Réduction des vitesses...

La politique de répression routière, sur le dos de la sécurité a, selon certains, portée ses fruits durant des années. Oui, mais voilà, depuis 2/3 ans, le nombre de mort remonte (très légèrement avouons-le).
Réduction des vitesses...
Par Loic FERRIERE le 09/01/2018

Plutôt que de remettre en cause cette politique sans fond ni fin –au sens propre comme au figuré- la réponse est « continuons comme cela ».

En réalité, il s’agit surtout d’un marqueur pour le gouvernement, qui veut ainsi envoyer le message que l’Etat travaille pour la sécurité des citoyens, poussé par les lobbyistes habituels, telle l’éternel Perrichon.

Des expérimentations menées, mais les résultats restent un secret d'Etat

 L’abaissement de la vitesse, permettrait selon nos décisionnaires de réduire la mortalité, d’environ 350 à 400 par an. Dont Acte. On verra bien l’année prochaine si on est passé sous la barre des 3 100 morts. Ces paroles n’engagent que ceux qui y croient mais pas ceux qui les prononcent bien sur…

Car si cette mesure était en test depuis 2 ans sur certaines routes, pour le moment, le ministère de l’intérieur refuse catégoriquement de communiquer le résultat de cette expérimentation.  Les sénateurs demandent eux aussi que les résultats soient connus.  Le président du Sénat, Gérard Larcher l’a confirmé dimanche sur LCI  "Je le demande solennellement, d'ici à mardi comme président du Sénat, d'avoir accès à un dossier qui n'est pas un secret d'État".  Une demande vaine pour le moment…

Dans des notes internes envoyées aux préfets, le gouvernement, sans dévoiler les résultats, remettrait en cause ces tests, argumentant que le test est trop peu représentatif.  Possible, mais dans ce cas, relançant l’expérimentation !
Pire, le test a été faussé car certaines portions des routes concernées ont été refaites, ou élargies. On imagine bien le malaise du gouvernement si en plus les résultats ne sont pas positifs…

Pourtant, la décision a été confirmée il y a quelques minutes, à l’issue du comité interministériel.

Après les autoroutes gratuites passant de 130 à 110 km dans une totale indifférence en quelques années (favorisant ainsi volontairement ou non les autoroutes privées), les zones à 30 qui se reproduisent comme des lapins, ou les ronds-points qui copinent avec leurs grands amis les ralentisseurs, voici donc la réduction à 80 km/h des axes secondaires qui nous pendait au nez depuis des années. Là aussi, volontaire ou non, les autoroutes payantes espèrent en retour profiter d’un afflux supplémentaire, notamment les routiers qui, quitte à rouler à 90 ou 95 km/h, préféraient utiliser nos petites départementales.

 Quand on sait que la vitesse moyenne sur ces axes est en réalité de 84 km/h , la mesure risque bien d’être inutile… en tout cas, en ayant en vue l’objectif officiel. Sans oublier, le manque de vigilance, et les comportements dangereux qui vont aller de pair. En attendant, les usagers excédés ont déjà commencé à vandaliser les panneaux 80 des routes ayant servies aux différents tests... Inutile certes, mais cela défoule... afin de reprendre le volant apaisé.

Un gain de 335 millions d'euros supplémentaires en prévision

En attendant, réduire la vitesse  a un coût direct :  5 à 10 millions d'euros selon Matignon pour changer les panneaux mais pourrait rapporter jusqu'à 335 millions d'euros annuels selon le magazine Auto Plus. Une chose est donc sure : l’Etat ne serait pas perdant, loin de là.

Tout ça pour ça pourrait-on dire… Surtout quand on sait  que les morts sont surtout liés à l’alcool, aux stupéfiants, et… à la somnolence. La vitesse est seulement nommée comme facteur aggravant. Mais, le conducteur, tout comme son véhicule ou la météo ne sont-ils pas également des facteurs aggravants ? Doit-on modifier le climat ou supprimer les conducteurs ?

Quelle est donc la suite ? Passer les villes à 20 km/h, passer les autoroutes à 100 km/h, et les départementales à 70 km/h. Un peu comme les impôts qui ne cessent de monter, il va arriver un moment, ou cette variable d’ajustement ne pourra plus être utilisée…

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