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Renault-Nissan veut encore accentuer les synergies

Après un montant total de 4 milliards d'euros de synergies estimées l'année dernière, C.Ghosn veut aller plus loin et récupérer encore 1,5 milliards d'ici 2018 en mutualisant encore d'autres domaines de compétences.
Renault-Nissan veut encore accentuer les synergies
Par le 09/03/2016

Ainsi après les services de ressources humaines, les achats et l'ingénierie, l'Alliance Renault - Nissan prévoit de faire converger les domaines portés sur la qualité, les ventes et marketing, la connectivité (et tout ce qui concerne les services connectés), ainsi que l’après-vente.

L'uniformisation du domaine qualité est rendu plus facile grâce au déploiement progressif de la plateforme modulaire CMF et de motorisations communes. Malgré tout, avec deux constructeurs aux cultures diamétralement opposées, la mise en place de process communs dans ce domaine n'est pas gagnée d'avance.

Plate-forme Renault CMFLa plate-forme commune CMF

Pour rappel, la plate-forme CMF pour Common Module Family consiste à utiliser une même base pour la majorité des véhicules (80% pour Renault d’ici 2022, 70% pour l’Alliance). A cette plate-forme, différents modules sont ensuite ajoutés, selon les segments (et notamment, CMF-B pour les Clio et Captur, CMF-C pour la gamme intermédiaire de Mégane, Kadjar, Scenic, CMF-D pour les véhicules du dessus tels que la Talisman).

En ayant une même base technique, il ne reste donc plus qu’à déployer une unique méthode afin de parler une “même langue”. Le terrain a été préparé, avec le remplacement programmé des standards Nissan (NMW pour Nissan Management Way) et Renault (SPR pour Système de production Renault) par un nouveau baptisé APW (Alliance Production Way) depuis la fin de l'année dernière jusqu'à 2017 « L’idée, c’est de bâtir des standards qui intègrent les meilleures pratiques de Renault et de Nissan » expliquait Thierry Bolloré, en septembre 2015, même s'il se dit, que APW est surtout issu des méthodes Nissan, souvent vantées pour leur efficacité. Cette méthode répertorie plus de 4 000 standards: tâches des opérateurs, peinture, usinage, montage moteur, aménagement intérieur, tout y est précisément décrit. 

Avec une telle méthode commune, chaque usine du groupe aura le même fonctionnement permettant ainsi de faciliter le production de modèles Renault ou Nissan dans chaque usine.

Ce programme est déjà en place dans les usines les plus modernes et récentes comme en Chine ou en Corée, ou encore en France à Flins, qui produit notamment la Zoé ainsi que quelques Clio et surtout dans quelques semaines, la Nissan Micra destinée aux marchés européens.

Il s’agit là d’une belle opportunité pour les usines françaises de récupérer une petite partie de la production de l’Alliance.

Pour l’Alliance, il s’agit également d’aller encore plus loin dans les rapprochements entre Renault et Nissan. Après les 4 milliards d’euros annoncés en 2017, ce plan, s’il réussit, permettrait d’atteindre 5,5 milliards d’euros dès 2018.

Si cela parait presque simple sur le papier, en réalité, il n’en n’est rien. Outre les aspects techniques et technologiques, il ne faut pas oublier non plus les problèmes de culture et d’égo comme le confirme un cadre de l’Alliance qui préfère rester anonyme:

« En se dotant de process qualités communs, on va pouvoir encore plus faciliter les productions communes. Mais c’est un sujet sensible en interne, avec des historiques de rappels, une certaine fierté chez les ingénieurs, et des cultures différentes ».

Un vrai challenge donc pour les différentes équipes présentes sur le terrain. 


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