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Que risquent Renault et PSA en Iran ?

Le récent retrait des Etats-Unis de l’accord de Vienne sur le nucléaire iranien implique fortement certaines grandes entreprises françaises dont Renault et PSA. Pourtant, en y regardant de plus près, les risques sont plutôt limités.
Que risquent Renault et PSA en Iran ?
Par Loic FERRIERE le 13/05/2018

Concrètement, le volte-face des américains qui est tout sauf une surprise entraîne de facto le retour des sanctions économiques, et les menaces que fait peser le géant économique sur les entreprises qui ne suivraient pas ses règles.

Un risque de sanctions économiques contre Renault et PSA

Bien que l’Europe et la France en tête souhaite faire respecter l’accord, les USA veulent imposer leur vision. Pour cela, le pays de l’oncle Sam a pour principale arme des menaces envers les sociétés présentent sur son sol qui ne respecteraient pas leur décision.

Forcément, si au premier abord, Renault semble tranquille, en réalité, il n’en n’est rien puisque que l’Alliance, via Nissan notamment, est très implantée au USA. Des sanctions contre l’allié de Nissan serait une véritable catastrophe.

A l’inverse, pour PSA, le risque paraît faible, le groupe n’ayant pas ou quasiment pas d’intérêts économiques en dépit du rachat d’Opel au groupe... américain GM. Mieux, la Chine qui possède via DongFeng des actions de PSA ne compte pas suivre le président Trump, ce qui en fait un allié de poids. La situation entre les deux constructeurs est ainsi diamétralement opposée.

Les constructeurs français leaders en Iran

Aux côtés des risques de sanctions, les constructeurs français vont donc devoir faire la balance avec les espoirs que peuvent leur apporter le marché iranien vs la menace américaine. Là encore, la donne est totalement différente entre PSA et Renault.

Pour le premier, qui avait déjà du plier bagage en 2012 suite à l’entrée dans son capital de… GM avant de revenir en Iran en 2015, le marché a représenté 444 000 unités (+90%) via des partenaires locaux pour lesquels PSA commercialise surtout des « kits », soit une part de marché de 30 %, pour un investissement d’1 milliard d’euros sur 5 ans. Ce mode de fonctionnement rapporte au final assez peu puisque l’année dernière, les revenus de cette activité étaient inférieurs à 200 millions d’euros, et seulement 10 millions d’euros sur l’Ebit soit seulement 0,3% de l’Ebit groupe, bien que le volume écoulé représente 14 % du total du groupe. A l’inverse, les investissement récents risquent d’en souffrir.

Renault, qui est revenu en 2016 est plus modeste, avec 162 000 unités vendues (+49%) avec comme objectif de monter rapidement à 350 000 unités pour un investissement estimé à 660 millions d’euros.

Si Renault venait à se retirer, l’impact serait estimé à 40 millions d’euros sur l’Ebit selon un cabinet spécialisé, soit seulement 1 % du total.

Les jours qui viennent permettront de tirer les premiers enseignements puisque, selon Trump, les sociétés ont entre 90 et 180 jours pour se retirer du marché iranien avec la mise en place des sanctions. Si les constructeurs ont déjà du anticiper les risques, il va se jouer en coulisse un véritable jeu de négociations, politiques et économiques.

Pour autant, le risque pour les constructeurs français paraît ainsi plutôt faible. A l’inverse, ce sont surtout les espoirs qui pourraient en prendre un coup.

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