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La 12CV dans les années 30

La 12CV dans les années 30

Il faut se souvenir des débuts de l'industrie automobile, l’époque des pionniers des audacieux et des perfectionnistes. La Renault 12 CV, délicatement carrossée par Kellner, illustre cette belle époque. Retour sur une Renault du début du siècle peu connue




La passion des jeunes générations pour les années 60, voire 70, a tendance à nous faire oublier les beautés ancestrales de l'automobile. Née au XIXe siècle, l'automobile a pris forme dès le début du XXe. Si, par facilité, nous avons tendance à nous passionner pour les pages les plus récentes de l'histoire de l'automobile, en s’enthousiasmant pour une Berlinette Alpine ou une R5 turbo, il ne faut pas perdre de vue les premiers chapitres de cette fabuleuse histoire, ceux qui furent écrits a l’orée de ce bouillonnant XXe siècle. L'entreprise des frères Renault fut l'une des actrices majeures de cette époque de découvertes. En dix années, elle a pris une ampleur industrielle phénoménale. De 1615 voitures produites en 1906, la production passa a 5100 exemplaires en 1910. La gamme ne cessa de s'étoffer, de s'élever vers le luxe, vers l’élitisme. Mais, très vite, un " juste milieu " s'imposa.

Au salon de l'automobile 1905, qui se tient bien sûr au grand palais, à Paris, Renault dévoile le châssis 10 CV, qui va connaître un succès croissant. Judicieusement positionné, ce modèle séduit aussitôt une clientèle bourgeoise, aisée et relativement large. Dès ces temps reculés de l'automobile et de sa démocratisation, la fidélisation de la clientèle est reconnue comme une donnée primordiale. Chaque année, Renault peaufine donc son produit. Pour le millésime 1909, la 10 CV évolue sous la forme de la 12CV, qui prend la référence AZ. Par rapport à la 10CV, la cylindrée a bien sur été augmentée: grâce au passage de la course de 75 mm à 80 mm, la cylindrée fait un bond de 2 120 cm³ à 2 410 cm³. La Renault12 CV est au cœur du catalogue. Ce n'est plus un modèle populaire mais ce n'est pas non plus une automobile inaccessible. Le châssis 12 chevaux a cependant droit à des carrosseries confectionnées sur mesure. La codification change pratiquement tous les ans: AZ en 1909, BZ en 1910, CB en 1911 et 1912 et DG en 1913 et 1914.

À la veille de la première guerre mondiale, la DG marque l'aboutissement de la lignée des 12CV, qui reprendra par ailleurs après l'armistice et ce jusqu'en 1923.

Nous sommes dans une période troublée. En avril 1911, Louis Renault a rencontré Henry Ford. Ses méthodes le fascinent. Le français rêve de transposer la fabrication à la chaîne dans ses usines de Billancourt. Il est également très impressionné par le système qui est imaginé par Frederick Winslow Taylor, mais l’application du taylorisme n'est pas accepté par les ouvriers de Renault et une grève éclate en février 1913. Elle durera plus d'un mois et demi. Dans ce climat de troubles qu’est née la 12CV DG. Sa mécanique a encore pris de l’embonpoint par rapport à la précédente génération de 12CV. La course du moteur 4 cylindres demeure figée à 80 mm mais l’alésage passe à 130 mm, ce qui permet à la cylindré de s’élever à 2610 cm³. Les puissances réels ne sont pas divulguées à l'époque mais on sait que la Renault 12CV atteint désormais les65 km/h au lieu des 60 Km/h précédemment. Des améliorations sont apportées à la transmission: l'arbre reliant l’embrayage et la boite de vitesse est désormais enfermé dans un carter afin de le protéger de la poussière. La boîte comporte dorénavant quatre vitesses au lieu de 3.


A cette époque, les innovations se précisent. La 12CV bénéficie d'un système d'éclairage très évolué tandis que des roues démontables (brevet Renaud) sont en option. La 12 CV est disponible sous deux formes: un châssis standard, avec l'empattement fixé à 3,06 m et un châssis plus long, mais aussi surbaissé sur 3,30 m d’empattement. Sur cette plate-forme, les longerons seront sont légèrement cintré juste devant l’axe des roues arrières. Cela permet d'abaisser le seuil des portes et d'optimiser ainsi l'accessibilité, notamment dans le cas des carrosseries fermées telle que dés coupés ou des landaulets.

Le coupé-limousine que l'on a sous les yeux a été établi sur un châssis surbaissé et cintré et il a été importé aux Etats-Unis par Renault Américan Selling-Branch. Propriété de la famille d'André Beaufort, concessionnaire Renault à Grenoble, ce modèle est l’œuvre du carrossier Kellner. La maison fut fondée en 1860 par Georges Kellner, un sellier d’origine autrichienne. Après avoir occupé plusieurs atelier à travers Paris, Georges Kellner se décida d'édifier une usine modèle, près de la porte Maillot, en 1873. Ses deux fils, Paul et Georges, furent associés dans l'affaire à partir de janvier 1983.

Progressivement, les ateliers glissèrent des attelages aux automobiles. En mars 1910, la raison sociale devint Kellner Frère successeur de Kellner et fils, Georges Kellner ayant passé le relais six ans avant de disparaître. La maison Kellner était spécialisée dans les carrosseries luxueuses et confortables. Avec sin exquise élégance héritée des véhicules hippomobiles, ce coupé-limousine, désuet et raffiné, apparaît comme un émouvant témoin d'un artisanat ancestral et oublié.



 

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