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Par Loic FERRIERE (photos Renault/ le 25/08/2003
Dernière mise à jour le 25/08/2008
 
Les débuts du V10 Atmo (89-91)

Les débuts du V10 Atmo (89-91)

Après plus de deux ans à l'écart des grands prix, Renault fait son grand retour sur les circuits. Et pour son grand retour, Renault choisit le team Williams. Dès les premiers essais, le moteur paraît très performant face à la concurrence !


1989: Une première année, LA révelation


Lors du premier grand Prix de la saison 1989, B. Dudot fait taire tous les détracteurs : « Je suis résolument tourné vers l’avenir et notre objectif est clairement défini : nous revenons pour gagner ». Le ton est donné!

Et ce n'était pas du vent ! Dès les premières courses, le tandem Williams-Renault va clairement montrer ses objectifs.

Initialement prévu pour être installé dans un châssis neuf, le moteur V10 Renault va continuer son apprentissage dans la Williams FW12B, modèle évolué de l'année précédente, avec une nouvelle boite de vitesse (carter en magnésium, procurant ainsi un poids moins élevé). Riccardo Patrese et Thierry Boutsen en seront les pilotes.

La FW12B

Lors de la première course, Riccardo Patrese va alors donner le ton au Brésilen se qualifiant en première ligne au coté d’Ayrton Senna et en prenant d’autorité la tête pendant 15 tours. Il abandonnera cependant suite à des problèmes d’arbres à came. Mais la performance est bien là !
Thierry Boutsen récoltera tout de même les premiers points de l’écurie en s’adjugeant la quatrième place.

Boutsen au Brésil

Dans les grands prix suivants, Riccardo Patrese va alors aligner trois deuxième places successives, prouvant ainsi la fiabilité mais surtout la compétitivité du nouveau binôme Williams-Renault (Mexique, États-Unis, Canada).
 

La consécration arrivera lors la course suivante, au Canada. Sur la piste détrempée de Montréal, Boutsen et Patrese vont se livrer à une furieuse empoignade derrière le leader Ayrton Senna. La bataille est rude entre les deux hommes. La délivrance arrive enfin à trois tours de l'arrivée lorsque le leader Ayrton Senna est contraint de se garer sur le bas coté de la piste.


La première victoire, et le premier doublé
 
Renault réalise alors sa première victoire, assortie de son premier doublé en prime, avec dans l'ordre, Boutsen et Patrese. En six course, Renault affole déjà les chronos, et se place à la seconde place du championnat derrière McLaren-Honda.

Pour le Grand Prix suivant en Italie, la FW13 va alors prendre la succession de la FW12B. Alors que sa devancière possède un avant pointue, la nouvelle monoplace est plutôt imposante de face, du fait, des attaches de suspension placée très haut et le renflement des réservoirs d'essence à l'entrée des pontons. Le gabarit et la prise d'air sont aussi imposants.


La FW13 et son "gros nez"

Pour la suite de la saison, Williams-Renault enchaînera les bonnes performances, avec une nouvelle victoire de Boutsen à Adelaïde sous une pluie battante.


A l'issue de la saison, Patrese, plus constant, terminera troisième au classement pilote et Boutsen, cinquième.
Du coté du constructeur, la nouvelle alliance affiche un bilan très honorable de deux victoires et la seconde position au championnat constructeur avec 77 points.

1990: Une année un peu décevante...

Pour sa seconde saison, le tandem ne fonctionnera pas si bien, la faute à une voiture limitée aérodynamiquement parlant. En début de saison, c'est toujours la voiture de la saison passée, et améliorée qui débute le championnat, la FW13B. Le moteur Renault RS02 a lui, était bien retravaillé.
Plus bas de 15 mm et plus court de 48 mm en raison de sa distribution entraînée non plus par des courroies crantées comme sur le RS1 mais par des cascades de pignons, il dispose de 20% de puissance en plus.


Le début de saison est satisfaisant, mais est un ton en dessous de la saison 1989 malgé tout.
Patrese remporte tout de même le grand prix de Saint Marin à Imola après avoir été longtemps bloqué en quatrième position. Lorsqu'il put revenir à la deuxième place, Berger, alors leader sur... MacLaren-Honda, est à plusieurs longueurs d'avance. Patrese hausse alors le ton et revient sur lui en quelques tours. Il n'en fera qu'une bouchée à l'accélération, bien aidé par le moteur RS2 Renault V10.
Ce sera l'un des seuls « coup » de l'année.
Boutsen, de son coté permettra tout de même à Williams Renault d'ajouter une autre victoire au palmarès en Hongrie.
Bilan de la saison: Williams Renault termine quatrième du championnat, avec 57 points.

1991 : A une roue prés...

Nigel Mansell

Cette nouvelle saison débute avec de sérieux espoirs.
Renault a désormais un peu plus d'expérience, Williams a appris de ses erreurs, le jeune et talentueux A.Newey s'est occupé de l'aéro de la voiture, l'excellent et explosif N.Mansell est revenu au bercail (parti quelques années plus tôt chez Ferrari où il manqua le titre de peu), le moteur RS3 a encore progressé, autant en souplesse, qu'en puissance et le nouveau châssis FW14 paraît bien plus affuté que le précédent.
Bref, l'équipe paraît prête à relever de nouveaux défis. Peut être pas le titre, mais au moins quelques victoires...

Pourtant, le début de saison fut assez laborieux pour l’ équipe franco-anglaise du fait, notamment de la mise au point de cette nouvelle boite de vitesse semi-automatique.
Après de nombreux abandons, c'est un peu avant la mi-saison que les Williams commencèrent à montrer tout leur potentiel, en écrasant la concurrence menée jusque là par les McLaren-Honda avec son pilote Ayrton Senna.

Un des nombreux duels Mansell-Senna

Ce dernier, déjà riche de quatre victoires, comporte cependant une solide avance au championnat qui sera difficile à rattraper.

Pour preuve du manque de fiabilité, et de la dose de malchance de Mansell, lors du cinquième grand prix, Mansell avait course gagné jusqu’au dernier tour où sa boite se bloqua. Il laissa ainsi la victoire à N. piquet sur une Benetton.

Quinze jour plus tard, le programme de gestion électronique de la boite de vitesse fut changé et les deux pilotes remportèrent un doublé à Mexico. Patrese finissant premier et Mansell second.
Mansell prit sa revanche les trois épreuves suivantes ou il s'adjugea la victoire majistralement, tout à la manière de Mansell, enfreint de fougue et de Maestria. Tout le monde se souvient de la fabuleuse empoignade à 300 km/h entre Senna et Mansell au grand prix de Barcelone ou Mansell aura le cœur plus gros et finira après un freinage appuyé, par passer Senna.

Il fut particulièrement impressionnant dans son jardin à Silverstone ou il réalisa le meilleur temps de toutes les séances d'essais, gagna la course et signa le record du tour.  Après l'arrivée, la McLaren de Senna ayant décidé de stopper, Mansell le prendra en "stop". L'image fera le tour du monde.

 

Fort de ses dernières victoires d'affilées, au soir du grand prix d’Allemagne, Mansell n’était plus qu’a 8 points de Senna et Williams-Renault était en tête du championnat des constructeurs avec un point d’avance sur McLaren-Honda.

Pour la première fois, les ex-intouchables McLaren était dépassé par une autre écurie : Williams-Renault. La suite ne pouvait pas être plus belle, tant les FW14 dominaient les McLaren MP4/6.
En Hongrie, les deux Williams-Renault terminaient deuxième et troisième derrière la McLaren de Senna.
En Belgique, un énième problème de boite obligea Mansell à abandonner et à laisser filer la victoire à Senna.
En Italie, Mansell redresse la barre et remporte la victoire.

L’ultime chance pour Mansell d’être champion était de s’imposer lors du grand prix du Portugal. Mansell était en tète lorsqu’il s’arrêta au arrêt aux stand pour changer ses pneus. A son retour sur la piste, l'invraisemblable se produit : la roue arrière de sa voiture se détache et... double le pauvre Mansell qui venait de perdre tous ses espoirs de titre.


Il s'avère que la roue avait était mal refixée par l’un de ses mécanos, soucieux de faire gagner de précieuses secondes au stand...

R. Patrese remportera tout de même la victoire preuve de la compétitivité de la voiture, mais ce n’était plus la joie chez Williams-Renault. Une erreur stupide venait de leur coûter la victoire et le titre.

Mansell gagna quand même le grand prix suivant en Espagne ce qui porta son compteur à cinq victoires pendant l’année. Au japon, Senna s’imposa sur les terres de son motoriste, Honda.

Au final, Senna et McLaren-Honda furent ainsi champion du monde en 1991.
7 victoires, 16 podiums, vice champion du monde sera le bilan -très positif- de Mansell, Patrese et Williams-Renault.

Williams et Mansell attendront donc l'année suivante pour vraincre. Pour Renault, ce sera le premier titre d'une série de 6 titres consécutifs jusqu'en 97, date de leur second retrait de la Formule 1.



 

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