Le contrôle technique 2018

Dès le mois de mai prochain (le 20 pour être précis), les contrôles techniques vont encore s’accentuer et se complexifier, provoquant, n’ayant pas peur des mots, une véritable boucherie et une très forte hausse des tarifs.
Le contrôle technique 2018
Par Loic FERRIERE le 17/01/2018

« Des freins qui tiennent avec des épingles à nourrice, une chambre à air qui déborde du pneu avant, des automobilistes qui circulent complètement à plat... vous n'avez pas idée de l'état de certains véhicules présentés au contrôle technique. » Directeur du pôle maintenance et réparation au Conseil national des professions de l'automobile (CNPA), Yves Riou, qui voit là une bonne réforme dans le cadre de ses intérêts.

Pourtant, sur l’autel de la sécurité routière, l’état des véhicules est rarement mis en cause, preuve en est, que ce type de cas doit être rare. Et ce d’autant plus, que cette personne devrait savoir que les chambres à air dans les pneumatiques des véhicules n’existent plus depuis… plus de 25 ans.

Qu’importe, il faut sauver un secteur créé de toute pièce en 1992, et relancer aussi l’entretien automobile dont les prix sont en constante hausse.

5 morts par jours en Europe sur défaillance mécanique

Objectif annoncé : réduire le nombre de mort par défaillance mécanique estimée à  cinq personnes par jour… en Europe sur un total de 743 millions d’habitants. Car, en effet, il s’agit là une mesure européenne !

Ainsi une liste de 127 défaillances "critiques" a été créée. Si l’une d’entre elle est détectée, une pastille sur le pare-brise indiquera l’obligation de faire procéder à la réparation sous 24H sous peine d’immobilisation et d'une amende. Autant dire, mission impossible,  empêchant en prime de faire jouer la concurrence.

Cette liste comporte notamment une corrosion excessive, une déformation importante (très subjectif) d'un élément du châssis, usure excessive des plaquettes ou des disques de frein, un siège conducteur mal fixé, une fuite jugée excessive de liquides, l’absence de rétroviseurs, des feux stops qui ne fonctionne pas correctement, ou une simple détérioration du vitrage nuisant à la visibilité…

En plus de cela, sur les 606 points de contrôles, 467 entraineront désormais une contre-visite.

Un cout en hausse de 20%

Devant de telles mesures et un contrôle plus compliqué et plus long, les professionnels s’attendent à un engorgement dans les centres

"Aujourd'hui, nous avons un taux de contre-visite de 18 % dans nos centres", souligne dans Le Figaro Eric Sarfati, président de SGS France,  (centres AutoSécurité et SécuriTes). "Nous pensons que près d'un véhicule sur deux pourrait avoir à revenir en contre-visite"

Evidemment, les tarifs ne vont pas rester là puisqu’ils devraient augmenter sensiblement, de l’ordre de 20%, avec le plus souvent une contre-visite payante.

Visite obligatoire tous les ans pour les véhicules de plus de 6 ans ?

Comme cela ne pouvait pas en rester là, outre l’augmentation de 20% (soit un prix d’environ 80€) du contrôle, un texte initié en 2012 puis voté par l'UE en 2014 prévoit que  les véhicules de plus de 6 devront repasser au banc tous les ans ! Le budget "contrôle technique" pour ces automobilistes passerait ainsi d’une moyenne de 33 € / ans à 80 € par ans soit une augmentation de plus de 140% ! Pour le moment, ce texte a été oublié. Jusqu'à quand ?

 

Que risque-t-on en cas d’absence de Contrôle Technique ?

L’absence de contrôle technique est susceptible d’une amende forfaire de 135€ (minorée à 90€) ainsi qu’à l’immobilisation pendant 7 jours du véhicule. Même chose en cas d’utilisation du véhicule si un défaut critique a été détecté.

Du côté de l’assurance, elle n’a aucune incidence sur la partie obligatoire (RC), ni sur les dommages subies lorsque l’on est victime d’un l’accident. Le seul « risque » pourrait (le conditionnel est de mise) concerner la partie facultative, à condition que l’assureur prouve que l’absence de CT a eu un impact direct sur les causes de l’accident.

« En l'absence d'incidence sur l'indemnisation des victimes et de litiges concernant les garanties facultatives, la question se pose de l'existence même d'une problématique assurantielle » indique à ce sujet Élisabeth Le Cheualier, responsable d'études à la direction des assurances de biens et de responsabilité de la Fédération française des sociétés d'assurances (source : http://www.argusdelassurance.com/jurisprudences/dossier-ja/les-consequences-du-defaut-de-controle-technique-sur-le-contrat-d-assurance.53311).

Tout cela laisse songeur... Le risque n'en vaudrait-il pas la chandelle ?

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