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Le duo Lagayette-Bolloré pour remplacer C.Ghosn

Suite à l’affaire Ghosn qui secoue Renault et Nissan, le conseil d’administration de Renault s’est réuni hier afin de remplacer C.Ghosn le temps que la justice japonaise avance...
Le duo Lagayette-Bolloré pour remplacer C.Ghosn
Par le 21/11/2018

Le conseil d’administration a ainsi nommé l’administrateur réfèrent Philippe Lagayette au poste de président par intérim de Renault. Il prend ainsi la présidence non exécutive du constructeur.

De son côté, l’actuel N°2 (directeur général adjoint), Thierry Bolloré, appelé initialement à succéder à C.Ghosn, a été promu mandataire social et sera chargé de la direction opérationnelle.

Ces nominations ne le sont qu’à titre temporaire, C.Ghosn conservant tout de même pour le moment son poste de PDG en attendant d’avoir plus d’informations du côté du Japon.

Nissan prendra une décision demain

Chez Nissan, d’où l’affaire est sortie, le conseil va se réunir demain. Il est probable qu’il obtienne la tête de l’actuel président, tant la chasse aux sorcières semble évidente, notamment  de la part de l’ancien n°2 de Nissan, que Ghosn a lui-même placé aux commandes il y a quelques mois.

Quel avenir pour l’Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi ?

"Toutes les procédures de gouvernance sont opérationnelles, permettant au Groupe Renault de poursuivre le cours normal de son activité industrielle et commerciale", indique le constructeur.

Forcément, chez Renault on se veut rassurant, surtout devant les spéculations plus ou moins loufoques qui circulent et qui font le jeu de la bourse. En faisant tomber l’artisan de cette alliance inédite qui a permis d’atteindre la place de N°1 des constructeurs automobile, tous les regards se tournent désormais sur Renault et surtout Nissan.

C.Ghosn, pourtant pas en odeur de sainteté auprès des dirigeants français, a toujours été maintenu à la tête de Renault, car il se dit que lui seul pouvait maintenir l’équilibre actuel. Ghosn s’était notamment prononcé de nombreuses fois contre la présence de l’Etat français dans le constructeur français, conscient que cela posait problème aux japonais.

A de nombreuses occasions, Nissan a réclamé un rééquilibrage des forces en présence, autrement dit, de l'actionnariat. Mais c’est oublier un peu vite que c’est bien Renault qui est venu sauver Nissan de la faillite en 99, et non l’inverse. Renault détient d’ailleurs 43,4% du capital de Nissan, ce qui en fait le véritable propriétaire, tandis que Nissan ne détient que 15% de Renault, sans droit de vote.

La France voulait une fusion entre Renault et Nissan

Bien qu’il se soit longtemps refusé à cette idée, C.Ghosn travaillait pourtant ces derniers mois sur une fusion potentielle, poussée par le gouvernement français afin de s’assurer de la pérennité de l’alliance lorsque Carlos Ghosn aurait passé la main.

Lors du dernier renouvellement de son mandat, sa mission avait d'ailleurs été clairement indiquée par l'actionnaire majoritaire qu'est l'Etat français. Les fortes réticences de Nissan à ce sujet, pour ne pas dire plus, pourraient donc bien être l'une des explications de cette soudaine dénonciation.

Cette affaire qui éclate, visiblement avec des faits tangibles si l'on en croit la justice japonaise qui n'hésite pas à communiquer sur le sujet, semble donc hautement politique. Seul l'avenir nous dira ce qu'il en est réellement, mais une chose est sûre, elle va continuer à alimenter les journaux dans les jours et les semaines qui arrivent.


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