Bientôt la fin du monopole sur les pièces détachées

S’il y a bien une mesure qui pourrait faire le bonheur des consommateurs, c’est celle qui concerne la fin du monopole des constructeurs automobiles sur certains types de pièces automobiles.
Bientôt la fin du monopole sur les pièces détachées
Par le 09/08/2019

Le Premier Ministre, Édouard Philippe l’a encore confirmé en mars dernier, le gouvernement espère bien mettre fin progressivement à ce monopole, comme préconisé par l’Autorité de la concurrence ou encore La Feda, la FNA et l'UFC-Que choisir.

S’il est déjà possible d’acheter toute sorte de pièces non visibles telles que par exemple celles dédiées au moteur (injecteur, alternateur, vanne EGR,…) au freinage (disques, plaquette de frein, tambours,…) à l’échappement (Filtre à particules, ligne d’échappement, silencieux,…) ou encore aux accessoires tels que des tapis disponibles ici sur PiecesAuto.fr, il y a encore un domaine qui reste chasse gardée des constructeurs : les pièces visibles. En effet, celles-ci sont actuellement protégées par le code de la propriété intellectuelle.

Ces pièces visibles regroupent principalement ce qui concerne la carrosserie, pièces qui sont souvent vendues à un prix totalement prohibitif : rétroviseurs, feux de signalisation, bouclier avant ou arrière, etc.

Une « libération » qui devrait se faire en deux temps

Avec une telle annonce, certains acteurs se frottent les mains. A la tête de ceux-ci, les équipements bien connus tels que Valeo ou encore Faurecia (ex PSA) mais aussi de petites PME. Les autres grands gagnants devraient bien sur être les revendeurs de pièces auto.

Pour autant, la mise en place de cette nouvelle réglementation devrait se faire petit à petit. Dans un premier temps, elle concernera les rétroviseurs, les phares et les vitres dès janvier 2020 puis 12 mois plus tard, en janvier 2021, les pièces de carrosserie. Mais attention, pas toutes les pièces, et surtout, les constructeurs conserveraient tout de même le monopole pendant 10 ans, contre 25 jusqu’alors.

Cette mesure devrait également avoir un second avantage pour les automobilistes. Le prix de changement des vitrages représentant un coût important pour les assureurs (notamment avec le tapage publicitaire d’un certain Carglass qui pousse abusivement à la réparation ou au remplacement des vitrages), la baisse des tarifs des pièces devrait permettre de réduire la facture chez les assurances. Ne reste plus qu’à espérer que ces derniers la répercutent sur leurs clients...

Une exception française

Le monopole détenu par tous les constructeurs automobile reste pourtant une exception française, qui fait mécaniquement augmenter le budget automobile des français. La Feda, la FNA et l'UFC-Que choisir rappellent que le budget auto s’élève en moyenne à 6 000 euros par an et représente le second poste de dépense. En 20 ans, la hausse de ce budget serait de… 75 %.

« Protégés de la concurrence pour ces éléments qu’ils sont les seuls à pouvoir produire, ils ont laissé dériver les prix. La France est le dernier grand pays d’Europe à appliquer ce monopole anachronique, dont la suppression pourrait permettre aux consommateurs d’économiser jusqu’à 400 millions d’euros par an. C’est pourquoi nos organisations militent de longue date pour l’ouverture de ce marché ».

En Belgique, pays qui a déjà cassé ce monopole, les pièces sont vendues en moyenne 50 % moins cher que chez le constructeur officiel. Un gain de pouvoir d’achat qui pousse beaucoup de français à passer la frontière.

Par exemple, un rétroviseur extérieur de Renault Twingo 3 sera affiché à moins de 75 €...

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