Renault va-t-il abandonner Valeo pour son futur moteur électrique ?
Tout comme pour les batteries (en attendant la technologie dite à électrolyte solide), la production de moteurs électriques nécessite l’utilisation de terres rares, et notamment, des aimants. Bien que Renault ait fait le choix d’une technologie de moteur synchrone à rotor bobiné à excitation externe par induction (EESM) moins consommatrice de terres rares que la technologie à aimants permanents, le futur des moteurs électriques chez Renault semble passer par une évolution de cette technologie pour réduire son impact environnemental, mais aussi réduire les prix.
C’est la raison pour laquelle, Renault travaille depuis quelques années avec l’équipementier Valeo pour développer un moteur qui pourrait s’en passer totalement. Renault se consacre à la partie du rotor (la partie qui tourne) qu'il maitrise depuis 2012 et que l'on retrouve particulièrement sur la R4, R5, Mégane et Scénic E-TECH tandis que Valeo travaille sur le stator où sa technologie “hairpin” qui permet d’augmenter le volume de bobinage de cuivre (qui crée le champ électrique qui va entrainer le rotor) permettrait d’éviter l’utilisation d’aimants.
En prime, en passant au 800V (qui va se généraliser sur les voitures et les camions électriques) contre 400V actuellement sur les moteurs Renault, ce bloc devrait être plus puissant (plus de 200 kW) et surtout, plus efficient, permettant, de fait, d’augmenter l’autonomie.
Renault se tourne vers la Chine pour son nouveau moteur ?
Après avoir développé sa petite Twingo en Chine, Reuters indique que selon deux sources proches du dossier, Renault pourrait finalement se tourner vers un partenaire chinois pour terminer la mise au point de son moteur. En cause, les contraintes liées à l’approvisionnement et les coûts.
Baptisé E7A, ce moteur doit arriver en série dans seulement quelques mois. Si Renault décide de se tourner vers un partenaire chinois, le constructeur français conserverait le fonctionnement prévu avec Valeo.

Le futur moteur E7A existe déjà, mais il poursuit sa mise au point
Le moteur serait ainsi toujours assemblé en France, probablement à Cléon, l’entreprise franco-italienne STMicro fournirait l’électronique de puissance en 800V et le refroidissement, Renault produirait le rotor, tandis que le partenaire chinois fournirait le stator ou tout moins, des éléments du stator qui pourrait aussi finalement être produit en France.
Du côté d’Ampère, la filiale de Renault dédiée aux voitures électriques, l’information n’est pas démentie : "Un partenaire chinois est une possibilité" tout en indiquant que rien n’est défini à l’heure actuelle. Autrement dit, cela semble quasiment fait, sans quoi, Ampère aurait apporté un démenti total.
Valeo change son fusil d’épaule
Forcément pour Valeo, si cette information était confirmée, ce serait un coup dur. Pour le moment, le court de l’action de l’équipementier reste stable, preuve que cela ne perturbe pas plus que cela les marchés, après une hausse de +25% en un mois. En attendant, le français s’est visiblement tourné vers l’allemand Mahle pour poursuivre le développement de son moteur baptisé “iBEE”, avec une commercialisation prévue pour 2028.