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Pourquoi Renault opère une telle cure d’amaigrissement ?

En nommant François Provost pour remplacer Luca de Meo démissionnaire pour aller rejoindre le groupe de luxe Kering, Renault semblait avoir fait le choix de la continuité, en le nommant nouveau PDG de Renault, pourtant, il n’en est rien.
Par le 16/02/2026

Entré chez Renault en 2002, François Provost est considéré comme un pur produit interne. Il connaît bien le groupe français parce qu'il a occupé différents rôles au sein de la direction commerciale avant de devenir en 2005, directeur général de Renault-Nissan, puis d’occuper le poste de directeur général adjoint de Renault Russie, ou encore PDG de Renault Samsung Motors, directeur des opérations pour Renault en Chine, directeur du développement international et des partenariats en 2020 et enfin directeur des achats en 2023.

C’est pourquoi, après un peu moins de six mois, les décisions prises détonnent. Alors que son prédécesseur Luca de Meo avait fait feu de tout bois, François Provost, opère un véritable retour en arrière, en détricotant ce qui a été fait les années précédentes. Le nouveau PDG veut revenir à une organisation plus simple et veut réduire les coûts.

Premier acte, la fin (ou presque) de Mobilize, l’entité indépendante qui devait se charger des solutions de mobilités de demain. Bien que Mobilize conserve les solutions de recharge électriques, son champ d’action a été grandement réduit. Initialement, cette nouvelle marque devait proposer plusieurs activités, comme la location des voitures électriques. Mais ce marché n’a pas décollé, c’est pourquoi François Provost a décidé d’en terminer, signant la fin de la Duo et du Bento.

Second acte, la fin d’Ampère, l’entité 100% électrique du groupe Renault qui devait devenir un fournisseur de solutions pour Renault et pour la concurrence. Désormais, les activités sont assez logiquement réintégrées à Renault. Il faut dire aussi qu’après l’échec de son introduction en bourse, il n’y avait plus vraiment d’intérêt à maintenir Ampère en l’état.

La fin du partenariat avec Volvo Trucks et CMA CGM pour la coentreprise Flexis, sur fond de divergence stratégique, est également un autre élément d’une profonde mutation en interne. Selon la presse spécialisée, Renault estimait qu’il valait mieux réduire la voilure, le marché de l’utilitaire électrique étant très loin de décoller réellement.

Quel avenir pour Alpine ?

Cela ne s’arrête pas là, car le constructeur a aussi décidé de tailler dans le vif sur le sport automobile. Alors qu’Alpine avait décidé il y a trois ans de revenir dans la catégorie reine de l’Endurance, le constructeur a fait machine arrière en annonçant il y a quelques jours la fin de son engagement à l’issue de la saison actuelle qui va bientôt commencer. Une décision étonnante quand on sait que toute la stratégie d’Alpine était basée sur son implication en sport auto. Désormais, seul l’engagement en F1 reste alors que la nouvelle monoplace a été dévoilée le mois dernier et que les premiers essais ont déjà eu lieu. Un engagement qui semble fragile, surtout étant donné les résultats de ces deux dernières années, et la fin de l’activité motoriste de Renault.


L'Alpine A526 de la saison 2026

Certains médias ont d’ailleurs annoncé un vrai risque pour la survie d'Alpine alors que la marque commercialise un nouveau modèle tous les ans, et que 2026 va voir le début de la commercialisation de l'A390 et la présentation de la nouvelle A110. Pour le moment, bien que la marque ait annoncé une forte hausse de ses immatriculations en 2025, les volumes restent faibles. Les récentes concessions de l'Europe sur les voitures thermiques pourront-elles permettre à Alpine de stopper sa politique 100% électrique ?

Autre décision assez marquante : la fin de l’aventure Rallye-Raid pour Dacia, là aussi à la fin de l’année, et ce, malgré le succès au Dakar 2026, preuve que ce ne sont pas les résultats qui guident ces décisions.

Ces annonces ont d'ailleurs laissé planer le doute quant à l'avenir de l'usine de Viry-Châtillon. Pour autant, la fermeture du site n'est pas à l'ordre du jour.

Une anticipation des difficultés à venir ?

La question qui se pose donc est savoir pourquoi François Provost opère une telle cure d’amaigrissement. 

Les derniers chiffres dévoilés étaient plutôt bons, avec des résultats financiers solides. Joue-t-il trop petit bras ou anticipe-t-il plutôt un avenir qui s’annonce sombre pour le monde de l’automobile ? Le groupe anticipe-t-il des difficultés à venir ? Les annonces financières qui arrivent dans peu de temps nous en apprendrons probablement plus.
 

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