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La Type E dans la course...

La Type E dans la course...

Le palmarès sportif de Renault n'est pas né de la dernière couronne de lauriers. En effet, dès 1902, Renault remportait sa toute première grande victoire dans une épreuve internationale: la course Paris-Vienne, grâce au grand Marcel Renault.


Le palmarès sportif de Renault n'est pas né de la dernière couronne de lauriers. En effet, dès 1902, Renault remportait sa toute première grande victoire dans une épreuve internationale: la course Paris-Vienne, grâce au grand Marcel Renault. "Après quelques instants de réflexion, je me lançais dans ce brouillard épais, et j'avoue que pendant quelques minutes, je marchais au petit bonheur jusqu'à l'instant où, me trouvant à quelques mètres seulement de la voiture, je distinguais le conducteur et poussais avec mon mécanicien des hurlements de bête fauve pour arriver à le faire ranger sur sa droite. Alors, je le dépassais." Tels sont les termes et l'atmosphère de l'une des plus grandes aventures de l'histoire automobile: la course Paris-Vienne.

Ambitions
Comme Enzo Ferrari, Bruce McLaren ou Vincenzo Lancia, Marcel et Louis Renault font partie de ces races d'industriels qui ont été aussi des pilotes. Tout en découvrant le vacarme de la forge, et en installant les bases de leurs unité de production, ces hommes ont connu la griserie de la vitesse, ils ont aimés l'automobile sous sa forme la plus exaltante.

Dès 1899, c'est à dire dès la première année de production de leurs automobiles, les frères Renault engagent leurs voiturettes dans les grandes épreuves sportives qui se déroulent de ville en ville: Paris-Trouville, Paris-Ostende, Paris-Rambouillet...Puis Paris-Toulouse en 1900, Paris-Bordeaux et Paris-Berlin en 1901...

Toujours plus loin, toujours plus difficile. Les petites Renault collectionnent les victoires dans leur catégorie. Mais Louis et Marcel, qui se relaient au volant de leurs machines, ont d'autres ambitions à partir de 1902, ils visent la victoire au classement général. Les frères Renault ont compris que le sport était un formidable vecteur de promotion.

Ces grandes épopées de villes en villes mettent en valeur les performances et la fiabilité de leurs produits. Elles permettent en outre de faire connaître les marques au plus profond de la France et de l'Europe.

En 1902, l'Automobile Club de France organise une épreuve entre Paris et Vienne. Cette fois, les frères Renault décident de ne plus se cantonner aux victoires dans leurs catégories, mais ils s'engagent sur deux fronts avec quatre voiturettes (Type I 10CV) et trois voitures qui courent pour le classement général (Type K 24 CV).

Ces dernières, les fameuses type K sont pourvues du tout premier moteur 4 cylindres de la marque. Elles possèdent déjà cette fameuse silhouette avec leurs capots "Alligator" qui fera partie du patrimoine Renault à venir, et qui permettra de reconnaître facilement une Renault.

Une marque de fabric' en fait. La face avant est inclinée, pour ne pas dire profilée, et leur capot en pente douce est encore flanqué de radiateurs latéraux.

La transmission aux roues arrières s'effectue par chaîne. Le 26 Juin au petit matin, les voitures se présentent place de la Concorde à Paris afin de procéder aux formalités de vérification. Chaque équipage comporte un pilote et son mécanicien. Les trois Renault type K sont pilotées par Louis Renault, son frère Marcel, et Louvet.

Marcel, inquiet, tourne en rond devant l'hôtel Crillon, il est nerveux, impatient, inquiet, la tension monte. L'heure du départ approche. Marcel se change, troque son chapeau melon contre un casque de cuir, chausse ses lunettes et enfile ses gants.

Cela faisait 6 heures qu'il attendait. Il va enfin pouvoir s'élancer au volant de sa voiture d'un rouge couleur sang, avec le numéro 147. La première étape mène de Paris à Belfort: 408 kilomètres de route sans histoires.

Des commissaires sont placés aux endroits stratégiques; ils agitent un drapeau bleu pour demander un ralentissement à l'approche d'un village, ou d'un virage dangereux. Et quand ils brandissent un drapeaux jaunes, les pilotes doivent obligatoirement s'arrêter.

Et oui, les "codes" des couleurs de drapeaux ne sont pas les même qu'en F1 de nos jours. Parti parmi les derniers, Marcel Renault est contraint de dépasser de nombreux concurrents moins rapides que lui, afin de soutenir un vitesse élevée.

Chaque dépassement est dangereux, car sur ces routes sinueuses et non revêtues, les voitures soulèvent d'impressionnants nuages de poussière au travers desquels il faut deviner sa trajectoire.

Le deuxième jour, le 27 juin 1902, la course est neutralisée. La route reliant Belfort à Bregenz et un simple parcours de liaison à travers la Suisse.
En effet, ce pays n'est pas habilité à organiser des courses automobiles et il n'y a aucun service de surveillance mis en place le long de ses routes. Les concurrents ont donc le temps de jouer aux touristes en traversant les Alpes à 30 km/h de moyenne.... Le lendemain, les choses sérieuses reprennent.

Le parcours devient plus sinueux, les routes plus étroites, les dépassement sont de plus en plus dangereux et aventureux. Marcel Renault est parti de Bregenz en 23ème position, et avec la montée de l'Arlberg, les conditions de circulation se détériorent. Par endroit, la chaussée a été ravinée par le déferlement des torrents.

Les accidents sont inévitables. Louis Renault lui-même sera victime d'une sortie de route après avoir essayé de doubler un de ses rivaux; il brisera une roue en heurtant un talus et terminera l'étape au ralenti afin de faire réparer sa voiture à Salzbourg. Marcel, soucieux de l'accident de son frère termine tout de même septième au classement général et second de sa catégorie. Mais la course n'est pas finie... 

Le 29 Juin, le départ de la troisième étape est annoncé. Marcel Renault est désormais le seul sur une Renault à pouvoir remporter l'épreuve. Il part donc le couteau entre les dents avec une seule idée en tête: battre Edmond sur Darracq, qui occupe la tête de la catégorie. S'annonce alors une formidable course contre la montre: après les 75 premiers kilomètres, c'est chose faite: il passe devant Edmond. Marcel est désormais troisième mais il ne veut pas s'en satisfaire et vise maintenant la victoire au général.

Il décide d'augmenter encore un peu plus l'allure tout en prenant bien soin de ménager ses pneumatiques. Après la traversée de Saint-Ploten, il dépasse la Mercedes de Zborowski. Il n'a plus devant lui que Maurice Farman.

Il en viendra aussi à bout. Vienne est en vue. C'est ainsi que Marcel Renault, formidable pilote, entre en grand vainqueur dans l'une des plus bouillonnantes capitales de ce tout début de siècle. Un an plus tard, Marcel Renault se tuera dans cette même course. Il était donc normal de rendre hommage à ce fabuleux pilote, qui a beaucoup contribué à l'image de Renault.



 

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