Planète Renault
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Par Loic FERRIERE le 24/08/2003

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Renault s'est lancé peu avant le XXIème siècle dans la réalisation de moteurs d'avions grâce à la technologie acquiert en Formule 1. Mais la réalisation de moteurs d'avions date en fait du début du siècle.



Rafale Caudron Renault déssiné dans les années 30 par M.Riffart



L'automobile et l'aéronautique sont nés presque en même temps, à la veille du XX ème siècle. Elles ont grandi ensemble, cote à cote, acquis leur lettre de noblesse en faisant la guerre ensemble, et ont des pionniers communs, à commencer par Clément Ader. Le 9 octobre 1980, son Eole fait un bond d'une cinquantaine de mètres. L'avion est née.

Mais, Clément Ader se détourne de l'aviation pour tenter sa chance dans l'automobile entre 1900 et 1907.

Louis Renault, curieux par nature, lance l'étude de plusieurs moteurs d'avions dès 1907. Aux Invalides, à Paris, lors d'un salon de l'automobile, Renault présente deux moteurs extra-légers pour l'aviation, des V8 45 ch. refroidis par air pour l'un et par eau pour l'autre. De nombreuses innovations sont à la clé : graissage automatique, allumage par magnéto,…

C'est le début d'une longue lignée qui se prolongera en 1909 avec des 4 cylindres de 40ch, et des 8 cylindres de 50 à 60ch. En 1911, la gamme s'étend de 25 à 70 ch. Puis, il produit son premier 12 cylindres, développant 90 ch.

La récompense de son travail ne se fait pas attendre puisqu'en 1909 lors du Concours des moteurs à grande puissance, organisé par l'Aéro-Club de France, seul le moteur Renault réussi à tourner pendant 3 heures à plein régime sans perte de puissance.

Moteur 12 cylindres en V 300 ch équipant le Bréguet 14 en ...1914A cette époque, tous les avionneurs français qui font partie des pionniers, utilisent les moteurs Renault : les frères Maurice et Henry Farman, Gabriel Voisin, Louis Breguet,… construisant leurs propres avions.

Entre 1908 et 1914, 17 constructeurs choisissent Renault pour équiper 49 types d'avions différents.

En 1914, arrive la guerre. Plusieurs pionniers de l'automobile se lancent dans l'automobile. C'est le cas de Rolls-Royce qui fabrique des moteurs français sous licence puis créé ses propres modèles. Hispano-Suiza fera de même.

A partir de 1916, Renault fabrique le biplan AR et produit 14 000 moteurs de 80 à 450 ch. Les hostilités réveillent aussi d'innombrables vocations. La Bayerishe Flugzeug Werke naît à Munich en Mars 1916, et devient l'année suivante la Bayerische Motoren Werke que la postérité transformera en … BMW.

En cette même année 1916, Renault sort le type FE. C'est un 12 cylindres en V dont la cylindrée s'élève à 22 080 cm3 ! Il dispose de pistons en aluminium, d'un double allumage et d'un arbre à cames en tête par rangée de cylindres. Il développe 320ch à 1600 tr/min. Ce moteur produit en 7000 exemplaires, équipe le Breguet 14 qui joue un rôle déterminant au cours de la Première Guerre Mondiale.
Beaucoup d'industriels comme Gabriel Voisin se reconvertissent quand la paix revient en 1918.

L'atelier des AR (Avions Renault) à Billancourt en 1917


Au Salon de l'automobile en 1919, on relève trois avionneurs parmi les nouveaux exposants : Voisin, Farman et Gnôme&Rhône. Plusieurs aviateurs qui se sont illustrés au combat s'engagent dans carrière plus terre à terre. Il en est de même pour les Allemands.

Pendant ce temps, la société des lignes Latécoère assure un service régulier entre Toulouse et Casablanca avec des avions Bréguet-Renault.

Parallèlement, l'aviation devient l'enjeu de superbes joutes sportives. Louis Renault met même sur pied la Coupe Renault, qui retentit en écho de l'exploit réalisé par L.Arrachard et H.Lemaittre dans le raid Paris Dakar, à bord d'un appareil Farman Renault.

Renault se rapproche ensuite de Caudron, pour développer une série d'appareils très performants. De 1933 à 1936, le binôme Renault-Caudron domine les épreuves de la coupe-Deutsch de la Meurthe avec des avions de Marcel Riffart. Un Caudron-Renault de type Rafale parcourt 2 000 kilomètres à la moyenne de 444 Km/h ! Renault se sert de ses succès aéronautiques pour promouvoir ses automobiles, la publicité s'en fait largement l'écho et mêle les deux disciplines à travers un éloge lyrique de l'aérodynamisme. Marcel Riffart appose même sa griffe sur certaines carrosseries comme par exemple la Viva Grand Sport de 1934.

Un moteur Renault 220/240 ch équipe l'avion de ligne Goëland en 1935, mais le secteur aéronautique va connaître de profondes restructurations. Les industries de guerre sont nationalisées en 1936. Deux ans plus tard, est constituée la Société des moteurs Renault pour l'Aviation civile (SMRA). En 1944, devenue Atelier aéronautique de Billancourt et nationalisée, elle sera intégrée à la SNECMA.

Pendant 50 ans, Renault ne fabriquera plus de moteurs d'avions…

Une Nervasport rencontre un Caudron Phalène en 1934




 

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