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Par Loic FERRIERE le 23/06/2002
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5. La guerre totale
Alors que la guerre éclate, la France n'est pas prête. Louis Renault, déjà âgé, malade et usé par les affaires, semble mettre moins d'ardeur à réitérer ses exploits de la première guerre: Il n'imagine que trop bien ce qui va se passer....
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Les Américains n'étant pas en guerre, ils vont en profiter pour écraser les constructeurs Européens, et donc lui même.
Il reste persuadé que la France et l'Allemagne ont tout à gagner à construire une Europe compétitive face aux Américains. En 1939, à 62 ans, il est miné par une maladie qui le rend aphasique. De plus, ses hommes de confiance ne sont pas à Billancourt: Lehideux, son neveu par alliance a rejoint son unité et René de Peyrecave qui aurait dû le remplacer est très pris par la division aéronautique et ses missions diplomatiques.
Louis Renault continue la fabrication de ses chères Juvaquatre qui rapportent plus que les Chars...
Le ministre de l'époque nommera un contrôleur chez Renault: C.Rochette et lui adjoint....le lieutenant Lehideux.
Les industries sont évacuées sur ordre ministériel, Lehideux fermera l'usine Renault et confiera les clés à....la responsable du ménage des bureaux.
Les Allemands qui convoitent beaucoup les industries sont très attirés par Renault car ces usines fabriquent en plus des automobiles, de l'armement et des avions.
Alors que Renault doit réparer les chars Allemands, Louis accepte de se tenir "à l'écart" mais rentrera à Paris à la surprise générale le 23 Juillet.
Au courant des pressions pour les chars, L.Renault commet l'erreur de rencontrer seul les deux officiers Allemands qui faisaient le siège de la direction. Le lendemain, affirmant avoir son accord (ceci étant faux), les Allemand exigent le démarrage des travaux. Louis Renault refuse de répondre à leur ultimatum et charge F.Lehideux de traiter avec eux.
Cette affaire fera peur aux Anglais et pèsera lourdement contre Louis et contre l'entreprise à la libération. Mais les Allemands en demanderont vite d'avantage: Ils veulent des camions, et interdisent de produire des voitures de tourisme contrairement à Simca ou Citroën.
Bien entendu, tout ce qui sort de Billancourt ne servira jamais aux Allemands. Comme par hasard, les véhicules avaient de curieux problèmes.....
Les Bombardements:
En 1942, Churchill, décide de bombarder les usines qui contribuent à l'effort de guerre: Billancourt - qui, affirme à tort des tracts Anglais, "Fabrique des chars pour les Allemands"- sera bien sur visée. Dans la soirée du 3 Mars, 235 bombardiers larguent 431 t de bombes. Bilan: 391 morts dont 7 chez Renault.
L'usine est détruite à plus de 10%. Par chance le projet de la 4CV, développé au secret des Allemands, ne sera pas touché. Louis Renault révolté de voir le travail de sa vie s'effondrer, fait reconstruire l'usine immédiatement pour que le travail reprenne.
Mais les usines seront plus lourdement touchée en 1943 par l' US Air Force. Le 9 Mars, l'usine Renault du Mans est fortement démolie, puis le 4 Avril, c'est l' île Seguin avec la destruction de près de 8% des surfaces couvertes. Les usines Renault seront reconstruites sur ordre de Laval. En attendant, la production est paralysée.
La fin de Louis Renault, et l'arrivée de la Régie
A la libération, Louis Renault est écroué à la prison de Fresnes le 23 Novembre 1944, en même temps que René de Peyrecave, pour " commerce avec l'ennemi". Il meurt le 24 octobre à la clinique Saint-Jean-de-Dieu, où il avait été transféré un peu plus tôt.
Le constat du décès indique un empoissonnement généralisé dû au fait qu'il n'avait reçu aucun soins pour sa maladie en prison.
Mais était-ce vraiment involontaire ?
Contrairement à d'autres, il n'aura pas pu se défendre, car il était innocent ( voir prochainement l'article, sur son innocence).
En fait, tous les produits que produisait l'entreprise étaient inutilisables, car sabotés. Aucun véhicule ne servit aux Allemands. Louis Renault n'était plus le maitre de son entreprise mais avait refusé d'aider les Allemands. De plus, ces derniers menaçaient les dirigeants d'alors.
Entre temps, le sort de son entreprise s'était réglé: les usines Renault sont nationalisées et, sont placées sous la direction de Pierre Lefaucheux.
Aucune indemnisation n'ira au seul héritier de Louis: Jean Louis Renault.
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