Une usine mythique de l’automobile française dans l’impasse
Une usine mythique sur la sellette
Il y a un an et demi, quand Luca de Meo a annoncé la fin des activités de motoriste de Renault en Formule 1, le patron de Renault avait aussi confirmé le maintien de cette usine. Un site historique, à plus d’un titre, puisque c’est ici qu’Amédée Gordini avait débuté, avant de revendre l’usine à Renault. Un ensemble industriel qui a connu le succès, notamment en Formule 1, avec les victoires d’Alain Prost dans les années 80, la domination totale du V10 au losange dans les années 90 avec les plus grands pilotes du monde (Nigel Mansell, Alain Prost, Ayrton Senna, Damon Hill etc), le retour victorieux après les années 2000 avec Fernando Alonso et bien sûr, les quatre titres de champion du monde de Sebastian Vettel chez Red Bull.
Seulement voilà, l’industrie est bien plus pragmatique et n’accorde que peu d’importance aux mythes, sauf quand le marketing peut en tirer profit. Ainsi, après le retrait de Renault de la F1 et la présentation de la première Alpine F1 motorisée par un bloc Mercedes qui a fait ses premiers essais à Barcelone fin janvier, l’usine se retrouve en sous-activité. Luca de Meo avait pourtant promis d’en faire un centre de recherche, avec le développement de l’hydrogène en point d’orgue pour Alpine. L'ancien siège de Gordini, puis Renault Sport a d’ailleurs été renommé Alpine Hypertech il y a un peu plus d'un an, et s’occupe des activités Alpine en endurance et de Dacia en Rallye-Raid.
« C’est une grosse déception pour le maire et l’enfant de Viry-Châtillon que je suis » a ajouté M. Vilain. « L’usine Renault Sport ou Alpine de Viry-Châtillon a été créée par le pilote et constructeur de légende Amédée Gordini, c’est un site historique très important pour l’Essonne et pour le sport automobile ».
Un CSE qui ne présage rien de bon
Sauf que Renault devrait annoncer lors d’un comité social d’entreprise le 12 février prochain qu’il renonce à ses engagements. Des engagements pris par Luca de Meo, qui a quitté l’entreprise en juillet dernier, remplacé par François Provost. Bien que désigné comme le bras droit du dirigeant italien, le nouveau PDG a prouvé qu’il pouvait faire table rase du passé récent en débranchant la filiale dédiée aux véhicules électriques, Ampère, créée de toute pièce par le dirigeant italien, en réintégrant Mobilize au sein de la maison mère ou encore en poussant le départ de Luc Julia. Et visiblement, les engagements pris par son prédécesseur n’engageaient que ce dernier à en croire certaines sources.
Alors que la marque Alpine est en plein développement avec des ventes en croissance de 139%, il se murmure par ailleurs qu’Alpine songerait à se retirer de l’endurance, qui est la dernière activité principale de l’usine de Viry, tandis que la seconde saison de Dacia en Rallye-Raid pourrait aussi être sa dernière. Dans ces conditions, on comprend l’inquiétude des élus et des 500 salariés de l’usine.
Alpine pourrait se retirer de l'Endurance fin 2026
Questionnés à ce sujet par l’AFP, les dirigeants d’Alpine n’ont bien sûr rien laissé filtrer, mais ont tout de même confirmé la tenue du CSE. Un CSE extraordinaire, qui ne laisse ainsi guère de doutes quant à son contenu.