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Rétrospective de l'accord

Rétrospective de l'accord

Pendant l'été 98, l'année de la victoire à la coupe du monde de football, une rumeur annonce qu'un constructeur français et un japonais projettent de s'unir, sans plus de détails...


Quelques mois plus tard, on apprend que Nissan qui est le second constructeur Nippon, en proie à d'importantes difficultés financières est prêt à se faire racheter par un concurrent. En fait, à la base, ce n'est pas un concurrent qui " vise " Nissan, mais plusieurs avec en autres, Daimler-Chrysler et... Renault.

Le rapprochement Renault-Nissan remonte en fait au mois de…Juin 97. A l'époque, les ventes de 4X4 cartonnent en Europe. Renault, absent de ce marché songe alors à fabriquer un modèle tout-terrain. Mais, faire ce style de véhicule seul, ne serait pas rentable.

Patrick Faure, l'ancien PDG de Renault Sport, décide alors d'équiper un véhicule existant avec une transmission intégrale. Cette transmission intégrale, devra être acheté à la concurrence, afin d'avoir une rentabilité maximum. Pour cela, il faut trouver un spécialiste du domaine.
Subaru, petit constructeur japonais en est un. Mais, la petite marque ne peut pas prendre de décisions sans en référer à son actionnaire principal……Nissan, même si ce dernier ne possède que 4% de son capital, est décisionnaire dans toutes les questions liées à l'automobile.

Nissan refuse de vendre des pièces comme le ferait un simple fournisseur. Par contre, il préfèrerait un partenariat, ou plus... si affinité. Là, on tient un scoop ! Nissan serait donc prêt à laisser entrer un actionnaire étranger dans son capital. Pour une marque qui est le second constructeur automobile du pays, c'est une chance à ne pas laisser passer.

Surtout vu le protectionnisme des japonais et Nissan en particulier, cela aurait été jusqu'à présent impensable. Mais Renault, à l'époque a d'autres soucis. Même s'il sort d'une année très faste, le constructeur français doit d'abord réduire ses coûts. De plus, Nissan est surendetté.

Six mois passent, et en Janvier 98, Jurgen Schrempp, le PDG de Daimler-Chrysler se voit proposer par Hawana, son homologue de chez Nissan, d'entrer dans le capital de Nissan Diesel. Il précise que Renault est aussi sur le coup. Quelques heures plus tard, il rencontre des dirigeants de Renault auxquels il ne propose que la branche automobile. De retour à Paris, les émissaires de Renault font leur compte rendu à Louis Schweitzer,qui décide de laisser tomber. Il sait que Nissan est très déficitaire, et que Hawana cherche un partenaire pour " éponger " les dettes. Il doute des chiffres donnés par Nissan concernant l'endettement de la marque Nippone.

Et en effet, les chiffres sont tout autres : plus de 200 milliards de francs, dont 80 pour la branche camion. Mais, Renault réalise cette année là de très bons chiffres, et la réduction des coûts est réussie avec 8 milliards de bénéfices.

Changement de camp 
Renault ayant abandonné, ce sont les allemands qui seraient sur le point de racheter Nissan. Mais le MITI (Ministère japonais du Commerce international et de l'Industrie) refuse l'offre, après avoir apprit " qu'une fois signé, il faudra faire le grand ménage".

Renault revient alors à la charge, les mois passent, les offres aussi et le 16 Mars 99, le monde de l'économie automobile s'agite. Renault envisagerait de prendre 35% du capital de Nissan, pour un montant de 4.88 à 5.3milliards d'€ (soit 30 à 35 milliards de Francs). Le porte parole de Nissan déclare à la presse " Ayant accueilli de manière positive la proposition de Renault, nous avons décidé de négocier exclusivement avec le constructeur français."

La négociation porte sur la branche voitures de Nissan, mais aussi sa filiale poids lourds, Nissan Diesel, dont Renault pourrait prendre 22 à 23%.

Le président de Nissan espère parvenir à un accord définitif avant le 31 du même mois.

35% du capital
L'objectif principal consiste à rester sous la barre des 40% pour ne pas avoir à assumer les dettes du constructeur qui s'élèvent à la colossale somme de 19 milliards d'€ (soit 124.6 milliards de Francs).

Même avec " seulement " 35%, Renault disposerait d'un poids suffisant pour exiger des postes importants à la tête de Nissan. Carlos Ghosn, l'un des principaux acteurs du redressement effectué par Renault, et numéro 2 de la marque, sera dans un premier temps, Diecteur Général avant devenir en 2000 le véritable maître à bord.

Afin de réduire une partie des dettes de Nissan, et de rendre le constructeur bénéficiaire le plus vite possible, une réduction des coûts est indispensable. Cela passe par la production commune de modèles, de plates formes, de moteurs, boites de vitesses, mais aussi par fermer des usines, vendre des partenaires, abandonner des activités,…

A l'époque, Nissan fonctionnait lors des négociations avec 27 plates formes, contre 5 chez Renault.
La réduction des coût passera donc dans un premier temps à réduire ce nombre de plates formes impressionnant.

Intérêts d'une telle alliance
Renault et Nissan possèdent une complémentarité évidente, tant sur le plan géographique qu'industriel. Sur le premier point, Renault est totalement absent du marché américain et mexicain. Or Nissan y est très bien implanté, de même pour le marché asiatique.

Sur le plan technique et industriel, Nissan possède de très bons moteurs comme un V8, chose que Renault ne possède pas. Nissan produit des 4X4, des pick-Up,…Renault non.

Suite de l'accord
Le 25 Juin 99, Carlos Ghosn, numéro 2 de Renault est nommé COO et membre du conseil d'administration de Nissan. Le 18 octobre, le Nissan Revival Plan est annoncé. Le 9 décembre, Renault annonce son retour au Méxique. Alors que les ventes mondiales de Nissan ont connus une croissance de 4%, Nissan affiche un resultat net record de 331 M JPY, lui permettant ainsi de revenir à la rentabilité.

Le NRP est en avance de 2 ans sur ses objectifs. Le 20 Juin 2000, Carlos Goshn est nommé Président and COO de Nissan. Ancien numéro 2 de Renault, il y est remplacé chez Renault par Pierre Alain de Smedt (à droite), ancien n°1 de Seat.

Quelques coopérations
Les volumes d'éléments communs génèrent d'importantes économies d'échelle dans le domaine des achats. Pour maximiser ces économies, Renault et Nissan ont créé en avril 2001 la première société de l'Alliance : RNPO (Renault-Nissan Purchasing Organization), une société d'achats commune détenue à parité.

Elle doit couvrir 70% des achats des deux groupes et réduire une facture combinée s'élevant jusque là à 50 mds US$ (44,85 mds euros). Selon le projet de renforcement de l'Alliance, RNPO sera rattachée à la future entité Renault-Nissan BV.

Coopérations industrielles et commerciales

Renault revient sur le marché mexicain avec Scénic, puis Clio, montés dans deux usines de Nissan. Renault produira également le nouveau Trafic dans l'usine Nissan de Barcelone (Espagne) et Nissan le pick-up Frontier dans la nouvelle usine de véhicules utilitaires de Renault à Curitiba (Brésil).

Nissan appuie le retour commercial de Renault en Australie, au Japon et, plus récemment, en Indonésie. Renault épaule également le développement de Nissan sur le marché européen où l'Alliance vise une part de marché de 15% en 2005.

Distribution commune en Europe

Après la reprise par Renault de toutes les filiales financières de Nissan en Europe, une organisation commune de distribution se déploie en Europe à travers avec une stratégie de concentration des affaires. Les marques et leurs services associés resteront clairement distincts pour le client. Cette organisation doit donner un avantage compétitif à l'Alliance face à l'arrivée en Europe, dès 2002, de nouveaux acteurs dans ce secteur de la distribution.

Informatique commune

L'harmonisation des systèmes informatiques des deux groupes à l'échelle monde est un élément essentiel de l'efficacité de l'Alliance. Un système commun était créé en septembre 2001 : RNIO (Renault Nissan IS/IT Office).

Autres projets
Dans le domaine des produits et des organes, 8 autres plateformes avec un niveau élevé d'éléments communs doivent être lancées d'ici 2010. Ainsi que 8 familles de moteurs et 7 de transmissions. Pour être la plus performante possible en termes de qualité-coûts-délais-management, la production croisée de produits de l'un dans les installations de l'autre exige des systèmes fluides et compatibles. Renault et Nissan travaillent à la fusion prochaine de leurs process de fabrication et méthodes de production.

Plates formes communes
La nouvelle Micra a inaugurée une nouvelle plate forme commune, qui servira également à Clio III, Twingo II, ainsi que Clio Monospace, futur Kangoo,...

De même, Renault à "donné" à Nissan, l'étude des futurs moteurs essence, préférant se consacrer aux motorisations Diesel. De même, Renault et Nissan produisent ensemble les boîtes de vitesse,...

Enfin, les utilitaires Renault sont désormais vendus sous la marque Nissan (le trafic est rebaptisé Primastar par exemple...).



 

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