Les voitures électriques décotent-elles vraiment plus que les autres ?
Très chères à l’achat, les voitures électriques subissent, dans l’imaginaire collectif, une forte décote en occasion, notamment à cause de la dégradation potentielle de la batterie, et donc de la perte d’autonomie. Bien qu'il soit vrai qu'il s'agit d'un point essentiel à vérifier lors de l'achat en seconde main, dans les faits, les batteries ne perdent que très peu de capacité au fil des années.
En moyenne, une voiture thermique perd 20 à 25 % de sa valeur dès la première année, et atteint tout juste la moitié de son prix (50 %) la cinquième année. Au-delà, la décote est plus faible, avec environ 5 % par année.
Une décote normale liée à l’âge et au kilométrage
Outre son âge, sa valeur va aussi grandement dépendre de son kilométrage. En moyenne, les Français parcourent de 12 500 à 15 000 km par an. En cas de kilométrage supérieur, la valeur du véhicule va forcément baisser plus fortement, et inversement.
La peur de la perte de valeur des voitures électriques ne semble plus être un frein à l’achat puisque, depuis le début de l’année, les voitures électriques prennent une part de plus en plus importante, atteignant 30 % en juin, et même 35 % en juillet dernier. Même en Europe, elles ont représenté 25 % du total des immatriculations en juillet, soit un véhicule sur quatre. En revanche, les utilitaires électriques ont encore beaucoup de difficultés.
Une décote finalement bien moins importante pour les voitures électriques
Il y a deux jours, le site de petites annonces leboncoin a publié une étude relative à la perte de valeur des véhicules électriques. Cette étude établit que la décote moyenne des voitures électriques après cinq ans est de 59 %. Une valeur un peu supérieure aux voitures thermiques, il est vrai, mais bien moins importante que ce que l’on peut entendre. Et surtout, derrière ces 59 % il faut analyser la situation.
En effet, lors de l’achat d'une voiture électrique, les nombreuses primes font baisser le prix, un montant qui ne sera pas déboursé par l’acheteur. Prenons l’exemple d’une Renault Zoé. Il y a cinq ans, son prix neuf était de 32 500 €, et elle bénéficiait d’une prime écologique de 5 000 € octroyée par le gouvernement, ce qui représentait déjà près de 15% de sa valeur neuve. Et encore, à cela, il fallait ajouter les aides de certaines villes ou collectivités, que nous ne prendrons pas en compte dans le calcul, car trop aléatoires.
« Les voitures électriques affichent souvent les plus fortes décotes sur leurs premières années, notamment parce qu’elles ont bénéficié d’un bonus à l’achat en neuf, » Olivier Flavier, Directeur Général du marché automobile chez leboncoin. «
Pour que le calcul de la décote soit juste, il faut donc partir sur le prix réellement payé par l’acheteur, ou tout au moins, le prix public réel affiché à l’acheteur, avant les remises octroyées par le constructeur, puisque ces dernières sont aussi octroyées sur les voitures thermiques.
Dans le cas de notre Zoé de 2021, son prix était donc de 27 500 € ( 32 500 - 5 000 €). D’après l’étude publiée, le prix de vente de cette même Zoé en occasion tourne autour des 11 477 €, soit une décote de… 59 %.
La décote de celle qui a été remplacée par la Renault 5 reste donc plus importante. Mais cette dernière est le modèle qui décote le plus car une partie des ventes de cette époque se faisait avec la location (chère) de la batterie. Une version qui n'est clairement pas plébiscitée par les acheteurs et qui fait chuter son prix moyen en occasion. Partant de ce postulat, la différence avec une thermique n'est pas si importante.
Alors forcément, si on ne tient pas compte du bonus écologique, la décote monte à 65 %, mais le prix en occasion va forcément être impacté par le prix réel de la voiture neuve et donc, des aides potentielles.
Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si, toujours selon cette même étude, la Dacia Spring, qui ne bénéficie plus du bonus écologique, est celle qui décote le moins (53 % seulement après cinq ans).