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La Celtaquatre, l'Anti Traction

La Celtaquatre, l'Anti Traction

En Mai 1934 est dévoilé une berline de milieu de gamme, la Celtaquatre, déclinée en plusieurs carrosseries. Classique, pour ne pas dire académique, elle était destiné à concurrencer la révolutionnaire Traction, dont la mise au point sera difficile.

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L'histoire de l'industrie française à toujours été dominé par une rivalité farouche entre Renault et Citroën. Les deux entreprises étaient l'image de leur patron et de leur forte personnalité. Au début des années 30, en pleine crise économique, on savait que Citroën préparait une nouveauté révolutionnaire.

Pour répondre à cette future " Traction avant ", Renault allait lancer une Celtaquatre beaucoup plus conventionnelle. Deux attitudes, deux stratégies diamétralement opposées.
Finalement, l'histoire donnera raison à Renault car la mise au point de la Traction Avant, trop complexe, fut retardée et compromit son lancement.


Afin de proposer d'emblée un produit fiable dans ce milieu de gamme déjà capital, Renault avait renoncé à expérimenter des solutions techniques hasardeuses. Point de traction avant, de suspensions par barres de torsion, de roues indépendantes ou de structure monocoque… La Celtaquatre, qui était programmée pour devenir le best-seller de la gamme, se cantonnait dans des schémas techniques sans (mauvaises !) surprises. La Celtaquatre conservait une architecture classique avec les roues arrières motrices, des ressorts à lames semi elliptiques, un essieu arrière rigide, et un châssis séparé à longerons.
Il est toutefois un domaine dans lequel Renault s'était montré assez innovant, comme souvent d'ailleurs (voir Nervastella, Viva GS,…) : le style.


Au Salon de 1934, Renault allait dévoiler la surprenante Viva Grand Sport, bénéficiant des liens entre l'avionneur Caudron et Renault. Certes, la Celtaquatre n'avait pas la modernité de la fulgurante Viva GS, au profil aérodynamique inspiré par les avions, mais elle s'inscrivait tout à fait dans le courant contemporain. Sa silhouette tout en rondeur, avec son gros dos, lui valut d'ailleurs le surnom moqueur et sympathique de " Celtaboule " ! Il s'agit d'une auto très compacte, de 3.80 mètres de long.

Elle repose sur une mécanique confirmée. Elle est cependant animée par un nouveau moteur 4 cylindres de 1463cm3 (avec un alésage de 70 mm et une course de 95 mm). Ce bloc robuste reprend des solutions éprouvées ; il s'agit d'un propulseur de la famille des moteurs SA (Suspension Rigide). Elle est vendue au prix de 16 900 Frs (contre 17 700 pour la Traction)
Malgré sa vocation utilitaire et populaire, la Celtaquatre sait parfois se montrer plus avenante. A coté des berlines 4 portes (Luxe et Grand Luxe), il existe un petit coupé qui ne manque pas de charme. Sous une forme plutôt féminine par sa coquetterie, le coupé Celtaquatre se risque même à des concours d'élégance. Elle côtoie ainsi les Delage, Bugatti et autre Delahaye…
La Celtaquatre sous sa forme originale ne vivra pas longtemps, seulement deux petites années.

Dès le millésime 1935, des retouches sont apportées au capot, dont les parties latérales sont désormais décorées de joncs chromés horizontalement. Puis pour le millésime 1936, la Celtaquatre est bien modifiée, une toute nouvelle carrosserie lui étant " offerte ". Les rondeurs ont disparue au profit de formes plus tendues. En effet, comme la Viva GS ou la Nervastella, ces nouvelles formes aérodynamiques choquent quelque peu le public. Pourtant de nos jours, on préfère… La formidable mais radicale Viva GS en fera les frais, et ne sera jamais commercialisée sous sa forme la plus moderne.

Par ailleurs, la carrosserie des modèles 1936 était plus habitable et bien plus encombrante. L'empattement avait été porté à 2.71 m contre 2.45m, faisant passer la longueur hors tout de 3.80m à 4.20m. La gamme 1936 s'enrichit de deux nouveaux types de carrosserie : un cabriolet décapotable et un coach décapotable. En même temps, on voit apparaître une carrosserie plus utilitaire, une berline commerciale qui fait le bonheur des commerçants et des artisans. En effet, le panneau arrière s'ouvre en deux parties. La Celtaquatre devient également très populaire sous la forme de taxis. Plus maniable et plus compacte que les grands taxis (basés sur la Vivaquatre), la Celtaquatre est très appréciée par les chauffeurs et la clientèle. On les voit souvent dans la livrée rouge et crème d'une grande compagnie.


Pour le millésime 1937, des modifications significatives sont encore apportées à la ligne de la Celtaquatre. La petite voiture populaire reçoit une calandre en V d'inspiration tèrs américaine, que 'lon retrouvera sur toute la gamme.

Dernière retouche pour la saison 1938 avec l'adoption de pare-chocs à lames droites. L'heure est al'austérité. Les carrosseries les plus pimpantes à savvoir les cabriolmets et les coupés ont déserté du catalogue. La Celtaquatre ne figure plus au programme en 1939. En fait, elle se retrouverait coincée en bas de gamme entre la nouvelle Juvaquatre, plus petite et plus moderne, et la nouvelle Novaquatre, très proche de la Primaquatre, lancée un an auparavant.

Ces deux modèles disposent du même moteur 2.4 litres. Les nouvelles Renault Novaquatre et Primaquatre avaient pour vocation de concurrencer les Traction Avant de Citroën qui elles aussi s'étaient étoffées au fil des années.



 

 

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