France GB Germany Italy Spain Romania
Planète Renault Planète Renault Planète Renault Planète Renault
7. Renault reprend forme

7. Renault reprend forme

Alors que la régie éponge ses pertes massives aux États Unis, Pierre Dreyfus, ne désespère pas pour autant de trouver un arrangement ou une solution quelconque pour pouvoir rester sur ce marché aux capacités extraordinaires.


Après l'échec de la Dauphine, qui avait pourtant superbement commencée, on décide en haut lieu de n pas reproduire les mêmes erreurs: absence de réseau, qualité médiocre,..
S'allier avec un constructeur local capable de donner les indications nécessaires pour la mise à niveau des véhicules serait une solution. Renault assemble déjà dans son usine Belge de Haren la Rambler d'AMC -American Motors Corporation- commercialisée sur notre continent sous le nom de Renault Rambler. Alors pourquoi ne pas aller plus loin ?

En 1961, la Régie signe une lettre d'intention avec AMC. Cette lettre porte sur une éventuelle distribution de modèles Renault aux États Unis et au Canada, voire une usine de montage commune dans ce pays. Finalement AMC refusera la future R8 et l'intention ne sera pas concrétisée. Entre temps, l'image de Renault s'est énormément détériorée et il faudra attendre 1979 pour revoir un rapprochement entre les deux constructeurs, qui se soldera pourtant moins de 10 ans plus tard par un énorme flop.


Renault Rambler

Les alliances sont déjà d'actualité
En Europe même, Pierre Dreyfus redoute les rachats de constructeurs Européens par les Américains, comme c'est le cas de Chrysler avec Simca un peu plus tard. Face à ces grands groupes, la Régie ne pourrait lutter. Il est convaincu que les constructeurs européens doivent faire front ensemble. Pendant un certain temps, un rapprochement avec Volkswagen était possible, puisque les patrons des deux marques étaient prêts à s'allier l'un avec l'autre.

Mais, l'opposition interne à Volkswagen rencontrée à Wolfsfurg mettront fin aux négociations. En 1958, Renault avait aussi passé des accords avec Alfa Romeo, permettant de monter des Dauphine puis des R4 dès 1962. mais, Fiat ne voulant pas d'une concurrence étrangère sur le pas de sa porte s'y opposera.

Ainsi, tous les accords précédemment passés sont rompus et c'est en fin de compte avec Peugeot qui a rompu avec Citroën, que la Régie créera une alliance en 1966. Pendant ce temps, Pierre Dreyfus aimerait beaucoup s'implanter en URSS, vaste marché encore inexploité.

Lors du voyage en France qu'effectue le premier ministre de Russie Nina Khrouchtcheva en Mars 1960, le PDG de Renault lui offre une Caravelle blanche à sellerie de cuir rouge. Invité à son tour à se rendre en Russie, Pierre Dreyfus espère une collaboration pour obtenir l'autorisation de la construction d'une usine. Mais il devra patienter jusqu'en Octobre 1966, et il ne s'agira pas de produire des Renault en URSS car entre temps, les soviétiques ont préféré Fiat ( le groupe pétrolier Italien Mattei achetait en effet une grande partie de son pétrole en URSS). L'accord que signe Pierre Dreyfus porte seulement sur l'ingénierie pour lancer la fabrication d'une "petite" Moskvitch. Dans un premier temps, il faut équiper l'usine de d'Oufa qui produira les moteurs, puis il faut moderniser l'usine de montage MZMA à Moscou, et équiper une nouvelle installation à Ijvesk, dans la République autonome des Oudmourtes.

Renault qui est le fournisseur général mais aussi le maître d'œuvre verra finalement son contrat atteindre 300 000 000 Frs soit le triple du montant initial. La coopération ne s'arrêtera pas là.

Renault réorganise sa gamme

Avant guerre, la politique de Renault était d'offrir un maximum de modèles afin de couvrir un maximum de clients. Ainsi, Renault proposait auparavant 7 à 8 modèles. Mais, après guerre, les problèmes financiers des industries et des clients pousseront Renault, comme les autres d'ailleurs, à ne proposer plus qu'un seul produit dominant, la petite voiture, rôle qui sera assuré par la petite 4CV.

Pierre Lefaucheux, président de la Régie à l'époque songe très vite à donner une grande sœur à la 4CV. La Frégate sera certes un échec mais l'idée de faire autre chose que la 4CV est là. Son successeur continuera dans cette voie.

Mais, avant tout, il faut changer la 4CV, qui a déjà 16 ans! P.Dreyfus, veut une voiture pas chère et multiusage. C'est ainsi que sera étudiée la R4. Grâce à elle, la traction avant apparue sur l'Estafette se généralise. Le 3 Août 1961, la première R4 sort des chaînes de l'île Seguin. Deux cent voitures sont mises à la disposition des clients parisiens pour les essayer. La R4/R3 sauvera la régie, et viendra éponger les dettes de la catastrophique aventure américaine. Elle se vendra à plus de 9 millions d'exemplaires...

Pour donner une suite à la Frégate, et après avoir écarté un projet très couteux carrossé par Ghia, Pierre Dreyfus valide pour le projet 115. Il sortira le 2 Janvier 1965. Son nom sera R16.


La R16 avec ses deux créateurs de gauche à droite: Claude Prost-Dame et Gaston Juchet

Cette voiture fera date, non seulement dans l'histoire mais aussi dans sa philosophie résolument moderne avec un concept totalement inédit. A la fois berline et break, mais plus pratique que la première avec son hayon arrière et sa modularité intérieure, et plus élégant, plus confortable et résolument plus "standing" que le second. "Dommage qu'elle ne soit pas allemande titrera un journal d'outre Rhin".

La R16 est élue " voiture de l'année" par un jury international sélectionné par un magazine Néérlandais. Il est vrai que l'on n'a pas lésiné sur les moyens pour sortir cette voiture. Pour elle, tout est nouveau. On lui a même construit une usine à Sandouville, près du Havre. Cette usine fabriquera (et fabrique toujours) tous les haut de gamme Renault ( R30, R25, R21, Safrane, Laguna, Vel Satis et Espace). Avec la R16, Renault a désormais une gamme complète: 4CV, Dauphine, Frégate, Renault 4, R8 ( première voiture à être équipée de quatre freins à disques), R10, et la Caravelle encore pour un temps. Renault reprend confiance dans l'avenir.

Afin de dégager un maximum de bénéfices, Renault multiplie les versions de ses modèles en bas de gamme, en puisant dans sa banque d'organes. A la disparition de la 4CV, son moteur lui survira pendant de longues années. S'il va connaitre de nombreuses évolutions, il équipera encore... la Twingo. Et bien sur, la R4 en est équipé, du moins celles qui n'ont pas de moteur Gordini.

La R4 va elle aussi connaitre une belle et longue carrière avec de nombreuses versions qui vont se multiplier jusqu'à la première crise pétrolière de 1973. Les R4 deviendront ainsi Parisienne, puis Plein Air. En 1969, elles ont une petite sœur en la personne de la R6, un modèle à l'arrière plus étiré qui sera lui aussi modifié plusieurs fois et décliné en une très longue série de différentes versions. L'année suivante, Renault présente au Salon, la R12, une berline tricorps, remplaçante de la R8, qui sera elle aussi un grand succès.

Le sorcier Gordini et la naissance d'Alpine
Ce mécanicien de génie est un fanatique du sport automobile, qui  n'hésitera pas à monter sa propre écurie de course. Durant des années il va apporter sa patte, avec les nombreux succès que l'on connait.

En 1958, il accepte la proposition de Renault d'affiner les moteurs moyennant une aide technique et financière. Ses ateliers deviendront rapidement un bureau d'études annexe de la Régie. Jusqu'en 1970, les R8 Gordini feront une impressionnante moisson de victoires en rallye surclassant des concurrents bien plus puissantes. En Juillet 1970, 6 mois après le rachat de la firme par Renault, cette R8 Gordini se retire du circuit, pour faire place nette à sa remplaçante, la R12. Les succès de la marque en sport automobile vont donner à Renault une superbe image, mais sera perçu seulement comme un constructeur de... petites voitures malrgé la R16 et les autres modèles de la gamme.

 

Avec Gordini, Renault a commencé à se faire un nom respecté dans le sport automobile. Mais l'arrivée d'Alpine, la marque créée par Jean Rédelé, continuera de constituer une formidable image à Renault. La légendaire Berlinette "Tour de France" remportera notamment le championnat du monde des rallyes en 1973, et la même année, l'A441 sera championne du monde d'Europe des prototypes avec 7 victoires en 7 courses ! Au cours de années 1960 et 1970, la Régie, que Charles de Gaulle appelait "ma fille" deviendra l'une des vitrines nationales du progrès technique.

Renault, une des premières entreprises à adopter les mesures sociales pour les ouvriers
En 1955, la Régie avait innové en passant à la troisième semaine de congés payés. En échange, elle assurait le dialogue avec les syndicats pour la signature du premier accord d'entreprise.

En 1962, Renault est aussi la toute première entreprise à adopter la quatrième semaine, et l'assortit du principe du retour aux 40 heures, qui avaient été abandonnés en 1938, d'une augmentation des salaires de 4% et de la création d'un fond de régulation des ressources. Renault donne le ton mais est suivi. Cela n'évitera malgré tout pas un dialogue parfois "musclé" et diverses grèves qui feront de Renault le "balcon du syndicalisme".

Renault commence à redevenir international
Alors que de nouvelles usines voient le jour en France, comme celle de Douai, la Régie tente de se développer en exportant. Ses capacités financières ne lui permette pas d'investir dans la constructions d'usines à l'étranger, alors elle doit s'appuyer sur des partenaires locaux afin de produire sur place. Ainsi, Renault à l'intention de racheter son partenaire brésilien Willys Overland do Brazil, mais, ce rachat échoue et Renault doit se résigner à vendre ses parts à Ford. Des Renault sont montées en Roumanie (Dacia avec la R12), Yougoslavie, Afrique du Sud,.....Mais c'est surtout l' Espagne qui deviendra la seconde patrie de la marque.

En 1972, l'image de Renault en France va fortement se rajeunir. Pour faire passer le message, la marque inaugure un nouveau logo, moderne et brillant dessiné par Vasarely. Il est inauguré sur un tout nouveau modèle ludique et plaisant: la R5. Avec sa "bonne petite bouille", cette nouvelle voiture 3 portes va tout de suite s'imposer. La version 5 portes n'apparaîtra qu'en 1980, et bénéficiera cette même année de petites modifications comme une nouvelle planche de bord, un intérieur modernisé, et plus de confort,... Outre la nouvelle R5, les autres vedettes du Salon sont les nouvelles R15 et R17, de superbes coupés présentés l'année précédente. Tout parait désormais sourire à Renault.



 

Commentaires


Laissez votre commentaire

Commentez cet article. Pas besoin d'inscription, entrez simplement un pseudo et exprimez vous !
ATTENTION: Ceci n'est pas un forum !


(facultatif, ne sera pas affichée)
En renseignant votre email, vous recevrez une seule et unique alerte lorsque qu'une ou plusieurs réponses seront postées


Code




Imprimeur |