Le stationnement en France, un enjeux à plus d'un milliard d'euros
Depuis 2018, les amendes de stationnement ont été déléguées aux municipalités, qui ont vu là, un excellent moyen de faire entrer de nouvelles recettes fiscales, et ce, à plus d’un titre. En effet, en passant de plus en plus de places gratuites, en stationnement payant, les villes ont pu à la fois augmenter les revenus directs des stationnements, mais aussi, et c’est mathématique, ceux liés aux amendes, ou plutôt aux FPS (Forfait Post Stationnement).
De nombreuses grandes villes ont également mis en place ces fameuses “sulfateuses à PV” grâce à la reconnaissance automatique des plaques comme à Paris ou à Aix en Provence notamment. D’autres villes, spécialement sur la côte d’Azur, utilisent les nombreuses caméras mises en place initialement pour assurer la sécurité des citoyens, pour verbaliser à distance. Un véritable diktat, qui flique en temps réel les usagers, qui a permis de récupérer des sommes considérables.
En prime, les villes sont désormais libres de fixer elles-mêmes le FPS (Forfait Post Stationnement). Ainsi, selon L’Argus, en 2024 le nombre de FPS a augmenté de 20%, pour atteindre plus de 16 millions d’avis dressés, dépassant largement les 14 millions de PV collectés par les radars automatiques.
Supprimer les places de stationnement, une excellente opération financière
La suppression des places de parking est aussi une opération très lucrative, puisqu’en rendant le stationnement impossible alors que le nombre de voitures ne baisse pas, les usagers n’ont pas tellement le choix que de se stationner quand même. Ainsi, les PV pour stationnement interdit a représenté 6 millions de contraventions en 2024.
Au total, l’Argus avance que ce sont plus de 43,88 millions d’amendes qui ont été dressées en 2024 (en hausse de 200 000), dont plus de la moitié sont liés au stationnement. Les fameux FPS (défaut ou insuffisance de paiement) auraient représenté un gain de 437 millions d’euros en 2024, tandis que le stationnement aurait rapporté près de 570 millions d’euros. Le total culmine ainsi à plus d’un milliard d’euros.
Vous l’aurez compris, en dehors de toute considération écologique ou de mobilité au sens large que l’on entend toute la journée sur les ondes et à la télévision, le stationnement est surtout un véritable enjeu de recettes fiscales, principalement dans les moyennes et grandes villes.
Les automobilistes peuvent agir à leur niveau
Véritables vaches à lait qui ploient sous le poids des taxes, notamment sur le carburant et les assurances, ou encore les normes qui font exposer le prix des voitures, les automobilistes ne sont pourtant pas condamnés à courber éternellement l'échine face à leurs élus qui voient là une excellente façon de récupérer de l’argent pour combler (pour certains) leurs folies des grandeurs ou leurs dépenses inutiles.
Le vote est bien sûr le moyen le plus évident de faire connaitre son mécontentement, mais si celui-ci ne suffit pas, les usagers, via leur action, ont aussi un énorme pouvoir, souvent sous-estimé.
En désertant les centres-villes, les automobilistes feront comprendre aux municipalités qu’il est temps de faire machine arrière et de stopper cette politique mortifère. Nombreux seront les élus à préférer accuser les grandes surfaces ou encore le géant Amazon de tuer les petits commerçants, tout en se voilant la face sur leurs propres décisions, en déplorant la mort des centres-villes.
Seulement voilà, une fois que ces centre-villes auront été vidés, il sera probablement trop tard pour faire machine arrière.