Les batteries solides LMP, le futur des voitures électriques ?
Renault Group, via Ampere, a signé un accord avec la société espagnole Basquevolt pour développer une nouvelle génération de batterie capable de réaliser un saut technologique. L’entreprise espagnole, spécialisée dans les batteries dites “solides” veut ainsi avancer plus vite grâce à l’apport de Renault.
Les batteries solides représentent la future génération
Lorsque l’on parle de batteries solides, on entend par là des batteries dotées d’un électrolyte solide, et non d’un électrolyte liquide comme c’est le cas actuellement sur les batteries Lithium-ion, NMC (Nickel, Manganèse, Cobalt) pour les modèles du segment C et supérieur ou LFP (Lithium, Fer, Phosphate) pour l'entrée de gamme et les petits modèles, comme la future ID. Polo de Volkswagen ou la nouvelle Twingo de Renault.
En faisant appel à un électrolyte solide (la solution dans laquelle sont plongées l’anode et la cathode), les batteries sont à la fois plus stables, moins coûteuses et surtout, elles seront capables d’emmagasiner plus d’énergie et de se recharger plus rapidement sans risque d’atteindre un emballement thermique de l’électrolyte. Le courant qui traverse la batterie peut ainsi être plus élevé, et ce, sans risque.
De nombreuses technologies existent sur les batteries solides, avec un électrolyte en céramique (fragile et peu durable), un électrolyte sulfuré (plutôt instable) et un électrolyte polymère Lithium métal (présentant une conductivité moindre et une dégradation plus rapide).
Des batteries moins chères à produire

Ces batteries ne sont cependant pas si nouvelles que cela. Les Bolloré Bluecar disposaient déjà de batteries LMP. Elles présentaient cependant un gros inconvénient, celui de devoir rester branchées afin de maintenir leur charge.
Selon les deux entreprises, la production de ces batteries LMP (Lithium, métal polymère) serait à la fois plus simple, et moins couteuse. Prometteuses sur le papier, nous n’en sommes cependant qu’au début des batteries dites solides, mais elles représentent assurément le futur des véhicules électriques. Ce n’est pas un hasard si de nombreux constructeurs concentrent leurs recherches dans cette voie. Le groupe automobile chinois Chery annonce ainsi l’arrivée cette année d’un modèle équipé d’une batterie à électrolyte solide qui serait capable de viser une autonomie de 1 500 km grâce à une densité de 600 Wh/kg contre au mieux, 300 Wh/kg pour les batteries actuelles.
L’accord, qui porte sur le développement conjoint avec Basquevolt, a pour objectif, dans un premier temps, de valider les besoins des prototypes Pre-A Sample. L’arrivée massive des batteries solides sur les voitures électriques n’est cependant pas pour tout de suite. Le futur proche devrait passer par des batteries semi-solides, un entre-deux qui permettrait d’améliorer les batteries actuelles et d’attendre une vraie nouvelle génération. MG a d’ailleurs déjà annoncé que sa future MG4 serait équipée d’une telle batterie semi-solide.
Il n'est donc pas encore question de parler de batteries solides pour les futurs Scénic ou Renault 5. L'échéance serait plutôt de 5 à 10 ans selon les avancées.
« Entrer dans cette nouvelle phase avec Ampere marque une étape majeure dans notre mission de rapprocher la technologie à électrolyte polymère du marché de masse », explique Pablo Fernández, CEO de Basquevolt.