Luc Julia, annonce son départ de Renault cinq ans après son arrivée
Certains le voient comme le père de ce que l'on appelle "IA" et de l'assistant vocal Siri, d'autres comme un usurpateur en raison de l'utilisation abusive du terme IA qui ne désigne plus un réseau de neurones artificielles. Luc Julia ne s'en cache d'ailleurs pas, en indiquant que "l'Intelligence Artificielle n’existe pas et n'existera jamais" et qu'il n'est pas le père de Siri, mais qu'il a participé à l'élaboration de certains brevets utilisés par l'application. Il a notamment écrit "L'intelligence artificielle n’existe pas" en 2019, ouvrage dans lequel il explique notamment qu'il s'agit d'un abus de langage, et que ce que nous appelons IA est en fait une "intelligence augmentée".
Après avoir donc participé à la création de Siri, il a travaillé quelque temps chez Apple lorsque la marque à la pomme l'a racheté en 2010. L'aventure a cependant été de courte durée, puisque seulement quelques mois plus tard, il quitte l'entreprise pour aller chez Samsung en 2012 où il restera un peu moins de 10 ans. Dirigeant d'abord le centre d'innovation de Californie aux USA, il prend la direction du centre de recherche nouvellement créé en France en 2018 jusqu'à ce que l'entreprise décide de regrouper ses activités en Corée. Souhaitant rester en France, il quitte l'entreprise coréenne.
Une arrivée marquante chez Renault
C'est ainsi qu'il est recruté en 2021 par Luca de Meo, en tant que Directeur Scientifique au sein de la division logicielle.
Considéré par beaucoup comme le père de Siri et un spécialiste de l'IA, c'est en 2025 que la polémique sur sa légitimité sera remise en doute, avant qu'il n'apporte des éclaircissements sur ses activités passées.
Il a notamment travaillé sur l'assistant Reno, un assistant vocal embarqué dans les derniers véhicules de la marque comme la Renault 5 ou la nouvelle Twingo, combinant grands modèles de langage et machine learning. « Reno, en tant qu’avatar basé sur les LLM, était une première mondiale », souligne-t-il, optimiste pour la suite : « Les équipes en place sont solides et continueront à porter cette ambition. »
Un départ lié à celui de Luca de Meo ?
Hasard ou coïncidence, le départ de Luc Julia intervient six mois après celui de Luca de Meo. Une chose est sûre, François Provost a opéré une importante restructuration interne, en remettant à plat certains services ou entités. C'est spécialement le cas de Mobilize, qui a été supprimé en tant qu'entité indépendante, et s'est retrouvée intégrée à Renault. Le nouveau PDG a également stoppé en fin d'année dernière la Mobilize Duo qui n'aura donc existé que pendant une petite année.
Cette rationalisation des activités a aussi touché des services internes moins visibles du constructeur. Ainsi, le pôle innovation a été rattaché à la direction de l’ingénierie, mettant fin à l’autonomie dont bénéficiait Luc Julia et son équipe. Suffisant en tout cas pour pousser le français vers la sortie, seulement 5 ans après que son arrivée ait fait les gros titres.
« Cette nouvelle organisation n’était plus compatible avec notre fonctionnement. Il était temps de se quitter bons amis », précise-t-il.