Accueil >  NEWS  >  NEWS  > 

Cyril Abiteboul: on a une usine vieillissante !

A l'occasion de la soirée de lancement du partenariat entre le Le Coq Sportif - Renault F1 à l'Atelier Renault la semaine dernière, Cyril Abiteboul nous a accordé une interview. En voici la première partie
Cyril Abiteboul: on a une usine vieillissante !
Par Loic FERRIERE le 26/02/2018

Planète Renault: Quels sont vos objectifs au classement final du championnat de monde

Cyril Abitebouil: "Cette année, on fait quelque chose de différent, c’est à dire que l’on se ne donne pas un objectif de classement. On est sur une trajectoire de progression, on a beaucoup progressé l’année dernière en passant de 9ème à 6ème. On avait une voiture qui était régulièrement plus compétitive encore. L’idée c’est de démontrer que cette progression peut continuer dans un championnat que je ne maîtrise pas, que je ne connais pas. J’ai l’impression que beaucoup de choses vont changer. On a Sauber qui sera très différent, Toro Rosso motorisé de façon très différente, qu’as fait Honda, je ne sais pas, McLaren va être beaucoup plus compétitif, qu’ont fait les trois « top team » ? On sait ce que l’on a fait, on ne sait pas ce qu’ont fait les autres. L’objectif, c’est d’avoir nos deux pilotes régulièrement voire tout le temps dans les points. C’est l’objectif N°1. Et puis après la suite, c’est d’avoir une voiture fiable et d’être exemplaire sur tous les aspects pour se rapprocher des plus grosses écuries".

PR: Vous avez annoncé avoir connu une hausse de 35 % des effectifs. Quelle est l’évolution prévue en ce sens cette année ?

CA: "On est 1200 si je compte large avec toutes les personnes qui sont mobilisées sur Renault Racing, incluant la F1, la FE, la compétition client et les partenaires Renault dont Mecachrome (100 personnes travaillant pour Renault). On s’est fixé de continuer à croître, plus raisonnablement, avec un point de 1 300 d’ici la fin de l’année. Ca fait encore une centaine de personne à aller chercher".

"On sait que l’on a une usine qui est vieillissante". Cyril Abiteboul à propos de l'usine moteur de Viry-Chatillon

 

PR: McLaren a déclaré que Renault avait pour lui le savoir-faire, mais que ses installations, comparées à Honda étaient bien moins modernes. Qu’est ce que cela vous inspire ?

CA: "Ça m’inspire que ce ne sont pas les installations qui font les performances, même s’il faut un minimum d’installations. On sait que l’on a une usine qui est vieillissante, on sait que l’on a peu investit pendant toute une période où on était juste motoriste et où on n’était pas très clair sur notre stratégie long terme. On est revenu en 2015 avec une priorité d’investissement sur Enstone compte tenu de l’enjeu. Enstone, c’est quasiment 10 années d’absence d’investissement. Ce n’est pas une critique, c’est juste un fait. Il fallait rattraper ce retard, mais maintenant il faut se pencher sur Viry-Chatillon et la moderniser. On va signer cette semaine -scoop- (donc la semaine dernière NDLR) le bail de location d’un bâtiment en face pour faire de nouveaux ateliers. Typiquement c’est quelque chose qui prend du temps. Le contrat je le signe cette semaine, le bâtiment sera disponible en 2019 pour peut-être faire des choses dans les atelier pour 2020. Les choses prennent du temps, mais ce n’est pas parce qu’elles prennent du temps qu’il ne faut pas les faire".

PR: Quelles sont les grosses nouveautés de la monoplace. Sur quelle partie avez vous particulièrement mis l’accent ?

CA: "Il y a deux accents un peu transverses et globaux, et des choses plus spécifiques. Un accent global, c’est la fiabilité, c’est partout ! Moteur, châssis, vraiment s’assurer que l’on est plus robuste. Le deuxieme élément, c’est essayer de refaire notre retard sur des choses qui ne se voient pas necessairement. Encore une fois, Enstone avait perdu le contact avec la F1 moderne, comme par exemple sur le packaging, sur les suspensions, sur le refroidissement,…

Renault RS18

Tout autant de chose qui ne se voit pas car c’est sous la robe de la mariée, de la voiture, mais ce sont des choses qu’il va falloir que l’on fasse bien fonctionner, et cela va être l’objectif n°1 de la semaine d’essai. Ce n’est pas d’aller chercher un chrono, mais c’est de s’assurer que tout fonctionne bien comme prévu. Puis après, ce sera la perfo, comme celle de l’aérodynamique, mais vous savez, on avait une aérodynamique qui était très très bonne l’année dernière, qui était très pointue, mais qui en fait ne fonctionnait pas sur tous les types de tracés. L’objectif n’est pas d’ajouter de l’aéro, mais déjà d’augmenter la fenêtre de fonctionnement de l’aérodynamique et de faire fonctionner l’ensemble".

PR: Niveau moteur, quel déficit de puissance pensez-vous avoir en début de saison face à Mercedes ou Ferrari, ainsi qu’en fin de saison ?

CA: "Encore une fois, je ne peux pas vous répondre car, je sais ce que j’ai fait, mais je ne sais pas ce que les autres ont fait cet hiver. L’enjeux n°1 était d’avoir en ce début d’année à peu près la performance que l’on a atteint en fin de saison dernière mais de manière bien plus constante, durable et fiable, car on a vu des performances du moteur Renault en dents de scie,et il faut arrêter d’avoir des creux et des bosses. Cet objectif est atteint, il faut ensuite apporter de la performance quand on introduira les nouveaux moteurs n°2 et n°3".

"Scoop, aujourd’hui, on a passé au banc d’essai le moteur n°2 qui sera introduit en cours de saison à la course n°6 ou n°7" : Cyril Abiteboul

PR: Ces évolutions sont déjà programmées ?

CA: "Absolument. On a un calendrier extrêmement clair pour l’introduction de ces nouveaux moteurs, car le règlement est très strict. L’idée c’est d’arriver à synchroniser les développements que l’on fait à l’usine, la validation sur les bancs d’essai qui nous prend beaucoup de temps, avec l’introduction des nouveaux moteurs. Deuxième scoop, aujourd’hui, on a passé au banc d’essai le moteur n°2 qui sera introduit en cours de saison à la course n°6 ou n°7".

PR: Comment voyez-vous l’avenir avec Red Bull, sachant que vous entamez la dernière année de contrat, surtout connaissant leur arrogance ?

CA: "Très bon. Red Bull est une grande équipe. On a l’habitude à leur style et à leur ton. c’est la 12ème année (2007-2018), 12 ans de ma vie à gérer cette relation. C’est à une relation qui compte. On verra bien ce qui va advenir. j’ai rien d’autre à dire là dessus pour l’instant".

PR: L'accord avec mclaren inclut-il également des aspects plus marketings sur les véhicules de série ?

CA: "Non. Mais on a la fierté d’être constructeur automobile et motoriste. Au coeur de l’automobile, il y a le moteur. On a motorisé les plus grandes équipes, les plus grands pilotes depuis 40 ans. On sait que Mclaren va être un redoutable adversaire. On va dire que sur le plan émotionel et sur le plan de notre parcours en Formule 1, c’est bien. Mais il y a également des raisons plus stratégiques qui nous ont poussés à faire ce choix là, qui s’inscrivent dans un projet à long terme".

PR: Pouvez-vous en dire plus sur ce "long terme" ?

CA: "C’est vraiment apprendre à travailler différement. En travaillant avec les meilleurs, on apprend. Red Bull est une équipe extraordinaire sur l’aéro et on s’en est inspiré. Mclaren, c’est d’autres choses, c’est pas nécessairement l’aéro pour l’aéro, c’est tout la partie mécanique. C’est un constructeur automobile donc ils connaissent ces problématiques de construire une voiture, l’intégration du moteur, de la boite de vitesse,… C’est tout ce genre de choses. Cela nous permet de gagner du temps dans notre parcours d’apprentissage qui sans cela, prendrait plus de temps."

PR: Avec l'arrêt de la FE pour Renault, quelles vont être les synergies qui éxistaient jusqu'alors avec la F1, et la série ?

Formule E

CA: "Les synergies ne vont pas s’arrêter. Les synergies sont au cœur de l’Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi, le premier groupe automobile mondial. On n’est pas complètement intégré comme d’autres constructeurs, en revanche, les synergies sont vraiment au cœur de la valeur crées par cette alliance. C’est pour la série, ce sera vrai aussi pour le sport automobile . Il y aura encore un maximun de synergies qui vont s’opérer entre la F1 et la FE".

Commentaire(s)


Laissez votre commentaire

En renseignant votre email, vous recevrez une seule et unique alerte lorsque qu'une ou plusieurs réponses seront postées. Elle ne sera pas communiquée ni revendue.