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Alpine Story

Alpine Story

L' histoire d'Alpine est celle d'un seul homme: Jean Rédelé. Agé de 30 ans à l'époque, visionnaire hors norme, et pilote diabolique, il rêve de donner à la France une voiture capable de briller en compétition.

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Il est concessionnaire Renault à Dieppe depuis 6 ans, et connaît par cœur une des seules voitures qu'il vend: la 4CV. De plus, il parcourt avec elle 100 000 Km/ans, dans la semaine comme véhicule de fonction, et le week-end en loisir il la pilote avec son ami Pons.

Sa maniabilité extraordinaire et son moteur diabolique facilement "gonflable" en font une superbe voiture à piloter. Il impose sa 1063 plusieurs fois dans sa catégorie aux Mile Miles en 1952, 1953, 1954 au Liege-Rome-Liège et lors de la coupe des Alpes en 1954.

Mais au volant de sa 1063, il ne parvient pas à dépasser 145 Km/H et ce malgré un moteur poussé à plus de 40CV contre 20CV au modèle original, et une boite de vitesses à 5 rapports qu'il vient d'inventer.Ce manque de vitesse de pointe vient du manque d'aérodynamisme de la voiture.

Les débuts d'Alpine La Rédelé Spéciale

Déjà il imagine un petit coupé profilé et performant, construit sur la base d'une 4CV. Comme les affaires marchent bien, il l'a fait dessiner par un Italien: Michelotti. Elle sera fabriquée en Italie chez Allemano. Avec ce petit coupé élégant baptisé "Rédelé Spécial", il sillonne avec succès les Rallyes. Plus le temps passe, et plus il pense à produire une petite série de ce coupé sportif. Il rencontre les frères Chappe et Chessalin qui savent maîtriser les composites.

Ce nouveau matériaux (utilisé sur l'Espace) permet de baisser les coûts pour une petite production, car l'outillage est moins important que pour la tôle. Un petit coupé est présenté au salon de Paris en 1955 sous le nom de " Alpine Mille Miles" en souvenir à ses victoires dans les rallyes précédent et au Mille Miles. La grande Régie Renault voit avec une certaine méfiance naître une marque sportive, empruntant tous les éléments mécaniques à la 4CV. Une demande est écrite à Rédelé pour qu'il enlève le nom de Renault au catalogue de Alpine.

La première Berlinette: " Tour de France"

Cette Alpine est toujours un petit coupé sur base 4CV, avec une carrosserie polyester rigide (caisse plastique réalisée par les frères Chappe, carrossiers installés à l'époque à St-Maur), et nue aérodynamique améliorée, animée par un moteur de 750 cm³ ( 21 ch.). Cela permet à la voiture d'atteindre les 115 Km/h, contre 100 Km/h au modèle de série. Fabriqué en petite série à partir de Janvier 1955 et baptisé A106, ce coach est proposé à 825 000 F ( soit 90 000 F environ).

En option, elle peut recevoir le moteur "Type 1063" de 45 ch., boite de vitesse spéciale à 5 rapports, et suspensions spéciales surbaissées. Tous cela permet d'atteindre les 155 Km/h, une vitesse inimaginable à l'époque ( il y a plus de 40 ans) pour un 750 cm³. Pour faire connaître cette nouvelle Alpine, Rédelé doit l'engager en rallyes.

Alpine A106

En effet, dès 1956, la sortie de la Dauphine, avec son moteur plus puissant va permettre d'augmenter la puissance des petites Alpines. Les versions les plus musclées, riches de 65 ch. de 1000cm³, friseront les 180 Km/h. Elles vont remporter de nombreuses victoires grâce à des pilotes très acrobates. Jean Rédelé va élargir sa gamme en 1958 avec un cabriolet plus ludique dessiné par Michelotti, qui sera remodélé en 1960 avec l'adoption d'une face avant plus profilée. En 1959, un coupé 2 places apparaît. Il utilise la carrosserie du cabriolet et suit l'évolution de ce dernier, en recevant lui aussi une face avant profilée.

En 1960, Alpine sort un coupé 2+2, qui possède une ligne très personnelle et un peu bizarre, où les formes courbes et anguleuses se côtoient. Il sera remplacé à peine 2 ans plus tard ( 1962) par le coupé GT4, qui est un modèle plus homogène et plus vaste; il offre 4 vraies places. Le coupé GT4 existe au début en type A108 ( sorti en 1960, voir ci après), avec les moteurs 3 paliers 850 ou 904 de la Dauphine Gordini, puis en Type A110 avec les moteurs 5 paliers 950 ou 1.100 des R8 ou Floride S.

La face avant profilée des cabriolets Alpine de 1960, du coupé 2 places, est aussi celle de la Berlinette A108 présenté cette même année, 1960. Abandonnant la base 4CV. Jean Rédelé a enfin trouvé la voiture de ses rêves: Elle est pure, racée, basse, légère, et belle.

A108

Grâce à sa structure, la Berlinette ne nécessite pas beaucoup d'investissements. Pour s'autofinancer, il a l'idée de vendre les droits de licence de fabrication à l'étranger, ce qui pour l'époque est une attitude visionnaire. Il va ainsi disposer de moyens assez conséquents. Des milliers de Berlinette naissent aux quatre coins du monde: Brésil, Mexique, Espagne, Bulgarie....

Cette voiture, grâce à son implantation mécanique est très rapide dès que la route est sinueuse, mais elle exige, que les pilotes aient une conduite en finesse. Beaucoup y laisseront des plumes. Cette A108 servira de base à la très célèbre Tour de France A110, qui fera la renommée d'Alpine et qui sortira 2 ans plus tard.

Les premières grandes victoires

Alpine A110 BerlinetteLe futur de la Berlinette est étroitement lié à celui de Renault et la sortie de nouveaux modèles. En effet, grâce tout d'abord à la 4 CV, puis la Dauphine, les Alpines s'améliorent. Ainsi, avec la sortie de la R8, remplaçante de la Dauphine, Alpine va pouvoir se battre avec "les grands". La R8 dispose d'un moteur à 5 paliers, supportant mieux la puissance, d'une boite de vitesse plus généreuse , de freins à disques, de meilleures suspensions,...

Tous ces organes vont être implantés dans l' Alpine. Grâce au moteur Gordini 1300 de 130 ch., l' Alpine va viser dorénavant la victoire générale et non plus la victoire dans sa catégorie. Ainsi, dès 1966, elle s'impose grâce à de jeunes pilotes ayant pour noms Thérier, Nicolas, Darniche, Andruet, Piot et Larrousse. La Berlinette 1300, devient la voiture sportive française qui va faire rêver toute une génération, d'autant plus que son prix élevé, sa conduite très exigeante, et son habitacle exiguë n'en fait pas la voiture de tout le monde. Pendant ce temps, Jean Rédelé s'engage dans d'autres disciplines Automobile, car d'expérience, il sait que la compétition représente une publicité idéale.

En dehors des rallyes, où Alpine devient la voiture à battre, il est présent sur la piste en monoplace comme en prototype car il peut utiliser des mécaniques développées par Renault et Gordini. Au départ, Alpine n'a pas le droit au moteur d"usine, puis il est placé en concurrence avec l'écurie de René Bonnet.

Mais quand cette dernière cesse ses activités fin 1964, Alpine est la seule marque à hériter de ces mécaniques. Il faudra attendre 1967 pour que Renault demande d'apposer le losange sur les Alpines. Quand une Alpine gagne, c'est une Renault; Quand elle perd, c'est une Alpine.

En monoplace, comme en F3 ou en F2, malgré de grands succès, les alpines ne font pas d'étincelles, victimes d'un moteur insuffisant. Cependant, en Prototype, grâce à l'aérodynamicien de génie qu'est Marcel Hubert, les Alpines réalisent de nombreux exploits malgré leurs petits moteurs de 1300 Cm³ contre les Ford de 7 litres.
Dans les virages, les prototypes bleus A210 sont plus rapide que les grosses Ford. Elles se forgent ainsi un solide palmarès, et ces résultats forcent la firme Dieppoise à viser plus haut. Gordini élabore un V8 de 3l de cylindrée, mais ce moteur réalisé pour Renault est en retard par rapport à la concurrence et empêche ainsi Alpine de développer son programme F1.

A cause des mauvais résultats réalisés par Alpine en 1968 et 1969, on décide alors d'arrêter le programme piste en 1970. Il aura quand même permis de révéler des pilotes jeunes et talentueux comme Jabouille, Larrousse, Dépailler... Alpine n'avait pas les moyens d'être présent sur tous les fronts, contrairement à Matra, qui touchait de l'argent par le biais de l' État pour construire son moteur V12.

Mais, dans les rallyes, Alpine devenait une référence grâce à l'A110 Berlinette même avec son moteur en retard face aux Porsche 911, l'allemande étant sa plus sérieuse concurrente. Quand les Porsche avaient un 2L, les Alpine avaient un 1300 et quand cette dernière hérita du 1600 de la R16 en 1970, Porsche eu un 2.5 L, et pour finir, quand Mignotet, réussi l'exploit de tirer 1860 Cm³ du bloc français, la marque Allemande répliqua avec un 2.7 L, puis un 3 Litres..

Les Alpines Renault compensent leur manque de puissance ( 170 ch. contre près de 300 ch. pour les Porsche) par leur grande maniabilité. Pour gagner avec une Alpine, il fallait savoir piloter, contrôler les glissades, et figures techniques. Les funambules avaient pour nom Nicolas, Thérrier, Darniche, ou Andruet... Tous ces pilotes ont permis à Alpine de remporter le titre mondial en 1973.

Objectif: Faire d'Alpine la " Porsche française"

Depuis longtemps, Rédelé cherche à développer son entreprise. En 15 années, la marque Alpine s'est construite une réputation mondiale. Pour tous, Alpine symbolise le luxe . Mais pour la développer comme il faut, Rédelé doit trouver des fonds et des partenaires, car il n'est que client de Renault. Revers de la médaille, la régie n'a pas son mot à dire quand à l'orientation que prend Alpine, ni même sur le choix des pilotes: c'est Rédelé le chef.

Déjà, ce dernier a reçu des appels de la parts de nombreux constructeurs étrangers ( japonais et américains) qui souhaitent s'associer ou racheter son affaire. Mais il tient à rester fidèle à Renault et à conserver la marque qu'il a créé de toutes pièces. Alpine c'est français et ça le restera! Il sait aussi que la A110 Berlinette animée du moteur 1600 est une voiture très sportive et très pointue qui n'intéresse qu'une très petite minorité de personne. Pour séduire un large public, il lui faut un coupé grand tourisme plus vaste, genre Porsche.

A la fin de années 60, il met en travaux le projet d'un coupé 2+2 qui sera baptisé A310. Renault à l'époque ne dispose pas de moteur plus gros que le 1600 Cm³ de la Berlinette: Un peu juste pour la voiture emblématique qui devra aller concurrencer la Porsche 911....

 

Renault au contrôle d'Alpine

Jean Rédelé sent que l'avenir de la voiture sportive, déjà victime vers 1970 des limitations de vitesses, est devenue peu à peu obscur. Dans son usine de Dieppe, une petite voiture urbaine monospace (déjà!) sur la plate forme de la 4L est étudiée. Le moteur est placé à l'arrière même si la propulsion est à l'avant. Il demande alors des fonds aux pouvoirs publiques qui refusent avec comme prétexte que les centres-villes leurs seront prochainement interdits et donc par conséquent, la petite voiture n'a pas d'avenir. La sculpturale de la future Alpine ( A310) est présentée au salon de Genève 1971. Ses formes élégantes et épurées, ses superbes suspensions à 4 roues indépendantes, sa superbe présentation cossue, et ses 2+2 places en font une voiture dont tout le monde rêve.

Mais pour un 1600 Cm³ de 125 Ch., le prix de 44 800 Francs est un peu élevé pour les clients. Même si son Cx très performant lui donne une vitesse très haute, sa mécanique manque de noblesse pour "frimer", chose à laquelle la voiture est aussi destinée. Grâce à l'accueil positif que lui a réservé le public, J.Rédelé espère passer la vitesse supérieure en production, soit à une dizaine de voitures par jours. Alpine emploie alors plus de 700 personnes.

Malgré qu'il n'y ait pas de syndicats dans l'entreprise, une grève très dure paralyse l'entreprise début 1972. L'usine qui a beaucoup investit pour la A310, est mise en péril. Cette grève démontre la fragilité financière de ce petit constructeur qui entretient seulement des rapports courtois avec Renault, même si Pierre Dreyfus, le PDG de Renault et futur ministre reconnaît qu'Alpine a beaucoup fait pour l'image de Renault dans le monde: " Alpine, c'est Renault; Renault c'est Alpine."

A cette époque, Dreyfus demande à Rédelé de rentrer dans le capital de la marque Dieppoise. Ébranlé par les événement qu'il vient de subir, Rédelé accepte à condition que les emplois de ses ouvriers soient garantis pendant au moins 15 ans. Dreyfus le lui promet, et il tiendra parole. Aujourd'hui d'ailleurs l'usine produit des Espace (certes, plus pour longtemps), produisait des Spider, et produit encore les Clio V6 Trophy.

Jean Rédelé quitte SON entreprise, l'œuvre de toute une vie

Même si Rédelé reste au pouvoir avec la prise de capital d' Alpine par Renault, il se rend très vite compte qu'il n'est plus le seul maître à bord. En 1978, il cède ses parts et quitte son entreprise, le cœur déchiré: " Pendant deux ans, je n'ai pas eu le courage de revenir à l'entreprise. C'était trop fort." dira t-il par la suite.

La grande aventure Alpine ne s'est pas achevée avec le départ de son fabuleux créateur. La Régie a été fidèle à sa promesse et même pendant la crise pétrolière de 1974, très difficile à vivre pour les petits constructeurs comme Alpine, Renault assure le travail du personnel en lui donnant à fabriquer des R5 Alpine, l'Espace et le Spider Renault dernièrement. Mais Renault a fait vivre Alpine plus par raison que par passion: L 'Alpine A310 a patienté 5 ans avant d'avoir enfin le droit au V6 et n'a quasiment pas évoluée, ou si peu jusqu'à son remplacement en 1985 par la GTA. Il vrai aussi que Renault était au bord du gouffre pendant ces années, et que donc par conséquent, la Régie devait se consacrer à des marchés plus rentables comme celui de la citadine.

La fin d'une grande aventure automobile et la fin de LA marque sportive française: ALPINE

Alpine A610

En 1991, Renault sort la dernière Alpine: l 'A610, destinée à concurrencer certaines Porsche ou Ferrari, grâce à son V6 Turbocompréssé de 250 Ch.

Mais en France ce marché n'est pas très porteur et à l'étranger, le nom d'Alpine ne correspondait plus vraiment à cette image que la marque avait du temps ou elle était présente en compétition ( Alpine s'était retirée à la fin des anées 70 avec l 'A310 V6 couverte de lauriers) : Jean Rédelé l'avait bien compris: Il est difficile de vendre une sportive dont le nom n'est plus associé à un palmarès. Mais la course coûte très cher, et encore une fois, Renault n'avait alors pas les moyens.

De plus, à cause de la mécanique qui avait un temps de retard sur l 'A310, la marque s'était faite un peu oublié.

En 1995, Renault annonce la fin d'Alpine, 40 ans après ses débuts.

Malgré une image vieillissante, Alpine continue de faire rêver, surtout en France. Depuis l'arrêt de la marque, on n'a de cesse de vouloir -à travers les médias- relancer Alpine.

Le rêve devient réalité, Alpine revient
Depuis la fin de la marque, la division Renault Sport n'a pas cessé de se développer. De nombreux modèles, devenus des références sont ainsi sorties des usines Renault, voire, de l'usine Alpine Renault de Dieppe. Spider, Clio II RS, Clio II V6, Clio III RS, Clio 4 RS, Mégane II RS, Mégane III RS, Twingo RS,...

Face à une attente très forte, et grâce à l'action du directeur général de Renault fraîchement nommé, Carlos Tavares, la renaissance de la marque Alpine est annoncée en 2012. Le premier modèle sortira vers 2015. Après de nombreux déboires et projets avortés pendant près de 20 ans, le rêve redevient réalité.





 

 

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