiale, l’aviation, ou les chars d’assauts. Mais, c’est l’épisode des Taxi de la Marne qui symbolise avec panache le rôle joué par l’industrie automobile dans cette victoire.

Qu'est-ce que les Taxis de la Marne ?

L'histoire des Taxis de la Marne débute au début du XXème siècle alors que l'automobile en est à ses balbutiements. La société Renault Frères obtient la validation des mines en septembre 1905 pour ce nouveau modèle motorisé par un bicylindre de 1 060 cm3 de 8CV filant à 40 km/h, dont la plupart disposent d'une conduite à droite.

Après une année d'essais comparatifs, le Type AG est adopté par la Compagnie Française des Automobiles de place. Il faut noter qu’avant l’arrivé de ce véhicule, le nombre de « fiacres automobiles » est très restreint : seulement une petite vingtaine à Paris en 1903, à peine plus de 30 en 1904. Pourtant, le tout premier contrat de la Compagnie Française des Automobiles de place, porte alors sur 250 commandes.

Un modèle très simple vendu au prix de 5 700 francs avant-guerre, pour les chauffeurs de taxis

Plus petit modèle de la gamme Renault, il est vendu à 5 700 francs en châssis nu, et quasiment réservé au marché des taxis. Pour la majorité des Taxis, il s'agit d'un petit landaulet long de 3.60 mètres, animés par un petit et modeste moteur bicylindre de 1 060 cm3.

En 1906, elle en demande 1 000, auxquelles s’ajoutent 1500 exemplaires livrés en 1909. Le succès arrive, et à partir de 1907, 1 100 fiacres partent à Londres. En 1907, le Type AG de 1905 devient Type AG-1, en recevant un moteur légèrement plus gros, de 1205 cm3 lui permettant d'augmenter sa vitesse de pointe à 45 km/h.

Sept ans plus tard, alors que la guerre éclate, la grande majorité des 10 000 taxis circulant à Paris sont des Renault. Les différents modèles sont immatriculés G2, G3 ou G7.

Trois compagnies se partagent la ville, chacun identifiables par leur immatriculation : Kermina Métropole (G2), Compagnie Générale de voitures à Paris (G3) et Autoplace (G7).

Quelle est l'histoire des taxis de la marne ?

1914, la guerre éclate, les taxis Renault AG sont réquisitionnés pour la bataille de la marne

Au début de septembre 1914, la ville de Paris est menacée par les armées Allemandes. Le 2 septembre, le gouvernement de Raymond Poincaré se replie à Bordeaux. Le 5 du même mois, elles se sont fortement rapprochées (à seulement une trentaine de kilomètres). Le moral des troupes est au plus bas, mais Joffre, le commandant de l’époque refuse d’entreprendre un replis, qui serait synonyme de défaite. Pour préserver la capitale, il faut envoyer des hommes en renfort des troupes épuisés du Général Maunoury, sur le front de l’Ourcq. Le Général Gallieni, gouverneur militaire de Paris, dispose de 6 000 hommes, mais seulement de 250 véhicules. Il n’a que 1/5ème de ce qu’il lui faudrait pour amener les troupes faute de trains suffisants.

En effet, pour cette opération, on décide en hauts lieux d’envoyer 12 000 hommes à Nanteuil-le-Haudin. Mais, le train prévu pour les acheminer, ne peut en transporter que la moitié. C’est alors, que Gallieni autorise le réquisitionnement des Taxis Parisiens d'autant plus que du fait de la mobilisation des chauffeurs, seuls 3 000 Taxis continuent leur service à Paris. Les autres sont de fait immobilisés, et donc, disponibles.

Or, la flotte des Taxis Parisiens, est très largement constituée de Renault Type AG, qui deviendront les célèbres Taxis de la Marne qui mèneront les soldats à la fameuse bataille de la Marne. La question de la logistique est réglée.

Dès le 6 septembre à 22 heures, les premiers taxis réquisitionnés se présentent sur la place des invalides. Deux heures plus tard, ils partent vers Tremblay-les-Gonesses avant de rejoindre les troupes.

L’ordre officiel est lancé le 7 septembre à 13 heures. A 18 heures, 600 Taxis sont déjà rassemblés. Il leur faudra effectuer deux voyages aller-retour à raison de 5 soldats par véhicules, plus tout leur matériel. Les deux convois roulent pendant la nuit jusqu’à Nanteuil-le-Haudouin, tout feux éteints, afin de ne pas se faire repérer. Ce renfort inattendu, -surtout par les Allemands- suffit à renverser la situation lors de la bataille de la Marne. Au total, ce sont 1 300 taxis qui amèneront les hommes qui appartiennent aux 103e et 104e régiments d’infanterie rattachés à la 7e Division du général de Trentinian sur le front à Nanteuil-le-Haudouin et Silly-le-Long. L’armée Allemande, dirigée par Von Kluck recule. Paris est sauvée, l’automobile entre dans l’histoire, et Renault aussi. La légende des taxis est née.

Si les taxis sont réquisitionnés et que la france fait preuve d'une solidarité nationnale, en revanche, cette opération aura un vrai coût pour l’état-major. L'armée paie en effet la course à hauteur de 70 000 francs.

Les Taxis de la Marne entrent dans l'histoire

Bien que la légende soit née lors de l'opération et aventure héroïque de la bataille de la marne, Louis Renault n'a en réalité pas eu d'action directe pour la faire naître, bien qu'il en ait récolté une partie des lauriers. En revanche, la société va produire de nombreux véhicules et armes pour l'armée française, principalement grâce aux femmes qui participent grandement à l'effort de guerre.

Entre 1914 et 1918 les usines Renault vont ainsi voir sortir des camions, des auto-mitrailleuses, des obus et schrappnels, des moteurs d'avion et des avions, des tracteurs, des pièces et canons de fusils, et du matériel d'artillerie. Mais le couronnement de Renault sera véritablement les fameux chars léger FT17, véritable révolution à l’époque (voir l'Histoire de Renault), qui donneront la victoire finale à la France et qui défileront à Paris le 14 juillet.


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