Moins de morts en juillet...

Les chiffres sont tombés : la mortalité sur les routes françaises a baissé de -5,5 % le mois dernier, soit 19 morts de moins que l’année dernière à la même époque, soit un total de 324 morts.
Moins de morts en juillet...
Par Loic FERRIERE le 10/08/2018

Ces résultats n’ont pas manqué de faire réagir les ayatollahs de la vitesse, telle Chantal Perrichon, l’une des principales lobbyistes pour l’abaissement de la vitesse, qui se félicite des résultats acquis grâce à la nouvelle mesure des 80 km/h selon elle.

De quoi ravir également celui qui roule à 150 km/h parfois, à savoir notre premier ministre, grand défenseur de la mesure.

Une baisse qui se confirme depuis le mois de mai

Pourtant, cette baisse s’inscrit dans la tendance actuelle depuis le début de l’année, et plus précisément depuis trois mois puisque mai et juin ont enregistré une baisse respective de -8,4 % et -9,3 % de la mortalité.

Même le délégué inter-ministériel, bien conscient qu’imputer cette baisse aux 80 km/h serait une explication bien trop facile, relativise.

 On peut penser que les 80 km/h ont joué un rôle mais il faut rester extrêmement prudent » Emmanuel Barbe, délégué interministériel à la Sécurité routière.

A l’inverse, depuis les années 2000, la hausse du prix des carburants s’est toujours soldée par une baisse de la mortalité, les français préférant alors trouver des moyens alternatifs pour réduire la facture. Étonnamment, les carburants ont fortement augmenté depuis janvier…

"On ne sait pas si les vies sauvées l'ont été sur les routes concernées par la mesure. Ce n'est rien d'autre que la baisse structurelle qu'on observe depuis un an" Pierre Chasseray, délégué général de 40 millions d'automobilistes (source : AFP)

Baisse globale, mais hausse de la mortalité chez les 2 roues et cyclistes

Bien que la vitesse ait été baissé sur près de 400 000 km de routes secondaires en France de quoi réjouir les autoroutes privées qui ont ainsi obtenues un avantage concurrentiel les résultats pour les motos et cyclistes sont les pires obtenus depuis 5 ans selon la sécurité routière avec respectivement 97 et 29 tués, soit plus d’un tiers du total.

Hausse des flash des radars, dégradations de l’état des routes

Ce qui est certain par contre, c’est que le radars ont parfaitement fonctionné. LCI annonce ainsi que dans certaines régions, les radars flashent deux fois plus depuis le 1er juillet , date de l'entrée en vigueur du changement de vitesse.

A l’inverse, alors que le gain des amendes des radars devaient permettent d’améliorer l’état des routes (et non de permettre au budget de l’État de tenter de s’équilibrer), selon le ministère des transports 17 % des chaussées sont dans un état de dégradation sérieux. Si les voitures sont moins sujettes à l’état de la chaussée, à l’inverse, les deux-roues sont les premiers touchés…

Ainsi donc, alors que les amendes sont en constante augmentation, et que la fiscalité liée à l’automobile ne cesse d’augmenter, l’État investit et entretient de moins en moins.

Victimes de la coupe dans les budgets , les routes se dégradent. Quand entre 2012 et 2016, les taxes sur les carburants (TICPE anciennement TIPP) ont généré une hausse de 14 % des profits (39 milliards d’euros), la dépense en faveur du réseau routier a été en baisse de -26 %. CQFD

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