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Par Cotech le 15/03/2005
 
Présentation du GP de Malaisie

Présentation du GP de Malaisie

L'écurie française poursuit de développer un moteur qui commence à devenir très performant. Malgré un nouveau règlement qui double le kilométrage, le bloc Renault a été l'un des rares à réussir la prouesse de présenter un V10 plus puissant en 2005...



Fernando Alonso
Avant d'aller en Malaisie, vous vous êtes arrêté aux Maldives. Pourquoi cette destination ?
Je voulais me relaxer un peu après un hiver assez prenant et me préparer à affronter le climat malaisien. Les Maldives sont le lieu idéal pour ça, puisque je peux m'entraîner dans la chaleur et l'humidité et me préparer convenablement pour Sepang. En plus, je trouve très important de continuer à faire travailler le tourisme des Maldives, qui ont été sévèrement touchées par le raz-de-marée.

Fernando, la R25 sera-t-elle adaptée aux caractéristiques de Sepang ?
En tant que pilote, c'est dans les virages à haute vitesse que vous ressentez les qualités de la R25. Sepang fait donc partie des courses que j'ai pointées dans mon agenda. J'aime beaucoup ce tracé, qui présente énormément de grandes courbes rapides et qui révèle le potentiel des voitures. A Melbourne, la différence entre les meilleurs et les moins bons est souvent atténuée, parce qu'il s'agit uniquement de freiner à l’approche des virages lents, de braquer et de réaccélérer à fond. A Sepang, c'est tout à fait différent et les écarts sont bien plus marqués. Je pense qu'en Malaisie, nous en apprendrons encore davantage sur le potentiel de la R25.

Giancarlo Fisichella
Giancarlo, comment vous sentez-vous une semaine après votre victoire ?
Nous avons passé un week-end incroyable en Australie : la voiture allait vite, la chance était de notre côté, et le team a fait un excellent travail pour éviter tous les problèmes. Mais désormais, nous sommes tournés vers la prochaine étape, le Grand Prix de Malaisie. Nous savons qu'à Melbourne, la course a été conditionnée par la météo, donc nous nous attendons à beaucoup plus de résistance de la part de Ferrari et de McLaren. Mais bon, nous avons un package qui nous permet de voir venir.

Quelles qualités doit présenter la voiture pour être rapide en Malaisie ?
Sepang est un tracé qui révèle les qualités des monoplaces. Sur ses longues courbes rapides, il faut disposer d'un train arrière très stable et d'un bon équilibre pour être sûr du comportement de la voiture. Sur certains virages, les bons pilotes peuvent vraiment faire la différence.

Les hautes températures vont donner une importance capitale aux performances des pneus, n'est-ce pas ?
Pour le moment, personne ne sait comment les pneus vont réagir face à des températures comme celles de Sepang. Ce sera assez intéressant. Ce dont nous sommes certains, c'est que Michelin a fait un excellent travail cet hiver et lors de la première course. A Melbourne, les gommes étaient excellentes, la performance était bel et bien là. En Malaisie, elles vont devoir résister à des conditions encore plus éprouvantes, mais la R25 semble gérer assez bien les pneus. J'ai confiance, nous allons encore nous montrer performants.

Sur un plan personnel, comment voyez-vous la course ?
En Malaisie, les courses sont toujours très dures du point de vue physique. En plus, comme je l'avais dit avant Melbourne, il est très facile d'aller à la faute en fin de course, quand les pneus sont usés. Avec la fatigue liée à la chaleur, cela sera encore plus vrai à Sepang, mais je me suis entraîné vraiment très dur cet hiver et j'ai confiance en mes capacités physiques. En ce qui concerne mes attentes, l'équipe est optimiste et je pense que nous allons encore nous battre pour figurer aux avant-postes. Quoi qu'il en soit, si le mauvais temps ne s'en mêle pas, je pense que la course sera beaucoup plus serrée qu'en Australie.


Alan Permane, Ingénieur course
Sepang est un circuit qui propose un peu de tout : des virages rapides, des changements de direction à haute vitesse (virages 5 et 6) et des épingles demandant beaucoup de motricité. De ce fait, la monoplace doit être stable et parfaitement équilibrée, prête à encaisser les gros freinages et les virages lents. Tout comme à Melbourne, nous allons adopter des suspensions assez dures mais le circuit de Sepang ne comportant ni bosses ni des vibreurs hauts, nous aurons moins de compromis à faire au niveau de la rigidité qu’il y a quinze jours.

En ce qui concerne les appuis aérodynamiques, nous allons rester dans des valeurs proches de l'Australie, c'est-à-dire moyennement élevées, afin d'optimiser la performance des monoplaces sur les longs virages rapides et au freinage. Cependant, le réglage idéal n'est pas toujours le plus adapté pour la course. Nous serons peut être amenés à réduire les appuis pour les qualifications, donc pour la course, afin de mieux nous protéger contre les dépassements. Toutefois, la R25 a affiché des vitesses de pointe tout à fait compétitives à Melbourne.

La performance des pneumatiques sera fondamentale en Malaisie. C'est un paramètre que nous ne maîtrisons pas encore et avec lequel nous allons devoir composer tout au long du week-end. Associées aux virages rapides, les hautes températures contraignent les pneus à une absorption d'énergie plus importante qu'à Melbourne, ce qui se répercute sur l'usure. Jusque-là, la R25 a semblé bien gérer ses gommes et le style coulé de Giancarlo est très utile dans cette optique. Cependant, nous n'en sommes qu'au début et nous n'avons pas encore testé les pneus "longue distance" par des températures élevées.

En termes de réglage, nous allons nous concentrer sur la réduction des niveaux d'usure des pneus et procéder à quelques ajustements par rapport aux réglages de 2004 pour contrôler ce problème. Ce que nous avons compris en Australie, c'est que si nous devons jouer sur l'équilibre de la voiture, nous préférons qu'elle sous-vire un peu plutôt que d'accroître les appuis à l'avant et d'accentuer les risques de survirage en fin de course. Pendant toute la course, nous allons tenter de préserver les pneus arrière, qui sont soumis à rude épreuve. A Sepang, le survirage risque de se payer beaucoup plus cher qu'à Melbourne.

Enfin, nous allons devoir affiner les niveaux de refroidissement en fonction de la température ambiante. Nos simulations nous fournissent des indications très précises pour régler ce paramètre. La R25 a des possibilités de refroidissement bien plus efficaces que ses devancières, ce qui est normal.


Fabrice Lom, Ingénieur moteur
De par sa configuration, le tracé de Sepang n'est pas particulièrement exigeant à l'égard du moteur. Avec seulement 57 % du tour à plein régime, le circuit se situe dans la moyenne basse de la saison en termes de contraintes moteur. En outre, il ne propose aucun virage très lent forçant le moteur à tourner à très bas régime, ce qui implique que la plage d'utilisation reste dans la norme.

Le principal danger pour le moteur est lié aux phases de dosage à haut régime qu'il subit en particulier dans les virages 5 et 6. Si ce problème n'est pas bien géré, les pistons et les segments peuvent être endommagés suite à des fuites de gaz de la chambre de combustion, phénomène décrit par le terme anglais ‘blow-by’.

Les caractéristiques les plus inhabituelles du circuit de Sepang pour le moteur sont essentiellement climatiques. Les hautes températures et le taux d’humidité élevé font chuter la puissance du moteur et altèrent l'acoustique de l'entrée d'air de telle façon que la puissance maximale requiert des régimes plus élevés. Ainsi, les ingénieurs doivent composer avec deux contraintes opposées. D'un côté, optimiser le refroidissement pour lutter contre la température ; de l'autre, augmenter le régime moteur pour maximiser la puissance. Sauf que ce faisant, on augmente le dégagement de chaleur... Ainsi, pour tirer la quintessence du V10 à Sepang, le maître-mot sera encore et toujours "compromis".


Pat Symonds, Directeur exécutif de l'ingénierie
Pat, tout d'abord racontez-nous ce que vous avez ressenti sur le podium de Melbourne, en recevant le trophée au nom de toute l'équipe...
C'était vraiment un grand moment pour moi. Cela fait vingt cinq ans que je suis dans la Formule 1 et je connais le goût de la victoire, mais c'était vraiment très fort de voir toute l'équipe en liesse depuis le podium. J'avais le sentiment du devoir accompli, je représentais toute l'équipe, autant celle qui oeuvre tout près de la piste que celle qui travaille aux deux sièges et qui était pour beaucoup dans ce succès.

Après le GP d'Australie, avez-vous une idée plus précise de l'équilibre des forces en présence ?
Non, il y a encore beaucoup de questions en suspens. Comme nous avons pu le constater par le passé, l'Australie n'est pas la meilleure référence pour juger du reste de la saison. Pour différentes raisons, nous n'avons pas pu voir la vraie valeur de toutes les équipes. Nous pensons pouvoir situer plus ou moins l'état de forme de chacun, mais cela demande une validation en conditions normales. Deuxièmement, si à Melbourne les pneus se sont globalement montrés très performants, c'est aussi parce que les équipes ont fait preuve d'une certaine prudence dans leurs choix. Les températures étaient relativement peu élevées, mais sur d'autres tracés, à commencer par Sepang, la gestion des pneumatiques risque de jouer un rôle plus important, voire de faire la différence entre les voitures.

Quelles seront les clés du succès en Malaisie ?
Les pneumatiques. Dans les conditions extrêmes qui nous attendent, leur gestion sera critique. Nous allons aussi pouvoir vérifier si les teams ont vraiment construit des moteurs pour deux GP. Le niveau de fiabilité a été très bon en Australie, mais les mécaniques n'avaient pas encore atteint la moitié de leur durée de vie. Et on sait que les pannes sont plus fréquentes dans la seconde moitié…

En termes de performance, à quoi vous attendez-vous ?
Nous sommes ravis des résultats de l'Australie. Melbourne était seulement le quatrième circuit sur lequel nous avons roulé sérieusement avec la R25, mais nous avons systématiquement trouvé les bons réglages d'emblée. Donc nous sommes confiants. Toutefois, comme je l'ai dit précédemment, la gestion des gommes et les températures des pneumatiques jouent désormais un rôle beaucoup plus important qu'avant, donc les rapports de force pourraient changer. En termes de compétitivité, je pense que nous sommes au même niveau que plusieurs équipes, mais le vent peut tourner très vite.



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